Rechercher
Rechercher

Sport - Tennis

Gilles Simon se retire

À 37 ans, Gilles Simon, l’un des derniers membres de la génération dorée du tennis français, a décidé de ranger ses raquettes après sa défaite face à Auger-Aliassime, au Masters 1000 de Bercy.

Gilles Simon se retire

Gilles Simon (au centre) aux côtés de son fils Thimothée (à gauche) et de ses anciens entraîneurs (à droite) lors de la cérémonie organisée pour marquer la fin de ses 20 ans de carrière au Masters 1000 de Paris-Bercy à la suite de son dernier match contre le Canadien Félix Auger-Aliassime. Christophe Archambault/AFP

Cette fois, Gilles Simon a fini de jouer des tours à ses adversaires. Après un dernier tournoi épatant, qu’il a terminé à bout de forces, le maître tacticien du tennis français a tiré sa révérence jeudi, à 37 ans, en huitièmes de finale du Masters 1000 de Paris.

Après la défaite de Corentin Moutet (64e) face au n° 5 mondial Stefanos Tsitsipas 6-3, 7-6 (7/3) en soirée, il n’y a plus de Français en lice à Bercy.

« C’est terminé maintenant ! » a lancé Simon à son épouse et leurs deux fils lors d’une cérémonie en son honneur sur le court parisien, « heureux » de pouvoir leur faire cette promesse d’être désormais à leurs côtés et non plus continuellement en voyage.

Le n° 8 mondial Félix Auger-Aliassime, l’homme en forme du moment, restera le dernier joueur à avoir battu « Gilou » (6-1, 6-3), son ami, après deux semaines de bulle sanitaire passées ensemble en 2020.

De toutes ses forces, l’ex-n° 6 mondial tombé au 188e rang a repoussé le moment fatidique, en venant successivement à bout d’Andy Murray, ex-n° 1 mondial, et de Taylor Fritz, aux portes du top 10, lors des deux premiers tours. Mais il était à bout de souffle jeudi.

« Ce fut une aventure magique, merveilleuse et extraordinaire », avait-il écrit en mai quand il avait annoncé sa retraite prochaine. Devenu professionnel en 2002, Simon s’est évertué durant 21 saisons à compenser par une science du jeu et un sens tactique rares un physique plus fluet (1,83 m, 70 kg) que ses copains Mousquetaires (Monfils, Tsonga, Gasquet). Une génération dorée, eux qui sont tous nés entre 1984 et 1986, qui a hissé le tennis tricolore dans les plus hautes sphères du classement ATP (tous quatre pensionnaires du top 10) sans pour autant parvenir à décrocher la récompense suprême.

Il les a tous « fait dérailler »

De ce titre du Grand Chelem, derrière courent tous les joueurs français depuis la fameuse épopée de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983, Simon n’en a pas été le plus proche. Lui qui, comme tous les autres, s’est toujours fait barrer la route par un « Big 3 » qui a raflé 60 des 70 majeurs disputés depuis le premier titre de Nadal sur la terre battue parisienne en 2005.

Deux décennies de règne sans partage au cours duquel le Niçois aura tout de même fait un bon paquet de « perfs » : « On m’a toujours vu moins fort que ce que j’étais », estime-t-il avec son franc-parler dans une interview à l’AFP. « Je n’étais déjà pas celui qu’on imaginait en premier, ne serait-ce que dans les cent meilleurs joueurs du monde, alors encore moins dans les cinquante, les vingt, les dix... »

« L’endroit où j’ai été vu le moins fort, c’est chez nous », poursuit-il. « Dans les autres pays du monde, ils me trouvaient plus fort qu’ici. »

« En France, les gens ont été avertis que (Richard) Gasquet, (Jo-Wilfried) Tsonga, et (Gaël) Monfils allaient débouler. Simon, on ne les avait pas prévenus », ironisait-il dans L’Équipe en 2008, l’année où il a réalisé sa meilleure saison.

Sa régularité de métronome est pourtant venue à bout des plus grands, tant Roger Federer (deux fois), que Rafael Nadal et Novak Djokovic. Tous renversés au cours de cette saison 2008 conclue par une présence au Masters (où il a poussé Djokovic dans ses retranchements en demi-finale) et une place dans le top 10 (7e).

« Il a fait dérailler tous les joueurs », a salué Gasquet en début de semaine. « Parce qu’il ne faisait aucune faute. Il était très dur à jouer. Une grosse condition physique, il se servait de la puissance de l’adversaire, il courait beaucoup. »

« Jeune, à 12, 13, 14 ans, il n’avait pas forcément les meilleurs atouts. Mais, par la suite, ça a été un joueur très dur à manœuvrer pour tout le monde », a-t-il ajouté.

Jusqu’à s’offrir 14 titres en 22 finales (dont deux perdues en Masters 1000, à Madrid en 2008 et Shanghai en 2014). Un peu moins que Tsonga (18 en 30) et Gasquet (15 en 32), mais plus que Monfils (11 en 33).

« Tout ce que je pouvais »

C’est sur sa lancée de 2008 qu’il a atteint début 2009 son meilleur classement (6e), aux portes du top 5, et le premier de ses deux quarts de finale en Grand Chelem, à l’Open d’Australie.

Rentré progressivement dans le rang ensuite, mais encore aux portes du top 50 en 2020, Simon a de nouveau goûté à un quart de finale en Grand Chelem en 2015, à Wimbledon. Et s’est alors à nouveau invité, à 30 ans, dans le top 10, le temps de quatre semaines.

« C’est un joueur très intelligent, très bon tactiquement », avait alors complimenté Federer, son tombeur sur le gazon londonien. De quoi redorer le blason d’un joueur souvent taxé de laborieux tout au long de sa carrière.

C’est finalement son physique déclinant qui aura poussé vers la sortie ce maître à faire déjouer, à bientôt 38 ans. Au moment de faire ses adieux, exténué après trois tours à Bercy, il a aussi insisté sur le poids psychologique que cette retraite retirait de ses épaules. Depuis quelques années, quand il quittait le domicile familial pour partir en tournoi, « il n’y avait pas une fois où il n’y avait pas des larmes qui coulaient » sur les visages de ses fils Timothée et Valentin, également présents lors de la cérémonie.

« J’ai fait tout ce que je pouvais pendant longtemps. Mon corps a atteint ses limites », résumait-il. Sinon, « je jouerais vingt ans de plus », a souri jeudi celui qui restera à jamais un passionné du jeu.

G.B. avec AFP

Cette fois, Gilles Simon a fini de jouer des tours à ses adversaires. Après un dernier tournoi épatant, qu’il a terminé à bout de forces, le maître tacticien du tennis français a tiré sa révérence jeudi, à 37 ans, en huitièmes de finale du Masters 1000 de Paris.Après la défaite de Corentin Moutet (64e) face au n° 5 mondial Stefanos Tsitsipas 6-3, 7-6 (7/3) en soirée, il n’y a plus de Français en lice à Bercy.« C’est terminé maintenant ! » a lancé Simon à son épouse et leurs deux fils lors d’une cérémonie en son honneur sur le court parisien, « heureux » de pouvoir leur faire cette promesse d’être désormais à leurs côtés et non plus continuellement en voyage.Le n° 8 mondial Félix Auger-Aliassime, l’homme en forme du moment, restera le dernier joueur à avoir battu...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut