Kylian Mbappé, Lionel Messi et Neymar célébrant le but inscrit par le Brésilien (au centre de l’image), le seul de la rencontre lors du succès du PSG face à l’OM au Parc des Princes dimanche. Franck Fife/AFP
Paris s’offre un peu de répit. À l’issue d’une semaine mouvementée marquée par les affaires et les états d’âme de Kylian Mbappé, le PSG a fait le travail sur le terrain en dominant, sans trop forcer, son grand rival marseillais (1-0) dans un « Classique » du championnat de France fidèle à ceux des dernières années.
Les hommes de Christophe Galtier, toujours invaincus toutes compétitions confondues, restent ainsi seuls à la première place du classement et en profitent pour reléguer l’OM à six longueurs. Mais le plus important pour les joueurs de la capitale étaient surtout d’éloigner les mauvaises ondes après une avalanche de révélations embarrassantes durant les derniers jours.
Entre les envies de départ supposées de Mbappé, cinq mois à peine après une prolongation annoncée en grande pompe jusqu’en 2025, et la divulgation par Mediapart de la mise en place par le club d’une « armée numérique » sur Twitter, le PSG a vécu des jours agités juste avant de recevoir son ennemi de toujours.
Les conditions étaient donc loin d’être idéales pour préparer ce choc face à une formation marseillaise ragaillardie par ses deux victoires en Ligue des champions contre le Sporting Portugal (4-1, 2-0). La pression était donc énorme sur les épaules des Parisiens, avec le risque de sombrer dans une crise en cas de défaite.
Mbappé, de passeur à démineur
Pour la 25e fois lors de leurs 26 dernières confrontations, le PSG n’a pas fait de cadeau à son rival olympien. Vainqueurs une seule fois (en septembre 2020) du club de la capitale depuis son passage sous pavillon qatari, les Marseillais ont tenu la comparaison pendant 45 minutes, avant d’être punis sur une erreur individuelle, que les Parisiens n’ont pas manqué de sanctionner.
Après trois nuls d’affilée sans saveur, ce 34e succès du PSG dans un Classique en L1 s’est construit juste avant la pause et comme un symbole, c’est Neymar, servi par Mbappé, qui a fait la différence (45e+2), inscrivant son 9e but en championnat pour rejoindre le Lillois Jonathan David en tête du classement des meilleurs artificiers de L1.
Pour couronner le tout, Mbappé s’est invité en zone mixte pour démentir auprès des journalistes avoir réclamé son transfert le plus rapidement possible. « Je n’ai jamais demandé mon départ en janvier. Je ne suis impliqué ni de près ni de loin dans cette info. Je ne l’ai pas comprise, j’étais autant choqué que tout le monde », a-t-il lâché pour tenter d’éteindre un incendie qui menaçait de gagner tous les étages du club.
Sans être resplendissante dans le jeu, à l’image de ses productions récentes très moyennes, l’escouade de Christophe Galtier a eu le mérite de ne pas craquer psychologiquement malgré un contexte pesant. L’exclusion de Samuel Gigot, pour une faute grossière sur Neymar (72e), lui a également facilité la tâche afin de tenir le résultat en fin de rencontre.
Si Igor Tudor avait aligné son équipe-type, avec Amine Harit et Alexis Sanchez sur le front de l’attaque, Galtier a dû bricoler en défense avec les absences de Presnel Kimpembe (blessé), de Sergio Ramos (suspendu) et de Nuno Mendes (blessé), abandonnant son 3-4-3 fétiche depuis le début de saison pour un passage inédit au 4-3-3.
La sortie sur blessure rapide de Danilo et l’entrée de Nordi Mukiele en défense (24e) n’ont pas trop déstabilisé la formation parisienne, qui a en revanche pu compter sur le retour de Lionel Messi, remis de ses pépins au mollet.
L’Argentin a été de loin le plus actif du trident offensif. Après plusieurs tentatives arrêtées par Pau Lopez (3e, 4e, 29e), il a ensuite fait trembler la barre du portier marseillais d’un coup franc aussi surpuissant qu’imparable (35e). Même s’il n’a pas fait la différence comme il avait l’habitude de le faire avec le FC Barcelone au cours des nombreux clasicos disputés face au Real Madrid, il a été précieux par sa qualité technique et sa vista.
Très sollicité tout au long de la rencontre, Pau Lopez a fait de son mieux pour retarder l’échéance devant Mbappé (20e, 28e) et même Marco Verratti (60e) alors que Gianluigi Donnarumma a eu moins de travail, hormis sur des tentatives de Nuno Tavares (32e), de Chancel Mbemba (39e) et de Jonathan Clauss (52e).
S’ils avaient pu bénéficier d’un penalty sur l’intervention litigieuse de Juan Bernat sur Jonathan Clauss (52e) ou après une main dans la surface de Mukiele (60e) les Phocéens n’ont que trop rarement été en position de renverser la vapeur dans un second acte bien moins intense que le précédent.
Mbappé, au centre de toutes les affaires durant la semaine, n’a, lui, pas paru déstabilisé outre mesure même si sa prestation a été inégale, en dépit de sa passe décisive pour Neymar. Mais son geste le plus important aura surtout été ce démenti effectué à l’issue de la rencontre.
G.B. avec AFP


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef