Rechercher
Rechercher

Sport - Tennis

Alcaraz, nouveau roi de New York

Au terme de trois heures et demie de combat acharné, Carlos Alcaraz s’est adjugé son premier titre du Grand Chelem en dominant le Norvégien Casper Ruud en finale de l’US Open dimanche soir. Il devient ainsi le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire du tennis.

Alcaraz, nouveau roi de New York

Carlos Alcaraz soulevant le trophée de l’US Open après sa victoire en finale face au Norvégien Casper Ruud sur le court Arthur-Ashe de New York. Angela Weiss/AFP

Une page de l’histoire du tennis vient de se tourner. Au milieu de la nuit dominicale new-yorkaise, les trois heures et demie de combat acharné que se sont livré les deux jeunes prodiges de la balle jaune résonnaient comme le début d’une nouvelle ère. Peut-être la plus glorieuse depuis les grandes heures des joutes épiques entre les « trois grands » : Federer, Nadal et Djokovic. Si on doute que celles-ci puissent un jour être égalées, du point de vue de la dramaturgie et de la longévité, rien ne dit que le tout nouveau vainqueur de l’US Open ne soit pas capable de tutoyer de tels sommets.

« Il me fait penser aux trois ! »

« Les records sont bien faits pour être battus », comme dirait l’autre. Et en remportant à 19 ans, 4 mois et 16 jours son premier titre du Grand Chelem, Carlos Alcaraz s’inscrit dans les temps de passage de son glorieux aîné espagnol, lui qui avait soufflé ses 19 bougies deux jours avant son premier titre à Roland-Garros en 2005. En lui adressant un message sur Twitter dans la foulée de sa victoire, « Rafa » semble d’ailleurs avoir déjà adoubé son successeur. « Félicitations pour ton premier titre du Grand Chelem et pour ta place de numéro 1 qui est l’aboutissement de ta première grande saison, je suis persuadé qu’il y en aura beaucoup d’autres ! » a écrit le Majorquin aux 22 majeurs à l’égard de son jeune compatriote.En plus de ce passage de témoin plus que flatteur, Carlos Alcaraz s’est également attiré les louanges d’une autre gloire de la terre battue parisienne. « Il me fait penser aux trois ! » ose Mats Wilander, complètement sous le charme du panache que montre le jeune Murcien depuis son éclosion au plus haut niveau. Cela ne signifie évidemment pas qu’il va gagner vingt Grands Chelems. Mais je ne pense qu’aucun des trois ne stimule autant le public que lui. Il est tellement spontané sur un court de tennis. Je ne pensais pas qu’on pouvait être comme ça pendant les matchs et devenir un vainqueur de Grand Chelem. Son état d’esprit est fantastique pour notre sport », conclut l’ancien joueur suédois dans une interview accordée au journal L’Équipe.Déjà promis à un avenir des plus radieux, Carlos Alcaraz est devenu, plus que jamais depuis dimanche soir, son incandescent présent. En glanant son tout premier trophée majeur, il s’offre par la même occasion le trône de numéro 1 mondial en lieu et place du Russe Daniil Medvedev, éliminé dès les huitièmes de finale à New York. Le gamin d’El Palmar devance ainsi un certain Lleyton Hewitt qui avait ravi la première place mondiale « seulement » à l’âge de 20 ans et 8 mois. « C’est quelque chose dont je rêvais depuis enfant, j’ai travaillé très, très dur, pour y arriver, c’est difficile de trouver les mots, je ressens beaucoup d’émotions », a réagi l’Espagnol avant de soulever la coupe argentée devant un court Arthur-Ashe déjà conquis.

