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Monde - Italie

La postfasciste Meloni prend ses fonctions

La dirigeante du parti Fratelli d’Italia est la première femme à gouverner la troisième économie de la zone euro.

La postfasciste Meloni prend ses fonctions

Giorgia Meloni montrant la clochette utilisée par le président du Conseil pour réguler les débats en Conseil des ministres. Andreas Solaro/AFP

Une page historique se tourne en Italie : la postfasciste Giorgia Meloni, première femme à diriger la troisième économie de la zone euro, a pris ses fonctions dimanche, appelant son gouvernement à « rester uni ».

« Nous devons être unis, il y a des urgences auxquelles le pays doit faire face. Nous devons travailler ensemble », a-t-elle déclaré à l’issue du premier Conseil des ministres, qui a duré environ 30 minutes, sur fond de tensions avec Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, membres de sa coalition.

Dimanche matin, Mme Meloni s’était vu remettre par Mario Draghi, Premier ministre sortant très apprécié sur la scène internationale, la clochette utilisée par le président du Conseil pour réguler les débats en Conseil des ministres, après un tête-à-tête de plus d’une heure au palais Chigi, siège du gouvernement à Rome.

Un siècle après l’arrivée au pouvoir de Mussolini, cette ex-admiratrice du Duce a ainsi pris la tête du gouvernement le plus à droite du pays depuis la naissance de la République en 1946.

Samedi, l’Union européenne, inquiète face à l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en Italie, pays fondateur de l’Europe, du chef de gouvernement le plus eurosceptique depuis la Seconde Guerre mondiale, s’est dit prête à « coopérer » avec le gouvernement Meloni.

Les trois grandes institutions de l’UE l’ont félicitée : Ursula von der Leyen pour la Commission européenne, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente du Parlement européen Roberta Metsola. Mme Meloni les a aussitôt remerciés, se disant « prête et impatiente de travailler ensemble ».

Dette et inflation

« Aujourd’hui, aux débuts d’un nouveau gouvernement, nous prions pour l’unité et la paix de l’Italie », a de son côté déclaré le pape François à l’issue de sa traditionnelle prière dominicale place Saint-Pierre.

C’est samedi au palais romain du Quirinal que Mme Meloni, benjamine de ce gouvernement, et ses 24 ministres – dont seulement six femmes – ont « juré de respecter la Constitution et les lois » devant le président Sergio Mattarella. La Romaine de 45 ans, qui a remporté une victoire historique aux législatives du 25 septembre, a réussi à rendre respectable son parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) pour accéder au pouvoir.

Elle dispose avec ses partenaires de coalition, le dirigeant populiste de la Ligue antimigrants Matteo Salvini et le chef déclinant de Forza Italia Silvio Berlusconi, de la majorité absolue tant à la Chambre des députés qu’au Sénat.

De nombreux défis l’attendent, essentiellement économiques, à commencer par l’inflation et la dette dont le ratio est le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

La composition du nouveau gouvernement reflète le désir de rassurer les partenaires de Rome. L’ex-président du Parlement européen Antonio Tajani a été nommé aux Affaires étrangères, avec le titre de vice-

Premier ministre, tandis que Giancarlo Giorgetti, un représentant de l’aile modérée de la Ligue, déjà ministre dans le gouvernement sortant de Mario Draghi, hérite du portefeuille de l’Économie. Quant au ministre de l’Énergie de Mario Draghi, Roberto Cingolani, il restera conseiller du gouvernement.

Vous n’êtes pas seul

La tâche de Mme Meloni s’annonce des plus ardues alors que sa coalition montre déjà des fissures. MM. Salvini et Berlusconi renâclent à accepter l’autorité de Giorgia Meloni, dont le parti a remporté 26 % des voix aux élections, contre 8 % pour Forza Italia et 9 % pour la Ligue.

Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l’Ukraine face à la Russie, Mme Meloni a dû affronter cette semaine les propos polémiques de M. Berlusconi, qui a affirmé avoir « renoué » avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre. Mme Meloni a rectifié le tir en affirmant que l’Italie fait « pleinement partie et la tête haute » de l’Europe et de l’OTAN.

Un message bien reçu à Washington, Kiev et à l’OTAN dont le secrétaire général Jens Stoltenberg a adressé ses « félicitations » à Mme Meloni. Le président américain Joe Biden a dit samedi avoir « hâte » de travailler avec elle.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit « impatient de continuer la coopération fructueuse ». « Vous n’êtes pas seul ! » lui a répondu Mme Meloni : « L’Italie sera toujours aux côtés du courageux peuple ukrainien qui se bat pour sa liberté et une paix légitime ».

Tandis que l’extrême droite et les conservateurs européens se réjouissaient d’un jour « historique », le chancelier allemand Olaf Scholz a félicité Giorgia Meloni en italien.

Olivier Véran, porte-parole du gouvernement français, a laissé ouverte dimanche la possibilité d’une rencontre entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni au cours du déplacement à Rome et au Vatican du président français. « Rien n’est exclu à l’heure à laquelle je vous parle », a-t-il répété : « Il se rend au Vatican pour rencontrer le pape (...). S’il y a lieu qu’il rencontre la Première ministre, c’est à lui de le décider, et si les conditions ne sont pas réunies, ce sera pour une autre fois. » M. Macron s’était dit vendredi « prêt à travailler » avec Mme Meloni.

Source : AFP

Une page historique se tourne en Italie : la postfasciste Giorgia Meloni, première femme à diriger la troisième économie de la zone euro, a pris ses fonctions dimanche, appelant son gouvernement à « rester uni ».« Nous devons être unis, il y a des urgences auxquelles le pays doit faire face. Nous devons travailler ensemble », a-t-elle déclaré à l’issue du premier Conseil des ministres, qui a duré environ 30 minutes, sur fond de tensions avec Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, membres de sa coalition.Dimanche matin, Mme Meloni s’était vu remettre par Mario Draghi, Premier ministre sortant très apprécié sur la scène internationale, la clochette utilisée par le président du Conseil pour réguler les débats en Conseil des ministres, après un tête-à-tête de plus d’une heure au palais...
commentaires (1)

Je ne comprends pas très bien pourquoi on la qualifie toujours de "post-fasciste". Logiquement, cette expression devrait signifier "qui vient après le fascisme". Dans ce cas, tous les premiers ministres venus après Mussolini sont "post-fascistes". Que l'on m'explique!

Yves Prevost

07 h 25, le 24 octobre 2022

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Commentaires (1)

  • Je ne comprends pas très bien pourquoi on la qualifie toujours de "post-fasciste". Logiquement, cette expression devrait signifier "qui vient après le fascisme". Dans ce cas, tous les premiers ministres venus après Mussolini sont "post-fascistes". Que l'on m'explique!

    Yves Prevost

    07 h 25, le 24 octobre 2022

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