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Politique - Présidentielle

Moawad en tête pour la première fois, mais le blocage persiste

Les députés du 8 Mars insistent sur l’importance de la tenue d’un dialogue pour sortir de l’impasse.

Moawad en tête pour la première fois, mais le blocage persiste

Les députés réunis hier pour la dixième fois afin d’essayer d’élire un président de la République. Photo tirée du compte Flickr du Parlement.

Le prochain président de la République ne sera pas élu en 2022. Sans surprise, le Parlement n’a pas réussi à élire un chef d’État à l’issue de la séance électorale qui s’est tenue hier, la dixième depuis fin septembre et la dernière avant l’année prochaine. Les députés du tandem chiite Amal-Hezbollah et leurs alliés se sont, comme c’est devenu coutume, retirés de la séance après le premier tour, provoquant un défaut de quorum. Si les jeudis se répètent et se ressemblent, le dépouillement des bulletins lors de cette séance a donné pour la première fois Michel Moawad, principal candidat de l’opposition, en tête avec 38 voix, devant le candidat « blanc » du 8 Mars, qui n’a obtenu que 37 voix. Ce camp a en effet été déserté par le bloc du Liban fort dont la plupart des députés ont choisi de se rebeller depuis la controversée séance du Conseil des ministres qui s’est tenue la semaine dernière.

Le CPL boude toujours

Sur les 109 bulletins déposés dans l’urne, trente-huit députés ont accordé leur suffrage à leur collègue de Zghorta Michel Moawad. « Il faut également compter 7 députés qui nous soutiennent mais qui n’étaient pas présents à la séance. Cela ferait passer notre score à 45 », remarque un proche du patron du Mouvement de l’Indépendance. Lors de la dernière séance, le score de M. Moawad était également de 45 voix, dont 39 députés présents. Comme à chaque séance, il peut compter sur les 19 voix des Forces libanaises, les 8 députés du Parti socialiste progressiste, les 4 députés Kataëb, les 4 députés de son bloc du Renouveau ainsi que quelques indépendants, dont 2 du bloc de la Modération nationale (une dizaine d’anciens haririens) et 3 parlementaires issus de la contestation (Najat Saliba, Marc Daou et Waddah Sadek).

Trente-sept députés ont, quant à eux, voté blanc. Lors de la neuvième séance jeudi passé, le nombre de députés ayant déposé un bulletin vide est passé de 52 à seulement 39. Une chute qui s’explique par les tensions entre le CPL et son seul allié, le Hezbollah. La stratégie présidentielle adoptée par ce dernier est en effet de rester en terrain neutre le temps qu’un compromis se dessine, du moins au sein du 8 Mars lui-même. Si le tandem chiite Amal-Hezbollah préfère le leader des Marada, Sleiman Frangié, le chef du CPL, Gebran Bassil, veut avoir son mot à dire, puisqu’il préside un large groupe parlementaire chrétien. Et jusqu’à nouvel ordre, il refuse d’avaliser le choix des autres composantes du 8 Mars, d’autant plus qu’il est connu pour son animosité vis-à-vis du zaïm de Zghorta. Si ce différend présidentiel est depuis plusieurs semaines la source de tensions entre les deux signataires de l’accord de Mar Mikhaël, la réunion controversée du Conseil des ministres de la semaine dernière a failli mener à la rupture. Les aounistes n’ont pas pu compter sur le soutien des ministres du Hezbollah pour torpiller la séance – qu’ils jugent anticonstitutionnelle et non conforme au pacte national car tenue en pleine vacance présidentielle – convoquée par le Premier ministre sortant Nagib Mikati. Résultat, ils avaient choisi de faire passer un message au Hezbollah en sortant du vote neutre, mettant ainsi à égalité pour la première fois Michel Moawad et le candidat « blanc ». Hier, et malgré le dialogue entamé dans les coulisses entre les deux formations, les aounistes ont persisté dans leur attitude, 9 d’entre eux ayant voté pour « le pacte (national) ». « Il s’agit d’un message clair : le CPL est attaché au pacte national qui a été bafoué en Conseil des ministres et ne se laissera pas marcher sur les pieds », confie une cadre du parti orange.

Le père Noël

Parmi les autres candidats ayant récolté quelques voix, le professeur et universitaire Issam Khalifé a été soutenu par huit députés (contre cinq la semaine dernière), principalement issus de la contestation, ainsi que par le député nassériste de Saïda Oussama Saad. L’ancien ministre Ziyad Baroud a obtenu deux voix, celles du vice-président de la Chambre (et membre du bloc aouniste) Élias Bou Saab et du député de la thaoura Élias Jaradé. Par ailleurs, six députés se sont prononcés pour « le nouveau Liban ». Il s’agit principalement de députés sunnites indépendants ou ex-haririens. « J’ai voté pour le nouveau Liban en attendant un compromis autour d’une figure rassembleuse et réformatrice », explique à L’Orient-Le Jour Imad Hout, de la Jamaa Islamiya. Et de poursuivre : « Nous étions neuf la semaine dernière, mais trois de nos collègues étaient absents cette fois-ci. » Il s’agit de Nabil Badre (Beyrouth II), Sajih Attiyé (Liban-Nord I) et Abdel Aziz Samad (Liban-Nord II). Enfin, deux bulletins ont été attribués à un candidat déclaré à la présidence, l’ex-député Salah Honein, dont celui du député indépendant de Zghorta Michel Doueihy ; un pour Chafic Merhi et un (de source parlementaire, on apprend qu’il s’agirait d’un député aouniste) pour Milad Bou Malhab. Connu pour ses tenues comiques et extravagantes, ce militant s’est rendu hier à la place de l’Étoile déguisé en père Noël pour distribuer des cadeaux.

