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Sport - Open d’Australie

Tsitsipas rejoint Khachanov en demies

En venant à bout de Jiri Lehechka en trois manches, le Grec s’est qualifié pour les demi-finales à Melbourne, où il retrouvera Karen Khachanov, qui s’est distingué par ses prises de position pro-arméniennes après sa victoire sur abandon, face à Korda.

Tsitsipas rejoint Khachanov en demies

Karen Khachanov réagissant à un point gagnant lors de sa victoire face à l’Américain Sebastian Korda, mardi en quarts de finale de l’Open d’Australie à Melbourne. Martin Keep/AFP

Voir Tsitsipas figurer dans le dernier carré à Melbourne est désormais une habitude. Pour la quatrième fois, après 2019, 2021 et 2022, le Grec de 24 ans s’est frayé un chemin jusqu’en demi-finales du Majeur australien et confirme son statut de prétendant à la place de numéro un mondial, qu’il atteindra pour la première fois de sa carrière en cas de victoire finale.

Pour ce faire, Tsitsipas a dû s’employer et développer son meilleur tennis afin de venir à bout de l’invité surprise des quarts de finale, le Tchèque Jiri Lehecka, 71e au classement ATP, qu’il a dominé en trois manches sur le score de 6-3, 7-6 (7/2), 6-4.

Sans trembler, le Grec a remporté le premier set, où il a fait rapidement le break pour se détacher 3-0 et conserver l’avantage. Dans le deuxième, en revanche, son adversaire lui a donné beaucoup de fil à retordre, à l’image du quatrième jeu où Tsitsipas a sauvé cinq balles de break. Mais les deux joueurs en sont arrivés au jeu décisif, facilement remporté par l’actuel 4e joueur mondial.

« Dans le tie break, il était question pour lui de revenir dans le match ou, pour moi, de prendre vraiment l’ascendant », a-t-il souligné pour expliquer la tension du moment et le niveau de jeu qu’il a alors atteint.

Un autre moment-clé a été à 3-3 dans le troisième set lorsque, mené 0/40, il a aligné cinq points d’affilée. « Je m’en suis sorti à l’expérience et avec la bonne attitude », a-t-il commenté à propos de ce jeu.

Sur l’ensemble du match, Tsitsipas a sauvé les huit balles de break qu’il a eu à défendre. Globalement, « c’est un de mes matches les plus difficiles du tournoi. Il joue à ce niveau depuis peu et je lui souhaite le meilleur », a commenté Tsitsipas au sujet de son adversaire tchèque, inattendu à ce stade à Melbourne mais qui a écarté pour y parvenir trois têtes de série (Coric, Norrie et Auger-Aliassime).

Vendredi, le Grec tentera d’obtenir un ticket pour sa seconde finale en Majeur après celle qu’il avait disputée et perdue à Roland-Garros en 2021 contre Novak Djokovic, qu’il aura de grandes chances de retrouver vu le niveau affiché dernièrement par le Serbe, semblant débarrassé de sa blessure à la cuisse.

« Je ne pouvais plus tenir ma raquette »

Mais avant de se projeter sur une éventuelle revanche, Tsitsipas aura fort à faire face à Karen Khachanov, en grande forme depuis le début de la quinzaine australienne.

En quarts, le Russe, 20e à l’ATP, a profité des problèmes au poignet droit de Sebastian Korda, contraint d’abandonner au milieu du troisième set, pour rejoindre le dernier carré. Une première pour lui qui n’avait jamais dépassé le troisième tour à Melbourne.

« Ce n’est évidemment pas comme ça que je voulais que le match se termine », a déclaré le Russe de 26 ans en estimant que « la partie avait été serrée jusqu’à un certain moment ». « Il avait battu mon copain Daniil (Medvedev) en trois sets et Hubert (Hurkacz) en cinq sets, donc on sait qu’il joue bien », a ajouté Khachanov à propos de Korda.

Déjà demi-finaliste du dernier US Open, il poursuit sur sa lancée de la saison dernière et affiche un niveau de jeu plus qu’intéressant. Dominateur lors de la première manche, le Russe a toutefois connu une légère baisse au service alors qu’il servait à 5-3 pour le gain du set. De quoi permettre à l’Américain de refaire son retard et d’emmener Khachanov au jeu décisif. Ce dernier a eu trois balles de set et a conclu sur la troisième.

D’entrée de deuxième set, Korda a été sous la menace de Khachanov. Il a dû sauver une balle de break dans le premier jeu, puis deux dans le troisième. Mais à la fin du cinquième, alors qu’il menait 3-2, l’Américain a été contraint de faire appel au médecin pour faire soigner son poignet droit.

À partir de là, le match a basculé et Khachanov n’a eu aucun mal à remporter les sept jeux suivants avant que Korda ne jette l’éponge : « J’ai frappé un coup droit en retour de service, en début de deuxième set, et après, par moments, je ne pouvais plus tenir la raquette », a-t-il raconté.

