Mohammad Salah célébrant le sixième but de Liverpool lors de la victoire écrasante des Reds face à Manchester United (7-0), dimanche, à Anfield, pour le compte de la 26e journée de Premier League. Carl Recine/Reuters
Celle-là, pas grand monde ne l’avait pas vu venir. Encore moins Erik ten Hag, l’entraîneur mancunien, encore abasourdi en conférence de presse par ce à quoi il venait d’assister. « Je n’ai pas d’explications, a concédé le technicien hollandais. On a offert deux buts et tout s’est écroulé. »
Dans la foulée, son homologue liverpuldien ne boudait pas son plaisir au moment de revenir sur la démonstration réalisée par ses joueurs. « C’est le football, ce genre de choses peuvent arriver. United vit une supersaison et nous, on n’est pas satisfaits de la nôtre jusqu’ici, mais sur un match, tout ça ne veut rien dire, a déclaré Jürgen Klopp. Aujourd’hui, on a été la meilleure équipe et on a pris trois points importants, ça fait du bien (...) Tout le monde doit savoir qu’on est encore là. »
En revanche, le coach allemand n’était pas présent lors de la précédente victoire record des Reds sur leur éternel rival, puisque celle-ci remontait à... 1925 (5-0). Pire, les Red Devils n’avaient plus subi pareille humiliation depuis le Boxing Day 1931 et un 7-0 contre Wolverhampton.
Tout juste auréolé d’un titre en Coupe de la Ligue, leur premier trophée depuis six saisons, United a connu un improbable trou d’air en seconde période, submergé par les contre-éclairs des locaux, poussés par la clameur d’Anfield.
K.-O. debout
Pourtant, avant l’ouverture du score, les débats étaient relativement équilibrés entre les deux formations. Bruno Fernandes, de la tête (26e), et Marcus Rashford, à la réception d’une très belle ouverture de Luke Shaw (27e), avaient même eu deux opportunités intéressantes pour donner l’avantage aux Mancuniens.
Mais les Reds ont, eux, été impitoyables, ouvrant le score juste avant la pause avec un but aussi parfait dans son exécution qu’épuré dans sa conception.
En deux passes de plus de 30 mètres, d’Alisson pour Andrew Robertson et de Robertson, dans l’intervalle, pour Cody Gakpo, le Néerlandais s’est trouvé dans la surface adverse pour crocheter vers l’extérieur et éviter le retour de Raphaël Varane, avant d’enchaîner un intérieur du pied dans le petit filet opposé qui a laissé David de Gea sans réaction (1-0, 43e).
Confortés par cette fin de premier acte fructueuse, les Reds ont repris Manchester à la gorge dès le retour des vestiaires et après une action un peu confuse, le centre tendu de Harvey Elliott dans la surface a été repris d’un beau réflexe de la tête par Darwin Nunez pour le 2-0 (47e).
Trois minutes plus tard, Gakpo a lancé une contre-attaque en décalant Mohammad Salah sur la droite, avant que l’Égyptien ne temporise juste assez pour retrouver le Néerlandais qui, d’une balle piquée en angle fermé, a encore creusé l’écart (3-0, 50e), mettant Manchester K.-O. debout.
Nouveau record pour Salah
Dans une journée où tout leur a souri, Salah a ajouté un quatrième but d’une frappe d’instinct sous la barre de la lucarne droite de De Gea, après un ballon remis dans sa course par Scott McTominay (4-0, 66e).
Il a également inscrit un doublé en récupérant un ballon qui traînait encore dans la surface pour marquer de près (6-0, 83e), devenant ainsi, avec 129 buts en championnat, le meilleur réalisateur de Liverpool en Premier League devant Robbie Fowler.
Entre-temps, Nunez s’était lui aussi offert un doublé, d’une très jolie déviation de la tête renversée (5-0, 75e), alors que Roberto Firmino, annoncé sur le départ, a ajouté un septième but à la 88e, neuf minutes après son entrée en jeu.
Ce septième match de suite sans perdre face à Manchester United à Anfield (la plus longue série depuis les années 1970) pourrait signer le vrai retour au premier plan des Reds après des mois de tâtonnements.
Jürgen Klopp devient aussi l’entraîneur de Liverpool à avoir le plus souvent battu les Red Devils en championnat avec ce 6e succès en 16 confrontations, devant Gérard Houllier (5).
Avec ce triomphe, Liverpool prend la 5e place à Newcastle avec 42 points contre 41, même si les Magpies comptent encore un match en moins. Ils reviennent aussi à trois longueurs de Tottenham, 4e et dernier qualifié virtuel pour la C1, mais qui a joué un match en plus.
Avec 49 points et le même nombre de matchs que Liverpool, United reste toutefois solidement accroché à la 3e place, mais voit désormais s’éloigner le tandem de tête, composé d’Arsenal (63 pts) et Manchester City (58e).
Un coup de massue dont les hommes d’Erik ten Hag, qui restaient pourtant sur onze rencontres sans défaite, ainsi que leurs fans, se souviendront longtemps.
G.B. avec AFP


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