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Moyen-Orient - NORMALISATION

Pour la première fois, Israël approuve la vente d’un système de défense aérien aux Émirats

Abou Dhabi aurait reçu pour la première fois le feu vert pour acquérir des intercepteurs israéliens, particulièrement adaptés aux drones et aux missiles. 

Pour la première fois, Israël approuve la vente d’un système de défense aérien aux Émirats

Les drapeaux israélien et émirati flottent côte à côte dans la ville israélienne de Natanya, le 16 août 2020. Jack Guez/AFP

Pour la première fois depuis les accords d’Abraham, l’État hébreu a accepté de transférer un de ses systèmes avancés de défense aérienne à la fédération émiratie, selon deux sources proches du dossier citées par l’agence Reuters. Cette décision fait suite à une requête d’Abou Dhabi datant de cet été, qui concernerait des intercepteurs mobiles Spyder, adaptables sur des véhicules motorisés et utilisables contre des projectiles de courte à longue portée. Le système promet également de contrer les menaces approchant à basse altitude comme les drones, les missiles de croisière et les hélicoptères. À l’instar du ministère israélien de la Défense, le fabricant Rafael, basé à Haïfa et qui fournit le système Spyder, s’est refusé à tout commentaire auprès de l’agence de presse. En outre, les détails de l’accord tels que le nombre d’intercepteurs et la quantité potentiellement déjà livrée n’ont pas été divulgués.

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Cette annonce intervient après la longue visite du ministre émirati des Affaires étrangères en Israël, où il a enchaîné plusieurs jours durant les rencontres avec différents membres du gouvernement de Yaïr Lapid afin de marquer le second anniversaire de la signature des accords d’Abraham, le 15 septembre 2020. Actant une normalisation avec l’État hébreu, le partenariat alors scellé s’est ostensiblement développé d’abord dans les domaines du tourisme et du commerce. Cependant, signés sous les auspices de Donald Trump, les accords d’Abraham visaient essentiellement à consolider un front anti-iranien dans la région, alors que Washington s’était retiré du deal sur le nucléaire en 2018 et appliquait une politique de « pression maximale » contre la République islamique.

L’urgence de se défendre
En début d’année, les Émirats arabes unis ont été la cible de frappes inédites aux drones et aux missiles, revendiquées par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran dans leur lutte contre les forces progouvernementales appuyées par la coalition menée depuis 2015 par Riyad et à laquelle participe Abou Dhabi. Ces attaques étaient venues rappeler à la fédération émiratie qu’elle était en première ligne en cas de confrontation directe avec l’Iran, la poussant ainsi à renforcer sa défense aérienne, notamment auprès de son partenaire israélien. Fournis par les États-Unis, le système de défense aérien Thaad et les intercepteurs Patriot dont disposait déjà Abou Dhabi avaient certes permis de minimiser les dégâts, mais trois personnes avaient trouvé la mort lors de la première attaque surprise le 17 janvier dernier. Si des rumeurs avaient alors circulé quant à la possibilité de transférer à Abou Dhabi la technologie israélienne du « Dôme de fer », c’est aujourd’hui la première fois qu’un accord de défense est approuvé par l’État hébreu.

Le mécontentement de la fédération émiratie face à ce qu’elle considère être un manque de réaction appropriée des Américains, combiné à la flambée des cours des hydrocarbures liée à la guerre en Ukraine, a contribué à mettre la pression sur Joe Biden pour offrir des garanties sécuritaires à ses alliés régionaux. Abou Dhabi aurait ainsi cherché à signer un accord écrit avec Washington fin mars. Si rien ne s’est officiellement concrétisé de ce côté, le président américain a néanmoins signé à la mi-juillet la déclaration de Jérusalem avec le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, lors de sa tournée régionale. Celle-ci engage les deux acteurs « à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et à utiliser tous les éléments de (leur) puissance nationale pour s’en assurer ».

Une position de confrontation dont les EAU ont cherché à se différencier, du moins dans la forme, annonçant en août dernier le retour de leur ambassadeur à Téhéran dans un geste de désescalade. Malgré les réticences de certains pays arabes, l’alliance de défense régionale évoquée avant le déplacement de Joe Biden dans la région par le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, semble doucement prendre forme. La marine américaine dans la région a ainsi annoncé le 9 septembre le lancement d’une « task force » basée à Bahreïn intégrant des drones pour surveiller les activités dans les eaux du Golfe, notamment de l’Iran. 


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