L’Anglaise Marlie Packer plaquée par la défense de l’équipe de France lors du second match de la poule C sur la pelouse de l’Okara Park de Whangarei, en Nouvelle-Zélande, où se déroule le Mondial de rugby. David Rowland/Reuters
Les Bleues résistent et prouvent qu’elles existent. Après leur large victoire inaugurale contre l’Afrique du Sud (40-5), les joueuses tricolores ont été portées samedi par leur troisième ligne Marjorie Mayans (24 plaquages au total, dont 17 en première période), impeccable pour sa 50e sélection, face à des « Red Roses » qui sont malgré tout parvenues à enchaîner leur 27e succès d’affilée, un record.
C’est la centre anglaise Emily Scarratt qui a marqué tous les points de son équipe (un essai, une transformation, deux pénalités), alors que les Françaises ont signé un essai par Gaëlle Hermet, transformé par Caroline Drouin.
En livrant un énorme combat, physiquement comme défensivement, exemplaires dans leur état d’esprit, les Bleues, menées 10 à 0 à la pause, ont certes subi mais n’ont pas fléchi face aux grandissimes favorites de la compétition, premières au classement mondial.
Cette défaite, la onzième d’affilée face à l’Angleterre, est cependant de bon augure pour la suite du Mondial, qui verra les Bleues affronter les Fidjiennes lors du dernier match de la poule C samedi prochain.
Pourtant, les coéquipières de Céline Ferer, désignée capitaine pour la seconde fois, auraient pu très vite céder à la panique après les sorties prématurées de deux de ses joueuses-clés, Laure Sansus et Romane Ménager.
Défense intraitable
Touchée au genou gauche dès la 12e minute, la demie de mêlée du Stade toulousain, meilleure joueuse du dernier tournoi des Six Nations, a été remplacée avec brio par Pauline Bourdon.
Quant à la troisième ligne de Montpellier, K.-O. après un plaquage, elle a dû quitter le terrain cinq minutes plus tard, et c’est Gaëlle Hermet, déplacée en numéro 6, qui est entrée, avant de réaliser elle aussi un match plein (17 plaquages notamment).
Malgré ces deux coups durs, les Françaises ne se sont pas démontées, affichant une solidarité exemplaire. La possession (68 % sur l’ensemble du match) et l’occupation (70 %) anglaises ont cependant fini par payer, avec un essai, à la suite d’une passe croisée, de la centre Emily Scarratt, transformé par ses soins (7-0, 24e).
La défense tricolore, intraitable, a continué son œuvre infatigable (214 plaquages, dont 127 en première période, contre 74 pour les Anglaises), déjouant les attaques des « Red Roses », déstabilisées au point de tenter – et de réussir – une pénalité au lieu de taper en touche comme à leur habitude, juste avant la mi-temps (10-0, 39e).
Au retour des vestiaires, alors que les Bleues ont poursuivi leurs efforts défensifs jusqu’à faire déjouer leurs adversaires, les Anglaises, échouant à deux reprises à marquer, ont commencé à douter.
C’est là que les Bleues ont réduit le score. À la suite d’un coup de pied de l’ouvreuse Caroline Drouin, Joanna Grisez, avec ses jambes de septiste et pour sa seconde sélection seulement avec le XV de France, a foncé vers l’en-but, avant d’offrir à Hermet le ballon de l’essai (13-7, 64e).
Malgré des incursions en fin de match dans le camp français, les coéquipières de Sarah Hunter, qualifiées pour les quarts, n’ont pas réussi à accroître leur avance, elles qui avaient assommé de 14 essais les Fidjiennes (84-19) lors du premier match.
Des adversaires contre lesquelles les Bleues devront, si elles jouent au même niveau qu’affiché ce samedi, se relancer pour peut-être décrocher leur ticket pour les quarts de finale.
Source : AFP

