Rechercher
Rechercher

Culture - Portrait

Dahlia Nemlich, rêveuse éveillée

Réalisatrice et productrice de courts-métrages, la jeune femme révèle également dans « Lucid Dreams », son tout premier album sorti sous le label BC Records, un talent prometteur d’auteure-compositrice et chanteuse.

Dahlia Nemlich, rêveuse éveillée

Dahlia Nemlich, alias Dahlia on the Run, une voix prometteuse.

Elle écrit, compose et interprète des ballades en anglais entre onirisme et impressionnisme… Des morceaux en rapport avec la mémoire, les ressentis et les perceptions profondes qui s’accordent avec sa voix mélodieuse au grain velouté. Une voix suave qui, posée sur quelques accords de guitare, vous enveloppe de douceur. Et vous transporte tantôt au cœur du lien mère-fille dans Mother, tantôt dans la fraîcheur conservée de l’enfance dans Kid, parfois aussi dans une sorte de sororité contre les abus de certaines attitudes masculines dans Idak… Ou encore et surtout dans une émouvante ode à la capitale libanaise dans Beirut. Ce titre phare que Dahlia Nemlich, alias Dahlia on the Run, a composé en 2018 quelques mois avant l’éclatement de la crise. Et dans lequel cette Libano-Française, qui a longtemps vécu à l’étranger, exprimait les sentiments étranges, ambivalents, entre bonheur et anxiété, qu’elle a éprouvé lors de ses retrouvailles avec sa ville d’origine. Un an plus tard, portée par l’enthousiasme du mouvement de révolte du 17 octobre 2019, la jeune femme va redonner un nouveau sens à ce premier single qu’elle enregistre alors dans la foulée des manifestations auxquelles elle participe. Et dont elle filme quelques moments forts, quelques visages illuminés par l’espoir d’un changement, dans le clip qui l’accompagne.

L’album « Lucid Dreams », de Dahlia on the Run, vient de sortir sous le label BC Records. Photos DR

Ce « Beirut » qui vous trotte en tête...

Diffusée avec succès en 2020 sur Anghami, Beirut, qui a également récolté des milliers de vues sur YouTube, a été remastérisée et intégrée à son tout premier album, Lucid Dreams, qu’elle vient de sortir sous le label BC Records*. Un premier opus dans lequel Dahlia Nemlich a regroupé huit mélodies apaisantes, réconfortantes, dont certaines vous trottent longtemps en tête, comme des fragments de rêveries éveillées…

Pour cette longue liane brune d’une trentaine d’années, faire carrière dans la chanson a longtemps été un rêve à la fois proche et éloigné. Une envie liée à l’idée d’un accomplissement personnel. Et un chemin ponctué de bornes musicales dans lequel elle s’est engagée avec un mélange de confiance et d’hésitations.

Une colocation déterminante…

Car si la jeune femme au beau grain de voix a toujours baigné dans la musique, « avec un père réalisateur et guitariste à ses heures perdues et une mère choriste », ce n’est qu’à 20 ans, à la faveur d’« une guitare offerte par une copine musicienne » avec qui elle partageait une colocation d’étudiants à Paris que Dahlia Nemlich va se lancer dans la chanson. « On passait des heures à composer de petites chansons et on s’amusait à faire des reprises des Beatles, de Freddy Mercury et des standards de la variété dans des premières parties de concerts sur de petites scènes et des clubs de jazz parisiens, comme les Trois Baudets ou encore Le baiser salé », raconte-t-elle. « C’est grâce à elle que j’ai appris à jouer de la guitare toute seule, en m’exerçant sans relâche à égrener les cordes pour arriver à reproduire les arpèges d’Alela Diane, une chanteuse native américaine qui a eu beaucoup d’influence sur moi. Puis, j’ai terminé mes études de cinéma à l’ISCPA et nos chemins se sont séparés. Je me suis consacrée à fond durant quelques années à mon travail dans la production de séries à TF1, notamment, et je suis retournée au Liban en 2016, où j’ai rejoint la boîte de production The Talkies », narre-t-elle. L’écriture et la composition du précité Beirut scelleront sa reconnexion émotionnelle avec sa ville. Mais c’est une seconde rencontre, fondamentale celle-ci, avec Namir Maitala, un jeune producteur de musique électronique, devenu son fiancé, qui la mettra sur la voie d’une véritable carrière musicale.

Entre films et chansons

« Il m’a encouragée à me lancer vraiment dans la composition de mon propre répertoire. Il m’a donné l’assurance nécessaire pour finaliser ce projet très personnel, dans lequel je m’exprime de manière différente, plus symbolique, que ce que je fais dans mes courts-métrages généralement plus imprégnés d’un certain réalisme social », confie celle qui a (co)réalisé des documentaires, dont Supporting the Avo Sector (2017), Food in Zahle (2017) ainsi que Roadblock projeté au Festival du film d’el-Gouna en 2020.

Dahlia Nemlich, qui porte désormais avec une égale passion deux, voire trois casquettes de chanteuse, productrice et réalisatrice, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir achevé récemment un court-métrage de fiction intitulé Somewhere in Between (produit par Marine Vaillant et le producteur égyptien, palme d’or à Cannes en 2020 du meilleur court-métrage, Mohammad Taymour), elle boucle actuellement le vidéoclip de la chanson Idak, tout en se lançant dans l’écriture de son premier long-métrage qui portera sur la condition des femmes éthiopiennes au Liban, révèle-t-elle. « Ces femmes auxquelles on n’accorde aucune identité et aucune importance dans nos vies, alors que sans elles, nos vies ne seraient pas du tout aussi belles et confortables », plaide cette artiste pluridisciplinaire à la belle sensibilité positive. Une voix et une voie à suivre…

*Lancé en concert le 22 décembre au Ballroom Blitz, « Lucid Dreams » de Dahlia on the Run est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement.

Elle écrit, compose et interprète des ballades en anglais entre onirisme et impressionnisme… Des morceaux en rapport avec la mémoire, les ressentis et les perceptions profondes qui s’accordent avec sa voix mélodieuse au grain velouté. Une voix suave qui, posée sur quelques accords de guitare, vous enveloppe de douceur. Et vous transporte tantôt au cœur du lien mère-fille dans Mother, tantôt dans la fraîcheur conservée de l’enfance dans Kid, parfois aussi dans une sorte de sororité contre les abus de certaines attitudes masculines dans Idak… Ou encore et surtout dans une émouvante ode à la capitale libanaise dans Beirut. Ce titre phare que Dahlia Nemlich, alias Dahlia on the Run, a composé en 2018 quelques mois avant l’éclatement de la crise. Et dans lequel cette Libano-Française, qui a longtemps vécu à...
commentaires (3)

Et merci Zena! Magnifique article comme d’habitude!

Noha Baz

17 h 59, le 29 décembre 2022

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Et merci Zena! Magnifique article comme d’habitude!

    Noha Baz

    17 h 59, le 29 décembre 2022

  • Petite Dahlia devenue cette magnifique voix et délicieuse jeune femme ! À toi et à Namir tous les bonheurs du monde ❤️❤️?

    Noha Baz

    17 h 58, le 29 décembre 2022

  • Superbe album! ballades et voix envoutantes...

    anne marie naim

    13 h 20, le 29 décembre 2022

Retour en haut