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Lifestyle - Liban Pop

Suzanne Tamim aurait eu 45 ans aujourd’hui...

Le meurtrier de la célèbre chanteuse libanaise, assassinée en 2008, vient d’être libéré en Égypte. « Si elle avait poursuivi sa carrière, elle aurait sûrement pu être une chanteuse et actrice accomplie, comme celles qui dominent la scène musicale de nos jours », confie le Dr Jamal Fayad, critique d’art, à « L’Orient-Le Jour ».

Suzanne Tamim aurait eu 45 ans aujourd’hui...

Suzanne Tamim aurait eu 45 ans aujourd’hui. Photo tirée de la page Instagram suzantamim.ig

La nouvelle est tombée comme un couperet, il y a une semaine. Les autorités égyptiennes ont libéré l’ancien policier Mohsen al-Sukari, qui avait été reconnu coupable du meurtre de la diva de la pop libanaise Suzanne Tamim. Celle-ci n’a pas fini de faire parler d’elle 14 ans après sa tragique disparition. La star avait laissé la scène musicale du monde arabe en émoi, notamment après une ascension fulgurante vers la célébrité, malgré son jeune âge. Ses tubes Saken albi, La ana et Ana lli aachkak sont à présent devenus des Golden Oldies qui rendent nostalgiques tous les férus de musique arabe, persuadés que Suzanne Tamim aurait certainement dominé le paysage musical si elle n’avait pas ainsi été tuée de sang-froid à coups de couteau. « Suzanne Tamim était considérée comme une artiste complète, estime le Dr Jamal Fayad, journaliste et critique d’art. Elle se distinguait par son physique, sa présence sur scène, son charme évident et une belle voix, même si ce n’était pas la plus puissante.

Avec ses singles libanais et égyptiens, tout le monde pariait qu’elle rivaliserait bientôt avec les plus grands. » Née un 23 septembre, en 1977, à Aïcha Bakkar, la belle Suzanne Tamim avait souffert du divorce de ses parents et d’avoir grandi loin de sa mère. Laissant tomber des études universitaires en pharmacie, elle se laisse tenter par le télécrochet le plus célèbre de l’époque, Studio el-fann, et remporte la médaille d’or. Sous la houlette du réalisateur et « créateur des stars » Simon Asmar, Suzanne Tamim a alors sorti une série de chansons à succès. « Après un premier mariage qui connaît l’échec, explique le Dr Jamal Fayad, Simon Asmar lui propose de travailler à Londres où elle se produit dans des clubs destinés à une clientèle arabe. Souhaitant changer de cadre, il la présente alors à Adel Maatouk, un producteur libanais qui lui permet de chanter entre Paris et Beyrouth. Elle tombe amoureuse de lui et ils se marient. Les choses semblaient normales jusque-là, mais une nouvelle dispute assombrit le tableau. » Fuyant vers l’Égypte alors que son mari refuse de lui accorder le divorce, Suzanne Tamim rejoint le label Rotana, qui lui produit son célèbre album, Saken albi. Au Caire, où sa tante travaille dans un hôtel, elle fait la connaissance du propriétaire de l’établissement, un certain Hicham Talaat Moustafa, qui la soutient et l’aide à se séparer de son époux. Ce dernier continuera de tout faire et jusqu’à sa mort, pour empêcher ses clips et ses chansons d’être diffusés. « Hicham Talaat Moustafa a produit pour Suzanne quelques chansons, mais elles n’étaient pas très commerciales, révèle le Dr Jamal Fayad, qui a connu la star de près. C’était juste pour lui faire plaisir. Il ne voulait pas qu’elle chante. Le compositeur Samir Sfeir s’est même rendu en Égypte pour superviser la production de son nouvel album qui n’a jamais vu le jour. Suzanne a senti que quelque chose ne tournait pas rond. Elle s’est enfuie vers Londres, mais, se sentant surveillée, elle s’est finalement installée à Dubaï. Vous connaissez la suite... »

Suzanne Tamim, de l’audace et du talent. Photo tirée de la page Instagram suzantamim.ig

À en croire les rumeurs, Hicham Talaat Moustafa aurait offert en vain à Suzanne Tamim la somme de 50 millions de dollars en échange de son retour, alors qu’elle vivait une nouvelle idylle avec le boxeur Riad el-Azzaoui. Toujours est-il que le magnat de l’immobilier a payé 2 millions de dollars à son homme à tout faire, l’ancien policier Mohsen al-Sukari, pour assassiner la diva. Le 28 juillet 2008, elle est retrouvée morte dans son appartement de Dubaï. Le 11 août, la police égyptienne arrête le tueur qui passe aux aveux. Il est condamné en 2010 à 25 ans de prison en appel et Hicham Talaat Moustafa à 15 ans de prison. En juin 2017, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi publie un décret graciant 502 prisonniers, dont Hicham Talaat Moustafa en raison de ses problèmes de santé. Il reprend la tête de son groupe et se refait une place dans la société égyptienne. Sukari est également gracié en 2020, mais il est condamné à trois ans de prison dans une affaire de blanchiment d’argent, avant d’être libéré il y a plus d’une semaine.

Pour mémoire

Le meurtrier de la diva pop libanaise Suzanne Tamim gracié par Sissi

Suzanne Tamim, une jument impossible à dompter, partie trop tôt. Photo tirée de la page Instagram suzantamim.ig

Au cimetière islamique de Horch Beyrouth, la tombe de marbre blanc de Suzanne Tamim, parmi tant d’autres, n’attire aujourd’hui aucun curieux. Parfois, durant les grandes fêtes, quelques proches s’y recueillent, selon un responsable qui s’occupe des lieux. Quatorze ans plus tard, la belle Suzanne a-t-elle vraiment connu justice ? « Il ne faut pas oublier que la famille de Suzanne a renoncé à l’action civile contre Hicham Talaat Moustafa dans le cadre d’un deal, relève le Dr Jamal Fayad. Tout compte fait, la star n’aura connu de la vie et de la mort que des injustices. Peu épanouie avec une vie d’artiste difficile, on aurait dit qu’une malédiction la suivait. Certes, sa personnalité explosive a compliqué les choses. » « Comme une jument impossible à dompter », poursuit le Dr Jamal Fayad, qui indique que la série télévisée inspirée de sa vie « ne présente pas toute la vérité », et que seuls quelques proches – dont lui – connaissent des détails qu’il ne divulguera jamais. « Elle emporte avec elle ses secrets, dit-il, mais elle aurait sûrement pu devenir une chanteuse et actrice accomplie, comme celles qui dominent la scène musicale de nos jours. C’est une grande perte pour le monde de la pop. »

La nouvelle est tombée comme un couperet, il y a une semaine. Les autorités égyptiennes ont libéré l’ancien policier Mohsen al-Sukari, qui avait été reconnu coupable du meurtre de la diva de la pop libanaise Suzanne Tamim. Celle-ci n’a pas fini de faire parler d’elle 14 ans après sa tragique disparition. La star avait laissé la scène musicale du monde arabe en émoi, notamment...
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