Un plan d’action en 13 points pour lutter contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) en Syrie a émergé suite à la deuxième conférence annuelle organisée par Legal Action Worldwide (LAW) et financée par l’Union européenne en soutien au mouvement de justice mené par les survivants en Syrie. La conférence, qui s’est tenue à Paris en octobre 2022, a rassemblé 44 survivants syriens et leurs alliés internationaux, qu’il s’agisse de défenseurs des droits de l’homme, d’organisations de défense des droits des femmes, de groupes de survivants ou de réseaux de détenus.
Le plan d’action, dont l’idée principale est que « la dignité n’est pas un bien qui peut être perdu, volé, gâché ou enlevé », identifie les actions nécessaires pour répondre aux besoins complexes et multiformes des survivants des VSBG. Lancé par 16 organisations de la société civile syrienne avec des partenaires internationaux, il a pour vocation de renforcer la réponse aux crimes et violations de genre alors que la crise syrienne entre dans sa douzième année. Il innove en s’attaquant au silence et au tabou qui entourent les VSBG, en attirant l’attention sur les liens entre elles et d’autres crimes répandus, tels que les disparitions forcées, et en abordant l’impact dévastateur de ces violences sur les victimes et les survivants, leur famille et leur communauté.
Les signataires du plan d’action soulignent que les VSBG ont été perpétrées par toutes les parties au conflit syrien, souvent de manière systématique et à grande échelle, et qu’elles continuent d’affecter les Syriens de tous âges et genres dans leur vie quotidienne. Le gouvernement syrien, en particulier, s’en sert pour terroriser les individus et les communautés perçus comme étant de l’opposition, pour miner la cohésion sociale, déplacer les populations et les déporter dans d’autres pays.
En réponse à cette situation, les 16 signataires du plan d’action ont lancé une plateforme efficace de plaidoyer, de justice et de services centrés sur les survivants. Ils ont établi des priorités claires pour répondre aux besoins immédiats de ceux-ci, notamment la création d’un système d’orientation et de soutien solide à l’intérieur de la Syrie et un soutien psychosocial à long terme pour les victimes et leur famille, sur le modèle de la prise en charge des victimes de guerre. Ce plan présente une vision alternative de la paix et de la reconstruction en Syrie, fondée sur l’inclusion et sur un cadre juridique tenant compte de la dimension de genre. Il propose également des mécanismes nouveaux et novateurs pour aider les survivants à reprendre le contrôle de leurs propres récits et expériences, tels que les tribunaux populaires, le plaidoyer et l’autonomisation féminine sous la forme de tribunaux de femmes.


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