L’attaquant parisien Kylian Mbappé lors de la rencontre de la Ligue des champions contre Benfica conclue sur un match nul (1-1) au Parc des Princes. Franck Fife/AFP
Aussitôt prolongé, il veut déjà repartir. L’annonce en grande pompe de la signature de son nouveau contrat aux côtés du président Nasser al-Khelaïfi, en mai dernier devant un Parc des Princes empli de bonheur, n’est plus qu’un lointain souvenir. Promis au Real Madrid, qui l’attendait à bras ouverts, Kylian Mbappé avait surpris son monde en continuant finalement son aventure parisienne pour trois saisons supplémentaires (dont une en option).
Face au contrat mirobolant et aux multiples promesses formulées par la direction qatarie, le jeune prodige français s’était finalement laissé convaincre qu’il n’était peut-être pas encore temps de changer d’air pour soulever la si convoitée coupe aux grandes oreilles. Assuré d’être la « pierre angulaire » du nouveau projet parisien, malgré la présence de Messi et Neymar, et qu’un nouvel effectif serait bâti à son service, le n° 7 du PSG avait laissé une ultime chance à ses dirigeants.
Lésé par sa direction
Mais leurs atermoiements pour attirer des joueurs de renom durant le mercato estival ont fini de le décevoir. Après d’âpres négociations, l’attaquant et ses conseillers avaient notamment reçu la promesse, orale, que le club s’attacherait les services d’un buteur de classe mondiale (qui devait être Robert Lewandowski, finalement enrôlé par le FC Barcelone). Un renfort qui aurait dû lui permettre d’évoluer dans un rôle d’électron libre comme cela est par exemple le cas en équipe de France autour de Karim Benzema ou d’Olivier Giroud.
Faute de recrue dans ce secteur, Mbappé s’est de facto retrouvé cantonné à une position plus axiale qu’il affectionne peu. Et l’intéressé n’a pas mis longtemps à manifester son mécontentement de ne pas détenir les rênes de l’attaque parisienne.
Outre le « penaltygate » qui l’avait opposé à Neymar dès la réception de Montpellier (5-2) le 13 août, le natif de Bondy a remis une pièce dans la machine le week-end dernier à l’issue du match nul (0-0) concédé face au Stade de Reims. Dans un post publié sur son compte Instagram, il pestait ouvertement contre ce rôle de « pivot » auquel il se sent assigné dans l’animation offensive mise en place par Christophe Galtier.
Si beaucoup considèrent cette réaction comme un « caprice de star », elle n’en demeure pas moins révélatrice d’un profond sentiment de malaise, conséquence directe de la non-tenue des promesses qui lui ont été présentées au moment de sa reconduction.
« Pas de départ en janvier »
Révélées quelques heures à peine avant la réception de Benfica ce mardi en Ligue des champions, les nouvelles velléités de départ du champion du monde 2018 ont instantanément fait le tour de la presse française. Après la publication dans les colonnes de Marca, un quotidien sportif espagnol, d’un article étayant sa volonté de quitter la capitale dès le mois de janvier, les dirigeants parisiens n’ont pas tardé à démentir ce qu’ils qualifient de simples « rumeurs ».
« Kylian n’a jamais parlé de quitter le PSG en janvier », a démenti le conseiller football du club, Luis Campos, avant le coup d’envoi sur Canal+ avant d’essayer d’éteindre l’incendie. « Je suis tous les jours avec Kylian et il n’a jamais été question qu’il s’en aille. Ce n’est pas une déclaration du joueur, c’est une information (de presse). Et avoir une telle information avant un match comme celui-là, c’est très grave », a lancé le Portugais, émettant la thèse de la déstabilisation.
Auteur du seul but de son équipe lors du match nul (1-1), en transformant un penalty obtenu par Juan Bernat à la 40e minute, « Kyky » n’a pas laissé transparaître son agacement en devenant au passage le meilleur buteur de l’histoire du PSG en C1, avec 31 réalisations, en lieu et place d’Edinson Cavani. Il aurait même pu inscrire le but de la victoire dans les derniers instants de la partie si sa reprise de volée n’avait pas été sanctionnée d’un hors-jeu.
Malgré tous ces remous, l’entraîneur parisien s’est montré élogieux à l’égard de l’avant-centre tricolore. « Kylian a donné une très bonne réponse ce soir, a assuré Galtier. Il a été buteur, il a été créatif et dangereux. »
Ses dirigeants auraient sans doute préféré une réponse plus éclatante, eux qui ont déjà fermé la porte à un départ du Bondynois cet hiver. S’il semble peu probable que les prétendants se bousculent au portillon en milieu de saison, l’état-major qatari pourra difficilement racheter la confiance du joueur le mieux payé dans la planète (comme l’a récemment révélé le magazine Forbes) en cas d’offres convaincantes mises sur la table.
Bien que vexé par le faux bond qu’il lui a fait au printemps dernier, le Real Madrid n’est pas pour autant fermé à l’idée de revenir à la charge lors des futures fenêtres de transfert. Si la piste le menant à la Premier League a pris du plomb dans l’aile depuis l’arrivée de l’autre phénomène, Erling Haaland, dans l’armada offensive de Manchester City, Liverpool n’a pas abandonné l’idée de s’attacher les services de l’ex-Monégasque.


