Le défenseur français du Bayern Munich Dayot Upamecano (à gauche) s’opposant à l’attaquant barcelonais (à droite) Robert Lewandowski lors de la nouvelle démonstration de force (0-3) des Bavarois sur la pelouse du Camp Nou pour le compte de la 5e journée du groupe C de la Ligue des champions. Pau Barrena/AFP
On prend les mêmes et on recommence. Du moins, c’est ce que l’on pourrait croire en jetant un œil au tableau d’affichage à l’issue de cette cinquième défaite en autant de rencontres pour le FC Barcelone. Incapables d’inquiéter un Bayern Munich sûr de sa force, les Catalans pensaient pourtant être mieux armés à l’abord de cette nouvelle double confrontation, eux qui étaient parvenus à rafler le meilleur atout offensif des Bavarois l’été dernier en la personne de Robert Lewandowski.
« Il faut affronter la réalité »
Mais comme à chaque fois que leurs routes se sont croisées ces trois dernières années, il n’y a pas eu photo. Malgré les encouragements permanents de leurs supporters, venus en nombre les soutenir au Camp Nou (84 016 personnes) malgré une élimination déjà actée (depuis la défaite 4-0 du Viktoria Plzen sur la pelouse de l’Inter Milan quelques heures plus tôt), les hommes de Xavi n’ont même pas réussi à sauver les apparences face à l’ogre bavarois, triple fossoyeur du Barça en 2020, 2021 et 2022.
Pour grossir le trait, on pourrait mentionner le cumul des scores de ces cinq dernières confrontations et cet écrasant 19-2 en faveur des Allemands. Ce total ô combien éloquent suffit pour symboliser le profond déclassement que connaissent les Blaugranas sur la scène européenne depuis plusieurs saisons. Une Ligue des champions qu’ils quittent encore prématurément, dès la phase de poules, pour le seconde fois consécutive et qu’ils regarderont depuis l’étage inférieur, celui de la Ligue Europa. Cette contre-performance fait d’autant plus tache dans l’histoire du FC Barcelone qu’elle est inédite au XXIe siècle. Il faut en effet remonter 34 ans en arrière et aux saisons 1986-1987 et 1987-1988 pour trouver la trace d’une aussi longue absence du prestigieux club catalan en huitièmes de finale de la C1, compétition qu’il n’a plus remportée depuis 2015.
« Maintenant, on va déconnecter de la Ligue des champions, a asséné Xavi en conférence de presse. Il faut affronter la réalité. J’avais déjà dit qu’on devait grandir, que c’est à base de désillusions que l’on grandit, et aujourd’hui, ça a été une vraie désillusion. On n’a pas rivalisé, on n’a pas été à leur niveau. Ils ont été très bons, bien meilleurs que nous, plus intenses », a analysé le technicien catalan qui a observé impuissant depuis le bord du terrain la nouvelle débâcle subie par ses joueurs.
« UEFA mafia »
L’incontestable supériorité des Munichois n’a d’ailleurs pas pris beaucoup de temps à se manifester. Sadio Mané, justement recruté pour pallier le départ de Lewandowski vers la Catalogne, a été le premier à se mettre en évidence en ouvrant la marque dès la 10e minute, servi en profondeur par Serge Gnabry. Contrairement à son homologue polonais, très peu en vue sur ces deux matchs face à ses anciens coéquipiers, le Sénégalais a une nouvelle fois justifié sa récente place sur le podium du Ballon d’or. Après une première tentative bloquée par Marc-André ter Stegen, Eric-Maxim Choupo-Moting parvient lors de son second face-à-face avec le portier allemand à lui glisser le ballon entre les jambes pour le 2-0 à la 31e, décalé encore une fois par Gnabry.
Les visages déconfits des joueurs blaugranas, à l’échauffement, en disaient déjà long sur leur état d’esprit avant de débuter ce match expiatoire. Les Catalans ont bien cru sauver les meubles juste avant la pause lorsqu’ils croyaient avoir obtenu un pénalty après l’accrochage dans la surface de Matthijs de Ligt sur Lewandowski. Mais après avoir visionné les images sur appel de la VAR, l’arbitre finit par se rétracter et annule sa décision.
Un retournement de situation qui provoque l’ire des supporters. « L’UEFA est une mafia », entonne alors le Camp Nou pendant que joueurs et arbitres regagnent les vestiaires. S’il est vrai que les Blaugranas ont été peu avantagés par les décisions arbitrales lors de cette campagne 2022, la scène demeure toutefois quelque peu cocasse tant ces derniers ont pu bénéficier de la clémence du corps arbitral à leur égard par le passé (les supporters du PSG et de Chelsea ne diront pas le contraire).
