Le mouvement de contestation contre la nouvelle présidente Dina Boluarte perdurait mardi au Pérou, où il a déjà fait sept morts, malgré une proposition d’élections anticipées. Des syndicats agraires et organisations sociales paysannes et indigènes ont appelé à une « grève illimitée » à partir de mardi. Outre la « libération immédiate » de l’ex-président de gauche Pedro Castillo, ils réclament la dissolution du Parlement, des élections anticipées et une nouvelle Constitution, selon un communiqué du collectif Front agraire et rural du Pérou qui rassemble une douzaine d’organisations. Mme Boluarte – qui était vice-présidente jusqu’à son investiture le 7 décembre après la destitution de M. Castillo – avait tenté de faire baisser la pression en annonçant, dans la nuit de dimanche à lundi, qu’elle allait négocier « un accord (...) pour avancer les élections générales à avril 2024 », au lieu de 2026. Samedi, la nouvelle présidente avait formé un gouvernement au profil indépendant et technique avec un ancien procureur, Pedro Angulo, comme Premier ministre. Mais cela n’avait pas apaisé les tensions. Le gouvernement a déclaré lundi l’état d’urgence pour 60 jours dans sept provinces de la région d’Abancay (Sud). Les 26 préfets régionaux, nommés par le gouvernement de M. Castillo, ont été relevés lundi de leurs fonctions au motif qu’ils « incitaient à manifester ». Les manifestations se poursuivaient hier avec de nombreuses routes bloquées dans 13 régions, selon un bilan de la police.
Monde - Crise
La contestation perdure au Pérou, malgré une proposition d’élections anticipées
OLJ / le 14 décembre 2022 à 00h00


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