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Monde - Classement mondial RSF

La liberté de la presse "noyée" sous la désinformation

Sur les 180 pays listés, le Liban se classe à la 119e place. La situation de la liberté de presse reste "difficile" dans le pays, selon Reporters sans frontières.

La liberté de la presse

Un manifestant tenant un clavier avec une illustration de menottes lors d'un sit-in à Beyrouth, en 2018. Photo d'archives AFP / Anwar Amro

Propagande politique, manipulations économiques, faux contenus générés par l'intelligence artificielle: la désinformation au sens large est une menace majeure pour la liberté de la presse dans le monde, s'alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son 21e classement annuel. Sans changement, le pays le mieux noté est la Norvège et le dernier la Corée du Nord. La France est 24e et gagne deux places. Globalement, les conditions d'exercice du journalisme sont mauvaises dans 7 pays sur 10.

Le Liban, pour sa part, se trouve à la 119e place, alors que l'année dernière, il se plaçait à la 130e position. Il reste toutefois devancé régionalement par Israël et le Qatar.

Le classement mondial de la liberté de la presse est réalisé par RSF sur la base "d'un relevé quantitatif des exactions commises envers les journalistes" d'une part, et "d'une étude qualitative" de l'autre. Cette dernière se fonde "sur les réponses de centaines d'experts de la liberté de la presse (journalistes, universitaires, défenseurs des droits humains) à une centaine de questions".

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Cette édition 2023 pointe en particulier les effets de la désinformation. Dans les deux tiers des 180 pays évalués, les spécialistes qui contribuent à l'élaboration du classement "signalent une implication des acteurs politiques" dans des "campagnes de désinformation massive ou de propagande", selon RSF. C'est le cas de la Russie, de l'Inde, de la Chine ou du Mali. Plus largement, ce classement "met en lumière les effets fulgurants de l'industrie du simulacre dans l'écosystème numérique". "C'est l'industrie qui permet de produire la désinformation, de la distribuer ou de l'amplifier", explique à l'AFP Christophe Deloire, secrétaire général de l'ONG.

"Déluge"

C'est, selon lui, le cas des "dirigeants de plateformes numériques qui se moquent de distribuer de la propagande ou de fausses informations", et dont "l'exemple-type" est "le propriétaire de Twitter, Elon Musk". Autre phénomène, les faux contenus créés par l'intelligence artificielle (IA). "Midjourney, une IA qui génère des images en très haute définition, alimente les réseaux sociaux en faux de plus en plus vraisemblables", souligne RSF, citant de fausses photos de l'arrestation de Donald Trump "reprises de manière virale".

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On assiste également à "des productions manipulatoires à grande échelle" par des sociétés spécialisées, pour le compte de gouvernements ou d'entreprises. En février, une vaste enquête du collectif de journalistes d'investigation Forbidden Stories avait ainsi révélé les activités d'une société israélienne baptisée "Team Jorge" et spécialisée dans la désinformation.

Toutes ces "capacités de manipulation inédites sont utilisées pour fragiliser celles et ceux qui incarnent le journalisme de qualité, en même temps qu'elles affaiblissent le journalisme lui-même", prévient RSF. "L'information fiable est noyée sous un déluge de désinformation", juge M. Deloire, selon qui "on perçoit de moins en moins les différences entre le réel et l'artificiel, le vrai et le faux". "L'un des enjeux majeurs, c'est de remettre des principes démocratiques dans ce gigantesque marché de l'attention et des contenus", estime-t-il.

La région Maghreb/Moyen-Orient reste la plus dangereuse

Au classement régional, "la région Maghreb/Moyen-Orient reste la plus dangereuse pour les journalistes", alors que l'Europe est celle "où les conditions d'exercice du journalisme sont les plus faciles". 

Alors qu'une "dérive autoritaire" est perçue au Maghreb, la Syrie reste le pays le "plus dangereux" de la région pour les journalistes, à la 175e place dans la classement. 

Le Liban gagne 11 places

Le Liban, quant à lui, progresse de 11 places mais reste toujours dans une situation "difficile", en majeure partie dû à la situation économique sévère "qui ne cesse de s'aggraver", et force ainsi les médias à entreprendre "d'énormes coupures budgétaires". Les "tentatives pour paralyser l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth" participent également à entraver l'exercice des journalistes dans le pays. RSF dénote cependant une "réelle liberté de ton dans les médias libanais", tout en rappelant que la plupart son "contrôlé(s) par des individus directement affiliés à des partis". 

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La Cisjordanie remonte de 14 place par rapport à l'année dernière et se trouve à la 156e position, la situation restant tout de même "très grave" à cause des violations "à la fois de la part de l’Autorité palestinienne et des forces d’occupation israéliennes". Israël, pour sa part, recule de 11 places en raison de l'arrivée du gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahu au pouvoir en 2022. Il reste toutefois le premier pays de la région dans le classement, à la 96e place.

Concernant l'Iran, il gagne une place et se trouve désormais à la 177e position, alors que l'année dernière il était le 178 pays du classement. Toutefois, RSF rappelle que l'Iran "renforce sa position parmi les pays les plus répressifs au monde en matière de liberté de la presse depuis le début du mouvement de manifestations en réaction à la mort, le 16 septembre 2022, de l’étudiante Mahsa Amini. Il devient même l’une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes".

Au classement, les baisses les plus importantes s'observent au Pérou (110e, -33 places), au Sénégal (104e, -31 places), en Haïti (99e, -29) ou en Tunisie (121e, -27).

Propagande politique, manipulations économiques, faux contenus générés par l'intelligence artificielle: la désinformation au sens large est une menace majeure pour la liberté de la presse dans le monde, s'alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son 21e classement annuel. Sans changement, le pays le mieux noté est la Norvège et le dernier la Corée du Nord. La France est 24e et gagne...
commentaires (3)

La presse du Liban est en grande partie responsable de la Situation générale actuelle, a force de dire tout et n importe quoi et de tout transmettre ...a mon avis il faut nettoyer pas mal non plus...( surtout dans l'audiovisuel)

Jack Gardner

11 h 28, le 03 mai 2023

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Commentaires (3)

  • La presse du Liban est en grande partie responsable de la Situation générale actuelle, a force de dire tout et n importe quoi et de tout transmettre ...a mon avis il faut nettoyer pas mal non plus...( surtout dans l'audiovisuel)

    Jack Gardner

    11 h 28, le 03 mai 2023

  • SURTOUT LA LIBERTE D,EXPRESSION DANS L,OLJ QUI EST SUJETTE A UNE MALHONNETE ET HUMILIANTE CENSURE. UN JOUR UNE/UN DITE/DIT MODERATRICE/MODERATEUR PUBLIE UN COMMENTAIRE, UN AUTRE JOUR D,AUTRES CENSURENT LE MEME COMMENTAIRE. LA PAGAILLE REGNE CHEZ VOUS MESDAMES/MESSIEURS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 45, le 03 mai 2023

  • La liberté de la presse ne devrait pas être mesuré seulement selon le nombre de répression de journalistes par pays, mais par le nombre des désinformations des Etats envers leurs citoyens, que la presse taise. En rajoutant ce critère il n'y aurait que peu de différence entre la Pologne par exemple et le Zimbabwe à l'avantage de ce dernier!!! L'ONU devrait fonder une agence de presse mondiale qui transmet des informations sur tous les sujets en toute indépendance. Oui, je rêve un peu dans cette journée de la liberté de la presse qui n'est qu'un mythe inatteignable.

    Céleste

    10 h 43, le 03 mai 2023

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