Un char ukrainien frappe des positions russes sur la ligne de front dans la région de Mykolaïv, le 2 novembre 2022. Valentyn Ogirenko/Reuters
Les États-Unis sont devenus « au fil des mois » de « plus en plus préoccupés » par l’éventualité d’une frappe nucléaire de la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine, a déclaré mercredi un conseiller de la Maison-Blanche.
« Nous surveillons cela du mieux que nous pouvons », a dit John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, organe rattaché au président américain Joe Biden. Il était interrogé, lors d’un entretien avec la presse, sur un article du New York Times selon lequel des militaires russes de haut rang auraient discuté récemment du moment et de la manière d’utiliser des armes nucléaires en Ukraine.
La Maison-Blanche a toutefois indiqué ne pas avoir d’indication de préparatifs concrets de la Russie en ce sens.
En effet, selon le New York Times, des responsables américains affirment que des chefs militaires russes ont discuté récemment de la possibilité d’utiliser une arme nucléaire tactique en Ukraine. Le président Vladimir Poutine n’a pas participé à ces échanges et aucun signe de préparatifs n’a été détecté, ont précisé ces sources anonymes.
Mais ces discussions, dont Washington a eu connaissance vers la mi-octobre, ont renforcé l’inquiétude dans les capitales occidentales, qui se demandent si les menaces du Kremlin peuvent se concrétiser, précise le quotidien.
Sans se prononcer sur la teneur de l’article, John Kirby a affirmé que les déclarations russes sur un possible usage de l’arme nucléaire étaient « très inquiétantes ». « Nous les prenons très au sérieux », mais « nous n’avons aucune indication que la Russie se prépare à en faire usage », a-t-il ajouté.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part jugé « irresponsable » que les médias occidentaux « gonflent délibérément le sujet des armes nucléaires ». Moscou n’a « pas la moindre intention de prendre part » à ce débat, a-t-il poursuivi.
La veille pourtant, l’ex-président russe et actuel numéro 2 du Conseil de sécurité Dmitri Medvedev avait une nouvelle fois invoqué l’arme nucléaire. La volonté ukrainienne de reprendre tous les territoires occupés, dont la Crimée ou le Donbass, « menace l’existence de notre État » et offre « un motif direct » pour faire usage « des moyens de dissuasion nucléaire », avait-il déclaré.
Confronté à une résistance ukrainienne tenace, alimentée par l’aide militaire occidentale, Vladimir Poutine avait lui-même fait une allusion à la bombe atomique dans un discours télévisé le 21 septembre. Il s’était dit prêt à utiliser « tous les moyens » dans son arsenal face à l’Occident, qu’il avait accusé de vouloir « détruire » la Russie. « Ce n’est pas du bluff », avait-il assuré.
Selon les experts, de telles attaques emploieraient probablement des armes nucléaires tactiques – plus petites en charge explosive qu’une arme nucléaire stratégique.
Risque d’un « Armageddon »
Joe Biden a récemment estimé que le monde était pour la première fois depuis la guerre froide confronté au risque d’un « Armageddon », c’est-à-dire d’une « apocalypse nucléaire ».
La « principale priorité » est d’éviter une guerre entre puissances nucléaires qui aurait des « conséquences catastrophiques », a déclaré mercredi la diplomatie russe. « Dans la situation difficile et turbulente que nous traversons, qui est le résultat d’actions irresponsables et éhontées visant à saper notre sécurité nationale, la principale priorité est de prévenir tout affrontement entre puissances nucléaires », a affirmé dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères. Si les pays occidentaux aidant l’Ukraine continuent de « se tenir au seuil d’un conflit armé direct (avec Moscou) et d’encourager les provocations avec des armes de destruction massive », cela pourrait avoir des « conséquences catastrophiques », a ajouté la diplomatie russe. « La Russie reste guidée par le principe selon lequel une guerre nucléaire, dans laquelle il ne peut y avoir de vainqueur, est inadmissible et ne doit jamais éclater », a souligné le ministère.
Sur un autre plan, la Corée du Nord « fournit de manière dissimulée une aide à la guerre de la Russie contre l’Ukraine », a par ailleurs accusé John Kirby. Il a évoqué un « nombre important » d’obus que la Corée du Nord expédie en « essayant de faire croire qu’ils sont envoyés au Moyen-Orient ou en Afrique ».
Sur le front, l’état-major ukrainien a rapporté mercredi des combats surtout dans l’Est et des bombardements sur 25 localités dans l’Est, le centre et le Sud. Le gouverneur de la région de Donetsk, dans l’Est, Pavlo Kyrylenko, a rapporté la mort de 4 civils ces dernières 24 heures. Des journalistes ont constaté d’importantes destructions dans le village de Bilozirka, sur le front de Kherson, dans le Sud, la capitale régionale où les forces russes fortifient leurs positions en vue d’un prochain assaut ukrainien. À Bilozirka, les forces russes tirent des salves depuis l’extrémité sud de la route, où elles sont retranchées depuis leur retrait de ce village au cours du mois de mars.
Source : AFP


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