Au terme d’un second acte particulièrement terne, où les Barcelonais n’auront que trop rarement inquiété Sven Ulreïch et l’arrière-garde bavaroise, c’est Benjamin Pavard qui, à la 95e minute, vient sceller la démonstration du Bayern en reprenant (au second poteau bien sûr) une reprise dévissée de Gnabry sur l’ultime corner du match.
3-0, score final. Grâce à ce succès, le Bayern s’assure la première place du groupe C devant l’Inter, ce qui lui promet un tirage plus favorable pour le tour suivant. Le Barça, lui, devra se contenter d’une funeste 3e place synonyme de billet direct pour la Ligue Europa, avant un dernier déplacement sur le terrain du Viktoria Plzen, pour du beurre.
C’est donc sur cette triste prestation que le Camp Nou a dit adieu à la Ligue des champions. Et ce pour au moins deux ans, en raison des travaux de rénovation du plus grand stade d’Europe, les Catalans disputeront leurs matchs à domicile de la saison 2023-2024 au Stade olympique de Montjuïc.
L’OM rechute à Francfort
L’embellie n’aura pas duré longtemps sur la Canebière. Après deux victoires de rang face au Sporting Portugal, les Marseillais ont de nouveau été battus par Francfort (2-1) et devront compter sur un exploit mardi prochain à domicile contre Tottenham pour arracher leur qualification.
Dans cet illisible groupe D (le seul qui ne compte aucun qualifié) où chacun, tour à tour, s’est vu leader, s’est imaginé qualifié avant de replonger, mais jamais assez pour cesser d’y croire, tout se jouera donc dans une semaine.
À l’aune de cette 6e journée décisive, l’OM est bon dernier de sa poule avec 6 unités au compteur. Toutefois, une victoire contre Tottenham, pas particulièrement fringant en ce moment, l’enverrait en 8es de finale. Avec un match nul, les Olympiens garderaient une chance d’aller en Ligue Europa, si Francfort bat le Sporting.
Mais avant de parler de succès et de printemps européen, l’OM va devoir se remettre dans le sens de la marche. Car l’équipe d’Igor Tudor a totalement égaré sa boussole et reste sur quatre défaites lors de ses cinq dernières sorties.
Dans la magnifique ambiance de Francfort, bienvenue après les très graves incidents du match aller, c’est par son arrière-garde que Marseille a sombré, alors qu’on ne parlait que de sa stérilité offensive des dernières semaines.
Samedi encore face à Lens (défaite 1-0), les Marseillais avaient été bons mais inefficaces, et Tudor avait assuré qu’en reproduisant ce genre de performance, l’OM gagnerait « presque tous » ses matchs. C’est sans doute vrai, mais en jouant comme elle l’a fait pendant la première demi-heure à Francfort, son équipe risque aussi d’en perdre quelques-uns.
Car c’est un étonnant mélange de fébrilité et de fragilité que Marseille a exposé mercredi en Allemagne, où son pressing n’a pas fonctionné et a laissé la défense très exposée, le milieu ne filtrant rien. Dès la 3e minute, Harit et Clauss se sont ainsi fait éliminer à droite et Francfort a percé plein axe, où Gigot a été pris par la feinte de Lenz et n’a pas pu stopper Kamada, qui ne s’est pas fait prier pour tromper Pau Lopez d’un plat du pied au ras du poteau (1-0).
Dogmatisme tactique
Götze de la tête (15e) puis Lenz après une invraisemblable bourde de Balerdi (19e) auraient ensuite pu assommer l’OM, qui était alors en grande souffrance face aux joueurs offensifs de Francfort, systématiquement libres entre les lignes. Mais sur son premier enchaînement de qualité, Guendouzi reprend d’une belle volée un centre tout aussi remarquable de Mbemba et permet aux siens de revenir à hauteur (1-1, 22e).
Aussitôt revenus au score, les Phocéens sont rapidement retombés dans leurs travers, piégés par un nouveau défaut de filtrage au milieu qui a abouti à un petit jeu à deux entre Götze et Kolo Muani, qui a remis Francfort devant (2-1, 27e).
Marseille est encore parvenu à se créer quelques situations, avec un sauvetage in extremis de Smolcic devant Sanchez (30e) ou un bel arrêt de Trapp sur une volée de Harit (45e). Ce fut également le cas après la pause, comme sur ce beau coup franc excentré de Sanchez sorti par Trapp (59e). Mais la production offensive fut bien trop maigre pour arracher le match nul, qui n’aurait pas fondamentalement changé sa position dans la poule D, mais lui aurait sans doute redonné un peu de la confiance perdue.
