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Sport - Football

Miracle à la nantaise

Comme face à l’Olympiakos, le FC Nantes a arraché la victoire dans les ultimes instants contre Qarabag (2-1) et préserve ses rêves de qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue Europa.

Miracle à la nantaise

L’effectif nantais célébrant sa victoire sur le fil (2-1) face à Qarabag avec ses supporters à l’issue de la 5e journée de la Ligue Europa, jeudi, au stade de la Beaujoire. Stephane Mahé/Reuters

Il y avait comme un air de déjà-vu jeudi soir à la Beaujoire. Dans ses habits de gala pour sa première campagne en Coupe d’Europe depuis deux décennies, le public nantais espérait un nouvel exploit de ses protégés alors que le chronomètre bascule dans le temps additionnel. Six minutes, c’est assez pour réitérer l’exploit d’Evann Guessand qui avait, un mois et demi auparavant, fait chavirer ce même stade en inscrivant sur le gong le but victorieux du 2-1 contre les Grecs de l’Olympiakos.

Mais malgré leurs grandes difficultés en championnat (15e avec seulement 11 points au compteur), les hommes d’Antoine Kombouaré montrent qu’ils sont capables de se transcender sur la scène européenne. Sèchement vaincus (3-0) quelques semaines plus tôt en Azerbaïdjan, ils ont cette fois affiché de bien meilleures intentions dès les premières minutes de la partie.

Exerçant un pressing tout terrain, les Canaris cherchent à pousser leurs adversaires à la faute. Une stratégie payante puisque dès la 16e minute de jeu, Pedro Chirivella, très actif au milieu de terrain, récupère aux 30 mètres une relance au pied plus qu’hasardeuse de Mahammadaliyev, le portier azéri, et en profite lancer Ludovic Blas qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score (1-0).

La magie de la Coupe d’Europe semblait à nouveau s’opérer jusqu’à ce penalty concédé par le gardien nantais, Alban Lafont, en début de seconde période transformé par Filip Ozobic (1-1, 56e). S’ensuivent de longues séquences d’attaque-défense au cours desquelles les Nantais jettent toutes leurs forces dans la bataille pour arracher les trois points de la victoire, impérative pour conserver une chance d’accrocher le deuxième place de leur groupe largement dominé par les Allemands de Fribourg.

Antoine Kombouaré avait bien annoncé que cette affiche contre Qarabag avait déjà tout d’une « finale ». Histoire peut-être de raviver la flamme au sein de son vestiaire, des travées de la Beaujoire, pleine comme un œuf, et de ses 31 000 supporters.

Toutefois, le technicien nantais avait bien noté que la priorité de la semaine serait le match de dimanche contre Clermont, tant les Canaris, à seulement deux longueurs de la zone de relégation, sont à la peine sur la scène domestique. Préférant laisser sur le banc plusieurs de ses cadres, ce dernier décide finalement de jouer son va-tout en lançant Ignatius Ganago dans le « money time » à la 80e minute.

Buteur lors de ses deux précédentes sorties, l’attaquant camerounais semble avoir retrouvé toute sa confiance au vu de ses nombreux appels virevoltants. Alors qu’il ne reste plus que quelques secondes au tableau d’affichage (90+5) les Nantais font littéralement le siège de la surface azérie. Et Ganago, campé dans les 16 mètres adverses, hérite d’un centre au petit bonheur la chance de Castelletto. Excentré sur la droite du but de Qarabag, il se retourne et décoche sans se poser de question une frappe croisée qui, grâce à l’aide du poteau, fait trembler les filets de Mahammadaliyev avant de faire exploser la Beaujoire et Brigade Loire qui n’attendait que ça.

Dans de nouvelles scènes de liesse, Nantes s’impose à nouveau sur le fil (2-1) et s’assure un avenir européen en février. Troisième du groupe, les Canaris ne peuvent plus être rejoint par l’Olympiakos et disputeront au moins les barrages de Ligue Europa Conférence. Mais ils sont surtout revenus à un point de Qarabag et peuvent encore décrocher la 2e place, synonyme de barrage contre un 3e de Ligue des Champions, en cas de victoire la semaine prochaine dans le Pirée et de faux pas des Azéris face à Fribourg.

Sabordage à la rennaise

Rennes est venu, a mené et a encore craqué. Devant au score pendant l’intégralité de la rencontre, au point de compter une avance de trois buts à la demi-heure de jeu, les Bretons ont finalement concédé le nul (3-3) à Istanbul sur le terrain de Fenerbahçe et laissent passer une chance de se qualifier directement pour les huitièmes de finale.

Les hommes de Bruno Genesio, qui ont sombré en seconde mi-temps dans un stade turc bouillant, pourront toutefois décrocher leur billet pour les 8es jeudi prochain au Roazhon Park face aux Chypriotes de Larnaca en fonction de l’issue de la rencontre entre le Dynamo Kiev et les Turcs de Fenerbahçe.

