La séance du Parlement d’hier, au cours de laquelle les députés libanais devaient commencer à étudier le projet de budget 2022 attendu depuis plus de huit mois, a été reportée dès son ouverture à ce matin 10 heures faute de quorum. Les Forces libanaises et les Kataëb avaient annoncé lundi qu’ils boycotteraient la séance d’hier car elle coïncidait avec le 40e anniversaire de l’assassinat de l’ancien président Bachir Gemayel. Les députés du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) ont également boycotté la réunion.
À la suite de ce report, le vice-président du Parlement Élias Bou Saab, allié au CPL, a déclaré lors d’un point de presse que, bien qu’il soit contre le boycott des séances du Parlement, il estime « que ce jour est significatif pour de nombreux Libanais », ajoutant qu’il avait dit au président du Parlement Nabih Berry « que ce sujet devait être traité ». Le fondateur du CPL et président de la République Michel Aoun et son camp sont les ennemis jurés de Nabih Berry et de son parti, le mouvement Amal.
Des dizaines de personnes s’étaient rassemblées hier dans le centre-ville de Beyrouth avant la réunion du Parlement pour dénoncer un projet de budget qui, selon elles, aggravera leurs conditions financières déjà dégradées dans un Liban en plein effondrement économique depuis trois ans.
La séance prévue hier faisait partie d’une série s’étendant de trois jours visant à discuter du projet de budget 2022. La commission parlementaire des Finances et du Budget a terminé son examen et transmis le projet de budget au Parlement fin août, bien que les membres de la commission ne soient pas parvenus à un consensus sur toutes les questions soulevées par ce projet.
Si le texte est adopté à l’issue de la séance plénière cette semaine, il aura néanmoins plusieurs mois de retard sur les délais fixés par la Constitution, en vertu desquels le budget aurait dû être adopté par le Parlement avant la fin janvier 2022. L’adoption par le Liban d’un budget annuel est l’une des réformes attendues par le Fonds monétaire international pour débloquer une aide financière de plusieurs milliards de dollars.

