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Agenda - Hommage

La petite maman n’est plus

La petite maman n’est plus

Thérèse Saber.

Le bureau désormais inoccupé de Thérèse, on a doublement peine à l’imaginer. Première arrivée aux locaux, dernière partie, elle aura été bien davantage qu’une infatigable abeille ouvrière accumulant vaillamment les tâches les plus diverses, les plus ingrates parfois, dont est fait l’ordinaire de tout journal.

Thérèse Saber pouvait décliner une extraordinaire ardeur au travail, un formidable sens pratique et surtout une loyauté à ce quotidien si farouche qu’elle tenait plutôt du sacerdoce. Durant plus d’un demi-siècle, elle aura assumé d’une main de fer la rubrique du carnet mondain, la réception, la facturation et la répartition des notices et publicités, ainsi que la sourcilleuse gestion des fournitures. Elle traquait le gaspillage partout où il pouvait se nicher et ne craignait pas, un poing inquisiteur sur la hanche, de reprocher même aux directeurs ou rédacteurs en chef, leur consommation, jugée excessive, de pointes sèches ou de papier A4.

L’intraitable gardienne des intérêts du journal qu’elle était n’a pourtant jamais réussi à cacher le cœur d’or qui l’animait. Pour des générations de journalistes et de techniciens en effet, cette célibataire endurcie était surtout la petite maman toujours attentive à leurs problèmes, à tout moment prodigue de son affection. Une aussi généreuse vocation maternelle a connu ses heures les plus dramatiques, mais peut-être les plus belles et significatives aussi, lors du féroce siège israélien de Beyrouth-Ouest, quand il s’est agi de nourrir, avec les moyens du bord, les maigres troupes demeurées à leur poste.

Jamais la maladie n’a pu durcir ce grand cœur, même si elle a fini hélas par l’avoir à l’usure. Laissant L’Orient-Le Jour orphelin de l’indispensable, de l’irremplaçable Thérèse.

Le bureau désormais inoccupé de Thérèse, on a doublement peine à l’imaginer. Première arrivée aux locaux, dernière partie, elle aura été bien davantage qu’une infatigable abeille ouvrière accumulant vaillamment les tâches les plus diverses, les plus ingrates parfois, dont est fait l’ordinaire de tout journal. Thérèse Saber pouvait décliner une extraordinaire ardeur au travail, un formidable sens pratique et surtout une loyauté à ce quotidien si farouche qu’elle tenait plutôt du sacerdoce. Durant plus d’un demi-siècle, elle aura assumé d’une main de fer la rubrique du carnet mondain, la réception, la facturation et la répartition des notices et publicités, ainsi que la sourcilleuse gestion des fournitures. Elle traquait le gaspillage partout où il pouvait se nicher et ne craignait pas, un poing...