Semblant enfermé dans son système de jeu en 3-5-2, Igor Tudor s’est une nouvelle fois passé des services de Dimitri Payet ou du Brésilien Gerson, les deux leaders techniques de la formation de Jorge Sampaoli la saison passée, qui ont, une fois n’est pas coutume, ciré le banc sans entrer en jeu. Des choix, comme la sortie à l’heure de jeu du buteur Guendouzi, qui laissent dubitatifs au vu du faible apport des entrants Under ou Suarez, plus que décevants.
Incapables de se créer à eux seuls des occasions franches, Sanchez et Harit ont une nouvelle fois paru bien esseulés sur le front de l’attaque marseillaise. Et on peine à comprendre ce que l’entrée d’un pur technicien comme Payet pourrait faire de mal à l’animation offensive olympienne, qui peine toujours autant à servir ses atouts offensifs dans de bonnes conditions.
Toujours aussi confiant dans son schéma tactique, qu’il ne semble pas prêt de réajuster, Tudor s’est voulu confiant à l’issue de la rencontre. Prêt à mourir avec ses idées de jeu, l’entraîneur croate a félicité ses hommes pour leur attitude et leur débauche d’énergie sur le terrain et a déjà donné rendez-vous au public marseillais pour la « finale » de mardi prochain face à Tottenham.
« Ça peut être très beau », a également estimé Valentin Rongier. Cela va surtout être très compliqué, mais l’OM peut rêver d’exploit face à des Spurs tenus en échec (1-1) sur leur pelouse par le Sporting Portugal.
Après avoir concédé l’ouverture du score sur un but de Marcus Edwards (22e) pour les Lisboètes, les hommes d’Antonio Conte croyaient avoir complètement renversé la vapeur en fin de match en égalisant à la 80e par l’intermédiaire de Bentancur (80e), avant de basculer dans l’euphorie la plus totale lorsque Harry Kane trompait Antonio Adnan à bout portant au bout du bout du temps additionnel (90+5). Mais après quatre longues minutes de vérification, la VAR invalidait le but au bout du suspens pour un hors-jeu millimétré de l’attaquant anglais sur la remise de la tête d’Emerson.
L’Atletico rate le coche
Un dénouement plein de dramaturgie qui a plongé le coach italien de Tottenham dans une telle colère qu’il n’a pu s’empêcher de tendre le bâton pour se faire expulser. Mais cette fin de match n’a même pas été la plus rocambolesque de la soirée.
Également tenu en échec (2-2) par le Bayer Leverkusen dans les ultimes instants de la partie au Wanda Metropolitan, l’Atletico Madrid, qui était dans l’obligation de s’imposer pour se maintenir dans la course à la qualification, s’est vu auréolé d’un pénalty plus que généreux dans le temps additionnel. Déjà buteur (1-1, 22e), le Belge Yannick Carrasco décidait de prendre ses responsabilités au moment de s’avancer pour frapper ce pénalty en or (90e+9).
Mais Lukas Hradecky, le gardien du club allemand, repoussait sa tentative avant que la barre transversale ne renvoie la tête de Saul Niguez et que Carrasco ne contre à son insu la reprise de Griezmann qui semblait prendre le chemin des filets.
Les Colchoneros doivent même espérer que leurs adversaires du soir ne feront pas mieux qu’eux lors de la dernière journée pour ne pas être complètement éliminés de toute compétition européenne. Les Rojiblancos joueront la semaine prochaine pour une place en C3 sur le terrain des Portugais du FC Porto, faciles tombeurs du leader du groupe B, le Club Bruges (0-4), en Belgique.
D’ores et déjà qualifiés pour les phases à élimination directe de la C1, ces deux dernières écuries rejoignent ainsi le Napoli, qui a confirmé sa première place au terme d’une nouvelle démonstration (3-0) face aux Glasgow Rangers, et Liverpool, seconds du groupe A et larges vainqueurs de l’Ajax Amsterdam (0-3).
Les résultats de la 5e journée :
Groupe A
Ajax Amsterdam 0-3 Liverpool
Naples 3-0 Glasgow Rangers
Groupe B
Atlético Madrid 2-2 Bayer Leverkusen
Club Bruges 0-4 Porto
Groupe C
FC Barcelone 0-3 Bayern Munich
Inter Milan 4-0 Viktoria Plzen
Groupe D
Eintracht Francfort 2-1 Marseille
Tottenham 1-1 Sporting Portugal.


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