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Dernières Infos - Troisième anniversaire de la "thaoura"

Des manifestants expriment leur déception lors de la manifestation à Beyrouth

Des manifestants expriment leur déception lors de la manifestation à Beyrouth

Le "poing de la révolution" installé à nouveau sur la place des Martyrs, le 17 octobre 2022 à Beyrouth. Photo Joao Sousa

Des dizaines de personnes ont manifesté lundi sur la place des Martyrs dans le centre-ville de Beyrouth pour commémorer le troisième anniversaire des manifestations nationales du 17 octobre, connues sous l'appellation de "thaoura" (révolution, en arabe), selon notre journaliste sur place Lyana Alameddine.

Comme l'an dernier, le nombre de manifestants aujourd'hui était modeste et non comparable aux manifestations massives qui ont eu lieu il y a trois ans.

Mohamad, 17 ans, résident de Beyrouth, semble déçu du peu d'ampleur de la participation. "Il y a trois ans, le premier jour, nous étions tous ensemble dans la rue. Depuis, les gens se sont tournés vers leurs zaïms (chefs), vers le communautarisme", regrette-t-il, dans des propos accordés à notre journaliste. "C'est vraiment triste quand on se souvient des premiers jours", ajoute-t-il.

Le 17 octobre 2019, des manifestations sans précédent ont éclaté au Liban, dénonçant la classe politique au pouvoir. Les rassemblements à travers le pays se sont poursuivies pendant plusieurs mois.

Maggie Nenedjian, 39 ans, journaliste et humanitaire à l'ONG Dafa, dirigée par la députée Paula Yacoubian, qui fait partie des 13 députés issues de la contestation populaire, a déclaré à L'Orient-Le Jour : "Nous avons treize députés qui nous représentent, j'espère que nous en aurons plus aux prochaines élections. La thaoura n'est pas morte. Nous n'avons pas besoin d'être dans la rue pour être rebelles, nous pouvons nous rebeller au sein même de la société".

Concernant l'élection d'un nouveau président, le mandat du président Michel Aoun prenant fin le 31 octobre, Maggie Nenedjian a espéré que le nouveau président "sera à l'image de son peuple".

Parmi les manifestants présents sur la place des Martyrs se trouve Sali Hafez, qui a braqué le mois dernier sa propre banque à Achrafieh, armée d'un pistolet factice. Elle avait déclaré que son action visait à obtenir des fonds pour sa sœur, Nancy, atteinte d'un cancer. Les banques libanaises avaient été prises pour cible lors des manifestations du 17 octobre 2019 après avoir imposé un contrôle illégal des capitaux sur les dépôts de la plupart des Libanais tout en permettant le transfert de milliards de dollars à l'étranger pour très peu de comptes, y compris ceux de politiciens de haut rang.

Mohammad al-Bay, un ancien détenu résident de Tripoli qui a été accusé par le tribunal militaire d'être un terroriste, a affirmé à L'Orient-Le Jour que "le Liban est toujours divisé, mais la thaoura n'est pas morte".

Vers 17h30, les manifestants ont observé une minute de silence à la mémoire des "martyrs du 17 octobre", et se sont ensuite dirigés vers le Parlement, situé sur la place de l'Etoile voisine. Un porte-parole a lu un communiqué au nom des manifestants.

Une deuxième manifestation est prévue jeudi et devrait coïncider avec la réunion des députés pour une troisième session parlementaire visant à élire un nouveau chef de l'Etat.

Des dizaines de personnes ont manifesté lundi sur la place des Martyrs dans le centre-ville de Beyrouth pour commémorer le troisième anniversaire des manifestations nationales du 17 octobre, connues sous l'appellation de "thaoura" (révolution, en arabe), selon notre journaliste sur place Lyana Alameddine.Comme l'an dernier, le nombre de manifestants aujourd'hui était modeste et non...