« J’avais eu une alerte à Adélaïde (avant l’Open d’Australie, NDLR), mais c’était passé. Et je n’ai eu aucun problème durant le tournoi jusque-là. Jusqu’à ce coup mal frappé en retour. Ça a commencé et ça n’a fait qu’empirer », a-t-il ajouté.

À 22 ans, il jouait, à Melbourne, son premier quart de finale de Majeur et, malgré cet abandon, il a affirmé avoir « plus de positif que de négatif » à retirer de ce tournoi. « Je vais poursuivre, la tête haute, et continuer à travailler », a-t-il conclu.

Un soutien au Haut-Karabakh qui ne passe pas

Dans la foulée de sa victoire, le 20e joueur mondial, dont le nom est orphelin du drapeau russe sur les tableaux d’affichage, a une nouvelle fois fait parler de lui en dehors des courts pour ses prises de position politiques.

Après avoir refusé d’évoquer les sanctions qui le frappent en tant que Russe sur le circuit, il a affiché son soutien aux Arméniens du Haut-Karabakh : « Artsakh, reste fort ! » ou encore, « Continue d’y croire jusqu’au bout ! Artsakh reste fort ! », a ainsi écrit Khachanov sur les objectifs des caméras qui filment la sortie du court à l’Open d’Australie.

Un geste qui fait suite à d’autres messages de soutien au peuple arménien après sa victoire contre Frances Tiafoe au troisième tour et le second après celle contre Yoshihito Nishioka en hutièmes de finale.

Durant son match contre Sebastian Korda mardi en quarts de finale ont été déployés dans les tribunes de la Rod Laver Arena des drapeaux de cette région majoritairement peuplée d’Arméniens et que l’Azerbaïdjan tente de récupérer par la force.

« J’ai des racines arméniennes. Du côté de mon père, mon grand-père, mais également du côté de ma mère. Je suis à moitié arménien », a expliqué le joueur de 26 ans mardi. « Je voulais montrer mon soutien à mon peuple, leur donner des forces, c’est tout », a-t-il ajouté.

En ce qui le concerne, la tribune politique s’arrêtera là. « Je ne veux pas aller plus loin » dans les commentaires et les explications, a-t-il tranché. Mais la Fédération azerbaïdjanaise a assez peu goûté sa prise de position et a déjà protesté auprès de la Fédération internationale (ITF) en qualifiant les messages de Khachanov d’« attaques inacceptables ».

L’instance azerbaïdjanaise réclame des « mesures plus sévères pour punir le joueur afin d’éviter de tels incidents à l’avenir ». Mardi, le joueur a dit, un peu gêné, qu’il n’avait eu aucun retour « jusque-là ».

Incertitude sur Wimbledon

À l’entrée du Melbourne Park, des écriteaux préviennent le public que les drapeaux russes sont interdits dans l’enceinte du complexe.

Autorisées en début de tournoi « à condition de ne pas causer de problème », des bannières blanc-bleu-rouge avaient été déployées dans les tribunes. Ce qui avait suscité l’ire de l’Ukraine, une réaction officielle de son ambassadeur en Australie et, finalement, l’interdiction de ces drapeaux.

Autre joueur russe en lice à Melbourne, Andrey Rublev avait quant à lui été provoqué par des spectateurs agitant sous son nez un drapeau ukrainien durant son match du deuxième tour contre Emil Ruusuvuori. « Le drapeau, OK pas de problème. Mais ils m’insultent », s’était-il plaint auprès de l’arbitre. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, les joueurs russes et biélorusses sont autorisés à jouer la plupart des tournois, à conditions que leur nationalité ne soit mentionnée nulle part.

Seule la Fédération britannique, sous pression du gouvernement, avait refusé les Russes et Biélorusses l’an dernier, y compris à Wimbledon qui avait du coup été privé de points ATP et WTA.

Le Majeur sur gazon n’a pas encore pris de décision pour cette année. Et Khachanov attend, résigné.

« Je n’ai pas de message à faire passer (aux organisateurs). On fera ce qu’ils décident. Qu’est-ce que je peux y faire de toute façon ? Mes mots n’y changeront rien, donc autant que je me taise », a-t-il expliqué.

Estime-t-il que l’exclusion en 2022 a apporté quelque chose ? « C’est à eux qu’il faut demander, pas à moi. »

G.B. avec AFP


Voir Tsitsipas figurer dans le dernier carré à Melbourne est désormais une habitude. Pour la quatrième fois, après 2019, 2021 et 2022, le Grec de 24 ans s’est frayé un chemin jusqu’en demi-finales du Majeur australien et confirme son statut de prétendant à la place de numéro un mondial, qu’il atteindra pour la première fois de sa carrière en cas de victoire finale. Pour ce...

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