Erling Haaland (à droite) suivi de très près par Antonio Rüdiger pendant la demi-finale aller de Ligue des champions entre le Real Madrid et Manchester City (1-1), mardi au stade Santiago Bernabéu de Madrid. Oscar Del Pozo/AFP
Un partout, balle au centre. Telle est la meilleure façon de résumer cette première manche, tant cette demi-finale aller fut une pâle copie des duels renversants que s’étaient livrées les deux équipes l’année passée au même stade de la compétition.
Bien loin du sommet espéré, cette nouvelle explication entre les deux géants du football européen laisse pour l’instant un goût d’inachevé que les vingt-deux acteurs tâcheront, on l’espère, de faire passer mercredi prochain à l’Etihad Stadium.
L’intensité et les étincelles tant espérées n’ont jamais vraiment pointé le bout de leur nez, tant les Merengues, trop minimalistes, et les Citizens, trop perfectionnistes, sont souvent restés campés sur leurs positions.
Alors qu’on attendait les nouvelles arabesques de Karim Benzema et les raids fougueux d’Erling Haaland, littéralement muselé par la défense madrilène, ce sont les seconds couteaux qui ont porté l’estocade.
Ce fut tout d’abord au tour de Vinicius, qui a poursuivi son excellente saison en inscrivant un nouveau but mémorable. Bénéficiant d’un contre éclair amorcé par Eduardo Camavinga, positionné en tant que latéral gauche, le Brésilien a ouvert la marque d’une puissante frappe du droit (1-0, 36e) décochée depuis l’entrée de la surface.
Haaland muselé
À l’inverse, Haaland, longtemps convoité par la « Maison Blanche » avant son départ pour l’Angleterre l’été dernier, a découvert le stade Santiago-Bernabéu et fait l’expérience de son irrationnel effet dévastateur sur les équipes rivales les grands soirs de Ligue des champions.
« Le roi et sa coupe », affichait le tifo déployé par le virage nord avant le coup d’envoi, avec une « Coupe aux grandes oreilles » gravée du chiffre 14, en référence au record de sacres européens du Real.
Et le colosse de City, tout puissant soit-il, a été presque transparent mardi soir, fatigué par l’impact physique imposé par David Alaba, Antonio Rüdiger, Eduardo Camavinga et Dani Carvajal, et découragé par Thibaut Courtois.
« Alaba et Rüdiger étaient tellement serrés sur Erling (Haaland), que ce n’était pas facile du tout de trouver les espaces », a tiqué Pep Guardiola après le match. « Au-delà de Haaland, on a essayé de contrôler De Bruyne, Gundogan, tous les joueurs entre les lignes. Et là, le travail de Kroos et de Modric a été fabuleux. Et Rüdiger a fait un match fantastique », a abondé Carlo Ancelotti.
En première période, la « Maison Blanche », acculée dans son camp, a fait le dos rond. Et l’a bien fait. Avant le but de « Vini », les Merengues avaient subi six frappes des Citizen, dont quatre cadrées. Mais la frappe de Rodri (14e) ou les deux tentatives mollassonnes d’Erling Haaland (15e, 16e) ont toutes été contrées par un gardien belge des grands soirs. « On a su souffrir, tenir bon. Après notre but, on a augmenté la pression et on s’est amélioré avec le ballon... Mais tout reste ouvert », a résumé le vétéran Luka Modric au coup de sifflet final.
Des gardiens décisifs
Courtois a multiplié les interventions décisives, à l’image de cet arrêt de la main droite sur Kevin De Bruyne (52e), mais n’a rien pu faire sur la frappe surpuissante de son compatriote depuis l’extérieur de la surface (1-1, 67e), alors que Manchester City semblait plus proche du 2-0 que de l’égalisation.
Car jusque-là, le plan du « sorcier » Carlo Ancelotti avait parfaitement fonctionné. « C’est normal que City ait eu la possession, on savait que l’on ne devait pas paniquer si cela devait arriver. On sort avec de bonnes sensations pour le match retour », a rassuré Ancelotti.
Avec 190 matches, le technicien italien a d’ailleurs égalé Alex Ferguson comme l’entraîneur ayant dirigé le plus de rencontres de Ligue des champions dans l’histoire, mardi.
Mais malgré une tête de Karim Benzema à angle fermé sauvée par Ederson (78e), une frappe de son compatriote Aurélien Tchouaméni à la 90e, et les harangues répétées de Vinicius devant le virage nord du Bernabéu (63 437 spectateurs), le Real devra assaillir la forteresse de l’Etihad Stadium au retour, pour espérer priver Pep Guardiola et City d’un sacre continental tant attendu, et s’ouvrir les portes d’une deuxième finale d’affilée et d’un quinzième sacre continental.
G.B. avec AFP


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