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Monde - Burkina Faso

Destitué, le chef de la junte accepte finalement de partir

Le nouvel homme fort du pays appelle à cesser les violences contre les intérêts français à Ouagadougou.

Destitué, le chef de la junte accepte finalement de partir

Le capitaine Ibrahim Traoré paradant sur un blindé dans les rues de Ouagadougou, le 2 octobre courant. Idrissa Ouedraogo et Adama Ouedraogo/AFP

Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Damiba, destitué vendredi par le capitaine Ibrahim Traoré mais qui refusait d’abdiquer, a finalement accepté de démissionner dimanche, ont annoncé des chefs religieux et communautaires.

« Suite aux actions de médiation » menées par ces chefs entre les deux rivaux, « le président Paul-Henri Sandaogo Damiba a proposé lui-même sa démission afin d’éviter des affrontements aux conséquences humaines et matérielles graves », indiquent-ils dans un communiqué. Ils précisent que M. Damiba « a posé sept conditions » pour accepter de démissionner, parmi lesquelles « la garantie de la sécurité et de la non-poursuite » des militaires engagés à ses côtés, « la garantie de sa sécurité et de ses droits, ainsi que ceux de ses collaborateurs » et « le respect des engagements pris » avec la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour un retour du pouvoir aux civils d’ici à deux ans.

Les chefs religieux et communautaires, très influents au Burkina Faso, affirment que le capitaine Traoré « a accepté » ces conditions, et ils « invitent la population au calme, à la retenue et à la prière ».

Depuis l’annonce vendredi soir par des militaires emmenés par le capitaine Traoré de la destitution de M. Damiba – lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’État en janvier –, la tension régnait au Burkina.

Le putschiste déchu avait clairement fait savoir qu’il n’entendait pas abdiquer, en dépit de manifestations à Ouagadougou réclamant depuis deux jours son départ. Il avait appelé samedi les nouveaux putschistes « à revenir à la raison pour éviter une guerre fratricide dont le Burkina Faso n’a pas besoin dans (le) contexte » des violences jihadistes qui minent le pays depuis 2015.

La tension restait vive dimanche au Burkina Faso où des manifestants s’en sont pris à la France, poussant le nouvel homme fort autoproclamé, le capitaine Ibrahim Traoré, à appeler à cesser les violences contre ce pays.

Quelques dizaines de manifestants soutenant Ibrahim Traoré se sont rassemblés devant l’ambassade de France à Ouagadougou, mettant le feu à des barrières de protection et jetant des pierres à l’intérieur du bâtiment sur le toit duquel étaient positionnés des soldats français, d’autres arrachant des barbelés pour tenter d’escalader le mur d’enceinte du bâtiment diplomatique. Du gaz lacrymogène a été tiré depuis l’intérieur de l’ambassade pour disperser les manifestants.

Dans un communiqué lu dimanche par l’un de ses proches à la télévision nationale, le capitaine Traoré, qui se trouvait à ses côtés, a appelé les manifestants à « se départir de tout acte de violence et de vandalisme (...) notamment ceux qui pourraient être perpétrés contre l’ambassade de la France ou la base militaire française » à Ouagadougou. Il a appelé « au calme et à la retenue ».

Samedi en fin d’après-midi, deux institutions françaises avaient déjà été prises pour cibles par des manifestants : un incendie s’était déclaré devant l’ambassade de France et l’Institut français à Ouagadougou, un autre devant l’Institut français à Bobo-Dioulasso.

Des dommages importants

Dimanche, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que l’Institut français de Ouagadougou avait subi des « dommages importants », condamnant « avec la plus grande fermeté les violences contre nos emprises diplomatiques au Burkina Faso ».

Des affirmations sur les réseaux sociaux faisant état d’une protection accordée par la France au lieutenant-colonel Damiba ont participé à exciter la colère des manifestants pro-Traoré. Elles ont été formellement démenties tant par Paris que par M. Damiba lui-même.

Quelques heures avant l’annonce de sa destitution vendredi soir, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à Ouagadougou pour réclamer son départ, mais aussi la fin de la présence militaire française au Sahel et une coopération militaire avec la Russie. L’influence de Moscou ne cesse de croître dans plusieurs pays d’Afrique francophone ces dernières années, particulièrement au Mali et en Centrafrique.

Dimanche, outre l’ambassade, des manifestants se sont également rassemblés près du siège de la télévision nationale du Burkina Faso. Plusieurs centaines avaient réclamé la reddition définitive de M. Damiba, scandant des slogans antifrançais et brandissant des drapeaux russes.

Le lieutenant-colonel Damiba était arrivé au pouvoir en janvier par un coup d’État ayant renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, accusé d’inefficacité dans la lutte contre les violences jihadistes. Mais ces derniers mois, des attaques frappant des dizaines de civils et de soldats se sont multipliées dans le nord et l’est du Burkina Faso, où des villes sont désormais soumises à un blocus des jihadistes.

Depuis 2015, les attaques régulières de mouvements armés affiliés à el-Qaëda et au groupe État islamique ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes.

Source : AFP


Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Damiba, destitué vendredi par le capitaine Ibrahim Traoré mais qui refusait d’abdiquer, a finalement accepté de démissionner dimanche, ont annoncé des chefs religieux et communautaires.« Suite aux actions de médiation » menées par ces chefs entre les deux rivaux, « le président Paul-Henri Sandaogo...

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