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Lifestyle - Artisanat

Diane Ferjane et l’Artisan du Liban : la collab’ qui ressuscite le patrimoine


Diane Ferjane et l’Artisan du Liban : la collab’ qui ressuscite le patrimoine

La créatrice Diane Ferjane. Photo DR

« Maintenir les artisans actifs et la culture vivante », tel est le nouveau combat de l’Artisan du Liban, à la croisée du patrimoine, du savoir-faire et du design contemporain. Ce combat est mené en collaboration avec des créateurs et des faiseurs d’aujourd’hui. De nouvelles collections d’objets ont déjà été créées fin 2022 avec la fondation Warch(ée), ONG dont on entendra beaucoup parler et qui forme les femmes aux métiers du bâtiment en commençant par la menuiserie. Une collection de vêtements a été également conçue par le label La Terre est folle, sous la direction artistique de Joe Arida, sur le thème de l’abaya. C’est au tour de la créatrice Diane Ferjane de réinterpréter pour l’ONG le patrimoine vestimentaire libanais, avec le sarouel comme pièce maîtresse. Et c’est la chanteuse, compositrice et interprète Aziza qui incarne ce style à la fois immémorial et d’une étonnante modernité, à travers un shoot réalisé par le photographe de mode Bachar Srour.

Détail d’ornement. Photo Bachar Srour

L’Artisan du Liban a été créé en 1979 par une organisation à but non lucratif, le Mouvement social. Depuis sa création, il y a 43 ans, l’ONG a soutenu plus de 1 000 artisans à travers le territoire libanais, principalement dans des zones rurales reculées, et sauvé plusieurs métiers de l’extinction. Pour répondre à la demande du marché, un changement s’imposait. L’idée maîtresse était de soutenir de nouveaux talents et de travailler avec eux tout en maintenant l’attractivité de la marque. C’est ainsi que le design a été introduit dans l’artisanat. La fonctionnalité des objets a été réinventée entre techniques et matériaux. L’Artisan du Liban veut désormais s’attacher la clientèle d’une jeunesse qui veut renouer avec ses racines sans pour autant verser dans le folklore. La collaboration de l’ONG avec la designer Diane Ferjane et soutenue par Aziz, qui a accepté de promouvoir ce projet gracieusement, a été filmée au restaurant Liza Beirut.

Aziza porte une version moderne du sarouel classique, associé à une blouse en coton avec des détails brodés en fil d’or. Photo Bachar Srour

Au départ, fascinée par les vêtements traditionnels que portent encore quelques rares libanais de la campagne, la créatrice Diane Ferjane a le souhait de photographier Semaan, un homme de sa ville natale qui allait vers sa 102e année. Tant qu’à se laisser prendre en portrait, Semaan insiste à revêtir son habit du dimanche. Quand il se présente devant elle dans cette tenue d’apparat, la créatrice et photographe est hypnotisée par ce qu’elle décrit comme sa première rencontre avec un vêtement traditionnel libanais fait sur mesure. Intriguée par la complexité des détails, y compris les broderies main, elle décide, au-delà du portrait, de photographier en gros plan chaque détail du costume. Elle agit en archiviste, consciente que cette tradition vestimentaire est en voie de disparition. Ce moment fondateur la convainc de la nouvelle mission qu’elle se donne : réhabiliter les pièces traditionnelles en leur apportant une touche de modernité tout en conservant le cachet authentique.

Figurine phénicienne. Photo Bachar Srour

Elle fonde sa marque au cœur de l’ancienne ville de Byblos, dont l’atmosphère met en valeur sa première collection. En 2010, Diane Ferjane décide d’ouvrir son propre espace à Beyrouth, dans le quartier alors préservé de Mar Mikhaël. Là encore, ses pièces s’accordent avec le caractère traditionnel du secteur. Dévastée avec tout le reste lors de la double explosion du 4 août 2020, la boutique ferme ses portes, mais la marque continue à susciter du désir et passe au commerce en ligne. La créatrice qui dit s’inspirer « de l’histoire de nos traditions pour dessiner le futur » présente, en collaboration avec l’Artisan du Liban, une collection qui revisite le sarouel traditionnel et fait appel à des techniques traditionnelles telles que le tareq et le cuivre coulé. Toutes les pièces de cette collection de prêt-à-porter dédiées à la femme contemporaine sont produites par les artisans de L’Artisan du Liban. La ligne est composée de quatre sarouels, quatre chemises, une jupe drapée à taille haute terminée, une cape et un manteau en laine orné de figurines phéniciennes en cuivre coulé, une ceinture en brocart.


« Maintenir les artisans actifs et la culture vivante », tel est le nouveau combat de l’Artisan du Liban, à la croisée du patrimoine, du savoir-faire et du design contemporain. Ce combat est mené en collaboration avec des créateurs et des faiseurs d’aujourd’hui. De nouvelles collections d’objets ont déjà été créées fin 2022 avec la fondation Warch(ée), ONG dont on...

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