À défaut, ils joueront les barrages. Le match, aux airs de finale du groupe B, n’a pas mis longtemps à se lancer. Dès la cinquième minute, parfaitement servi dans la surface par Truffert, Gouiri propulsait le ballon sous la barre de Bayindir (0-1, 5e).

Cinq minutes plus tard, Majer jetait un froid dans le bouillant stade Sükrü Saracoglu en catapultant le ballon dans la lucarne du portier turc. Avant de stopper sa célébration en raison d’un hors-jeu détecté par la VAR.

Mais ce répit aura été de courte durée pour les Turcs. Martin Terrier, meilleur buteur rennais, doublait la mise du gauche une action plus tard sur une passe de Gouiri (0-2, 16e). Sur une parfaite action collective, le même Gouiri, servi dans la surface par Bourigeaud, reprenait la balle sans contrôle du droit (0-3, 30e).

Les hommes de Jorge Jesus, invaincus toutes compétitions confondues depuis fin août, reprenaient leur respiration peu avant la mi-temps. Sur un coup franc aux abords de la surface, Enner Valencia, laissé seul aux six mètres, crucifiait Mandanda d’une tête rageuse (1-3, 42e) et redonnait du suspense.

La seconde mi-temps offrit une toute autre partition, surtout après la sortie de Steve Mandanda à la 52e. Le gardien international français, remplacé par le Turc Dogan Alemdar, avait subi plusieurs contacts depuis le coup d’envoi. « Steve a ressenti une petite douleur à l’adducteur, et donc on a préféré ne pas prendre de risques », a expliqué Genesio lors de la conférence de presse d’après-match.

Sans leur expérimenté gardien, les hommes de Bruno Genesio ont subi, se faisant quelques frayeurs peu après les entrées de Michy Batshuayi et Emre Mor côté turc à l’heure de jeu, avec une grosse alerte dans leur surface à la 72e sur une frappe ratée de Valencia.

Alemdar a été contraint à une belle parade à la 80e minute sur une frappe en pivot de Batshuayi, avant d’être battu peu après sur un coup franc enroulée de Miha Zajc (2-3, 82e).

Les Stambouliotes, dans un stade survolté, revenaient finalement au score sur un but d’Emre Mor d’une frappe du gauche (3-3, 88e), relançant le suspense pour la tête du groupe B.

« Pour le moment, “Fener” est devant, ils ont donc leur destin entre leurs pieds mais il n’y a qu’un seul but d’écart donc tout sera possible sur le dernier match », a ajouté Genesio, déjà tourné vers l’ultime journée de la phase de groupes.

Ronaldo, mission réconciliation

Dans les autres affiches de la soirée, les gros calibres ont assuré, non sans difficulté, leurs tickets pour les phases finales. Grâce à un but de Cristiano Ronaldo, de retour dans le groupe mancunien après sa mise à l’écart, Manchester United est venu à bout des Moldaves du Shériff Tiraspol (3-0) à Old Trafford et assure sa deuxième place derrière la Real Sociedad.

Sur la pelouse synthétique des Finlandais de l’HJK, l’AS Roma de José Mourinho s’en est remise aux coups de pieds arrêtés pour revenir dans la course au sein d’un groupe dominé par le Bétis Séville (1er avec 13 unités). Grâce à une jolie tête décroisée de l’Anglais Tammy Abraham (41e) et un but contre son camp d’un défenseur finlandais sur une frappe d’El Shaarawy, la Louve s’impose (1-2) et revient à hauteur des Bulgares de Ludogorets, 2e avec 7 points.

Déjà qualifiés, les Gunners d’Arsenal ont été surpris par le PSV Eindoven et se sont inclinés (2-0) aux Pays-Bas. Les Londoniens restent en tête avec 12 points mais sont désormais talonnés par les Hollandais qui reviennent à 2 unités. Tout se jouera lors de l’ultime journée qui se disputera jeudi prochain.

G.B. avec AFP

Il y avait comme un air de déjà-vu jeudi soir à la Beaujoire. Dans ses habits de gala pour sa première campagne en Coupe d’Europe depuis deux décennies, le public nantais espérait un nouvel exploit de ses protégés alors que le chronomètre bascule dans le temps additionnel. Six minutes, c’est assez pour réitérer l’exploit d’Evann Guessand qui avait, un mois et demi auparavant, fait chavirer ce même stade en inscrivant sur le gong le but victorieux du 2-1 contre les Grecs de l’Olympiakos.Mais malgré leurs grandes difficultés en championnat (15e avec seulement 11 points au compteur), les hommes d’Antoine Kombouaré montrent qu’ils sont capables de se transcender sur la scène européenne. Sèchement vaincus (3-0) quelques semaines plus tôt en Azerbaïdjan, ils ont cette fois affiché de bien meilleures...
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