Le dialogue

Cette dixième séance électorale avait été convoquée in extremis par le président de la Chambre, Nabih Berry, après avoir échoué à en faire une session de dialogue afin de trouver un compromis présidentiel. L’initiative du maître du perchoir a été tuée dans l’œuf par les principaux partis chrétiens. Le député d’Amal Ali Hassan Khalil a dans ce cadre déclaré que le président du Parlement « poursuivra ses appels à la convocation de la Chambre pour élire un président, après le Nouvel An ». « Nous sommes pour le dialogue à l’intérieur de l’hémicycle dans le cadre d’une séance électorale et non d’une réunion pour discuter sans voter », a expliqué le député FL Ghassan Hasbani en amont de la séance. De son côté, Ali Fayad, parlementaire membre du Hezbollah, voit les choses différemment. « Les équilibres actuels au sein du Parlement font que le dialogue est une nécessité. L’élection d’un président de la République ne se fera que via un consensus », a-t-il déclaré aux journalistes. Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, la formation pro-iranienne a souligné que « seule une entente nationale permettra de parvenir à un résultat ». Comme toujours, donc...

Le prochain président de la République ne sera pas élu en 2022. Sans surprise, le Parlement n’a pas réussi à élire un chef d’État à l’issue de la séance électorale qui s’est tenue hier, la dixième depuis fin septembre et la dernière avant l’année prochaine. Les députés du tandem chiite Amal-Hezbollah et leurs alliés se sont, comme c’est devenu coutume, retirés de la séance après le premier tour, provoquant un défaut de quorum. Si les jeudis se répètent et se ressemblent, le dépouillement des bulletins lors de cette séance a donné pour la première fois Michel Moawad, principal candidat de l’opposition, en tête avec 38 voix, devant le candidat « blanc » du 8 Mars, qui n’a obtenu que 37 voix. Ce camp a en effet été déserté par le bloc du Liban fort dont la plupart des députés ont...
commentaires (8)

Moawad est un brave homme honnête,digne et suffisamment blessé pour comprendre les besoins ainsi que les rêves des libanais et de la diaspora

Wow

23 h 03, le 16 décembre 2022

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Commentaires (8)

  • Moawad est un brave homme honnête,digne et suffisamment blessé pour comprendre les besoins ainsi que les rêves des libanais et de la diaspora

    Wow

    23 h 03, le 16 décembre 2022

  • Si on me permet une petite remarque linguistique : "pro-iranienne" n'est pas français,car le mot "iranienne" est un adjectif, et on ne peut pas être pro-un adjectif! M.Z

    M.Z

    21 h 22, le 16 décembre 2022

  • Une mascarde abominable.

    Wlek Sanferlou

    19 h 22, le 16 décembre 2022

  • Si les députés persistent à refuser le candidat des vendus, nous finiront par avoir leur peau quitte à ce que le pays reste sans président fantoche. Nous n’avons plus rien à perdre, il faut donc tenir tête à ces corrompus jusqu’au bout puisque cela ne peut en aucun cas arranger leurs projets futurs car, plus le pays s’enfoncera dans les dettes et les manques, plus ils seront démunis contrairement à ce qu’ils veulent bien montrer. N’oublions pas que ce sont les contribuables et les aides accordées à notre pays qui les engraissent. Pas de président, pas d’aide et pas d’argent des contribuables déjà dépouillés dans leurs fouilles ni leurs caisses pour fabriquer des armes ou des drogues. Il faut tenir c’est tout le plus patient emportera la mise.

    Sissi zayyat

    12 h 34, le 16 décembre 2022

  • "Le prochain président de la République ne sera pas élu en 2022." Et pourquoi donc voulez-vous qu'il le soit? Sleiman a quitté Baabda en mai 2014, et l'autre Micho n'a été "élu" que le 31 octobre 2016...

    Georges MELKI

    09 h 46, le 16 décembre 2022

  • Il est à noter une certaine récurrence au niveau des absences systématiques de six ou sept députés qui théoriquement soutiennent Michel Moawad... Que se passera t il, si suite à un accord secret ou par un tour de magie, certains députés décident de voter pour Moawad et qu'il lui manque 5 ou 6 voix pour être élu ? Ces députés ne devraient ils pas faire acte de présence à chaque séance parlementaire ? Après tout ils ont été élus afin de représenter le peuple et brillent par leur absence et non pour faire du shopping , à l'approche des fêtes, dans les capitales étrangères.

    C…

    09 h 06, le 16 décembre 2022

  • "Moawad en tête pour la première fois", Mais cela ne change rien car il lui fallait la majorité absolue (et non seulement relative), soit 55 voix (du moins selon la Constitution, car Berry, lui, a ses propres règles de calcul). Les députés de "l'opposition" qui votent pour un candidat qui, quelle que soit sa valeur, n'a aucune chance d'être élu, JOUENT le même JEU que les anti-souverainistes qui votent blanc. Ils JOUENT pendant que les libanais vivent l'enfer. Honte à eux tous ("Kellon, yaani kellon!")!

    Yves Prevost

    07 h 43, le 16 décembre 2022

  • Le clan du 8 mars vise la destruction de ttes les institutions il oeuvre afin de vider le pays de sa jeunesse et de ses cadres il pratique l´achat de terres et de proprietes dd ttes les regions il veut un liban annexé à la syrie

    hoda Rizk

    01 h 16, le 16 décembre 2022

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