L’Institut Asfari pour la société civile et la citoyenneté de l’AUB, en partenariat avec le Fonds Malala et l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les questions internationales (IFI) de l’AUB, a lancé la campagne « Avec son apprentissage on grandit » (#bieelmiha_mnekbar) pour tirer la sonnette d’alarme sur la scolarisation des filles qui pâtit de l’impact des crises successives au Liban. Déjà sur un plan général et selon la Banque mondiale, le taux de scolarisation des enfants au Liban est passé de 61 % au cours de l’année académique 2021-2022 à 43 % courant 2022-2023.
La directrice de l’Institut Asfari, Lina Abou Habib, a confirmé que le but de cette campagne nationale est de souligner le droit des filles à l’éducation, car « c’est un facteur essentiel pour la réalisation de la justice sociale et l’égalité des sexes (…) Les adolescents, en général, et les filles, en particulier, sont confrontés à de grandes difficultés d’accès à l’école, et tout plan de relance devrait se fonder sur l’éducation comme facteur d’équilibre et d’autonomisation sociale pour ouvrir les perspectives de reprise durable, de paix sociale et de développement économique ».
Pour sa part, Rana Hujairi, représentante du Fonds Malala au Liban, a déclaré que cette campagne s’inscrit dans le cadre d’un projet intégré qui a commencé par la production d’un document national intitulé « Autour d’un cadre global pour la sécurité humaine et la justice sociale dans le plan de relance entre le Liban et le Fonds monétaire international : le rôle central de l’éducation dans l’autonomisation et l’égalité ». Selon Rana Hujairi, il faudrait éviter que « certaines politiques d’austérité qui seraient adoptées par le plan de relance économique n’entraînent des effets négatifs sur le financement du secteur de l’éducation, ce qui pourrait exacerber la gravité de la crise de la scolarisation ». Rana Hujairi a indiqué que « les recommandations sur les politiques au Liban devraient se concentrer sur les principes d’équité pour répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles (…) L’accès à l’éducation ne dépend pas seulement de son accessibilité à tous, mais devrait être au centre de tout plan de relance ou de restructuration économique, ce qui peut contribuer à un nouveau contrat social qui approfondit l’égalité et la justice sociale ».