Un numéro 1 mondial des plus précoces

Quelques instants plus tôt, ses tennis avaient crissé pendant près de 3h30 sur le ciment du court central de Flushing Meadows. Impuissant trois mois plus tôt lors de sa finale l’opposant à Nadal sur l’ocre Roland-Garros, Casper Ruud, a cette fois-ci longtemps tenu tête au prodige ibérique. Le Norvégien de 23 ans peut même nourrir quelques regrets, surtout après ses deux balles de set non converties à 6-5 en sa faveur à la fin du troisième set.C’est donc au bout d’un bras de fer de 3h20, serré et illuminé de nombreux points somptueux, que « Carlitos » est venu à bout de « Ruuuuud », comme le surnomment ses fans scandinaves. Sursitaire, Alcaraz aurait pu aborder le tie-break la main tremblante, lui qui avait perdu les quatre qu’il avait disputés durant ce tournoi. Mais c’est au contraire le Norvégien qui a craqué en commettant de soudaines fautes directes. De quoi permettre à son adversaire d’empocher aisément le jeu décisif 7 points à 1.Le plus dur était fait. L’Espagnol n’avait plus qu’à finir le travail. En resserrant son jeu et en supprimant ses trop nombreuses amorties infructueuses, il breake dès le début de la quatrième manche et conclut la partie sans trembler (6-3) dès sa première balle de match.

Cette finale parachève un tournoi ébouriffant pour le nouveau roi du tennis mondial. La route vers le trône ne fut pas de tout repos, lui qui a dû batailler 23 heures et 40 minutes durant pour se frayer un chemin jusqu’à son premier titre du Grand Chelem. Il bat ainsi un autre record détenu jusqu’alors par le Sud-Africain Kevin Anderson, finaliste à Wimbledon en 2018 après un parcours ayant duré 23h et 20 minutes.Libéré par l’ultime faute directe de Casper Ruud, qui conclut la rencontre sur un score de 6-4, 2-6, 7-6 (7/1), 6-3, Alcaraz n’a pu contenir ses larmes lors de son discours de victoire. « J’ai pensé à ma maman et à mon grand-père. À beaucoup d’autres membres de ma famille qui n’ont pas pu venir », a-t-il confié, après avoir grimpé dans les tribunes pour des effusions de joies lacrymales avec son père, un de ses trois frères et son coach Juan Carlos Ferrero. Une vive émotion qui ne lui a pas fait oublier de glisser quelques mots affectueux au battu du jour, qui pourra se consoler en voyant son nom affiché au deuxième rang du classement ATP ce lundi 12 septembre.Sa trajectoire n’en reste pas moins météorique et le place déjà dans la stratosphère du tennis, à l’heure où Nadal (36 ans), détenteur du record de titres majeurs (22), doit faire avec de récurrents problèmes physiques et a l’esprit tourné vers une paternité imminente, et où la retraite de Roger Federer, qui n’a plus joué en tournoi depuis Wimbledon-2021, n’a jamais paru aussi proche.

Parmi les « Big 3 », seul Novak Djokovic (35 ans) n’a pas encore dit son dernier mot et sera sans aucun doute candidat aux futurs titres du Grand Chelem dans l’optique de rattraper son rival majorquin qui le devance de deux trophées majeurs. Reste à savoir comment le successeur désigné de ses trois glorieux aînés assumera son nouveau statut s’il venait à croiser leurs routes lors des prochaines échéances. Nul doute que les autres représentants de la nouvelle vague (Ruud, Jannick Sinner, Frances Tiafoe, Nick Kyrgios...) feront tout leur possible pour barrer la route du Murcien, sans oublier les Medvedev, Zverev et Tsitsipas, non désireux d’être la génération sacrifiée.

Une page de l’histoire du tennis vient de se tourner. Au milieu de la nuit dominicale new-yorkaise, les trois heures et demie de combat acharné que se sont livré les deux jeunes prodiges de la balle jaune résonnaient comme le début d’une nouvelle ère. Peut-être la plus glorieuse depuis les grandes heures des joutes épiques entre les « trois grands » : Federer, Nadal et Djokovic. Si on doute que celles-ci puissent un jour être égalées, du point de vue de la dramaturgie et de la longévité, rien ne dit que le tout nouveau vainqueur de l’US Open ne soit pas capable de tutoyer de tels sommets. « Il me fait penser aux trois ! » « Les records sont bien faits pour être battus », comme dirait l’autre. Et en remportant à 19 ans, 4 mois et 16 jours son premier titre du Grand Chelem,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut