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Sport

En Europe, la Coupe dévisse

Trois ans après son lancement, la Coupe Davis version Kosmos peine toujours à convaincre. En l’absence de la plupart des grands noms du circuit, le public a boudé les tribunes des quatre villes hôtes de la phase de groupes qui s’est conclue ce dimanche dans l’indifférence générale.

En Europe, la Coupe dévisse

L’Allemand Jan-Lennard Struff en action devant les tribunes clairsemées de Hambourg lors de la rencontre de Coupe Davis opposant l’Allemagne à l’Australie. Cathrin Mueller/Reuters

Monument en péril. Autrefois attendue de pied ferme par toutes les nations participantes, la plus que centenaire compétition par équipes attire de moins en moins les foules pour le plus grand malheur de ses participants.

Passée à la trappe en 2019, après le rachat de ses droits d’organisation par la société Kosmos, soutenue notamment par le footballeur barcelonais Gérard Piqué, l’ancienne version du tournoi au « saladier », bien que critiquée, avait au moins pour mérite de remplir les arènes où elle s’invitait. Finis les quatre tours s’étalant de février à décembre. Finis les matchs en cinq sets. Finis aussi les duels nation contre nation, chez l’un des adversaires, devant des publics en feu responsables de la fameuse expression « ambiance de Coupe Davis ».

Déjà modifiée depuis sa conception, la nouvelle formule, bien plus compliquée que l’historique, est cette année la suivante : un premier tour éliminatoire (que la France a franchi en mars à Pau contre l’Équateur), puis une phase de poules dans quatre villes (fatale cette semaine aux hommes de Sébastien Grosjean) et enfin la phase finale dans un seul lieu, cette année Malaga en Espagne (22-27 novembre) dans le format quarts, demies et finale.

Le but était de regagner l’intérêt des médias et des fans, qui s’émoussait depuis longtemps en raison du manque d’implication des meilleurs mondiaux, dissuadés, croyait-on, par l’étirement de la compétition sur une trop longue période. Mais force est de constater que les organisateurs ont manqué leur cible.

Des tribunes désespérément vides

Beaucoup des grands noms du tennis mondial ont une nouvelle fois boudé la compétition. Orphelines de leurs meilleurs joueurs – blessé (Rafael Nadal), trop juste physiquement (Alexander Zverev), ou non disponibles (Novak Djokovic, Nick Kyrgios, Marin Cilic... ) –, les sélections ont eu toutes les peines du monde à attirer le public des quatre villes différentes (Glasgow, Bologne, Valence, Hambourg) où se sont disputées les 16 rencontres de cette phase de groupes, divisée en 4 poules.

Comme redouté, ces confrontations se sont déroulées dans un relatif anonymat médiatique et n’ont pas non plus étaient aidées par l’annonce du départ en retraite de la légende Roger Federer, rendue public jeudi dernier. À l’image du premier match opposant mardi l’Australie à la Belgique, disputé dans une ambiance bien morne à Hambourg, l’Allemagne et la France n’ont pas attiré beaucoup plus les foules en marge de leur opposition de mercredi. Seuls quelques milliers de personnes ont accepté de débourser pas moins de 60€ pour assister à la victoire (2-1) des Germaniques face aux Bleus menés par le capitaine Sébastien Grosjean.

Un fiasco organisationnel qui a peu réjouit les joueurs des deux équipes. « J’ai été choqué quand j’ai vu le prix du billet », a déclaré l’Allemand Jan-Lennard Struff après sa victoire contre le Français Benjamin Bonzi mercredi. « C’était absolument compréhensible que peu de fans soient venus parce que c’est simplement trop cher. C’est une honte », a-t-il ajouté.

Le fait de disputer des matches en semaine, à des horaires tardifs, n’a évidemment rien arrangé. À Glasgow, des spectateurs ont dû quitter les tribunes avant la fin du double décisif des Britanniques face aux Américains mardi, la rencontre s’étant achevée aux alentours d’une heure du matin heure locale. « Il faut que toutes les instances se réunissent pour trouver la meilleure formule, pour retrouver l’esprit de la Coupe Davis », a déclaré Sébastien Grosjean à l’issue de la victoire « pour l’honneur » des siens face à la Belgique, déjà éliminés à l’issue de leurs deux défaites face à l’Allemagne et l’Australie. « À part sur une ou deux rencontres, il n’y a personne. Les conditions ont été difficiles pour tout le monde. Il faisait moins de 10 degrés », a-t-il ajouté.

Sur le plan sportif, certains joueurs n’ont pourtant pas démérité, offrant parfois des oppositions de haut vol. Félix Augier-Aliassime a ainsi créé la surprise en battant le nouveau numéro 1 mondial Carlos Alcaraz, tout juste titré à l’US Open, ce qui a permis au Canada de dominer l’Espagne à Valence après un double décisif. D’autres rencontres ont également alimenté le suspense jusqu’au bout des doubles : France-Allemagne, Pays-Bas-Grande-Bretagne...

Le passage de poules de quatre équipes à trois a tout de même eu un avantage : celui de mettre fin aux calculs savants de l’édition précédente pour déterminer les deux meilleurs seconds parmi les six poules. Mais le format comporte toujours des incongruités, comme ces rencontres sans le moindre enjeu disputées une fois les équipes éliminées, (Belgique-France samedi, Grande-Bretagne-Kazakhstan dimanche), ou le calendrier inégal, certaines équipes bénéficiant d’un jour de repos supplémentaire avant des rencontres cruciales.

Un défaut qui n’existera pas lors de la phase finale à Malaga, où l’on compte sur le public espagnol pour redonner de l’élan à ce monument du sport en péril.


Monument en péril. Autrefois attendue de pied ferme par toutes les nations participantes, la plus que centenaire compétition par équipes attire de moins en moins les foules pour le plus grand malheur de ses participants.Passée à la trappe en 2019, après le rachat de ses droits d’organisation par la société Kosmos, soutenue notamment par le footballeur barcelonais Gérard Piqué,...

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