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Sport - Tennis

Garcia, ce rêve bleu

Pour la première fois de sa carrière, Caroline Garcia s’est qualifiée pour les quarts de finale de l’US Open en balayant Alison Riske en deux manches (6-4, 6-1). Chez les hommes, Nick Kyrgios a éliminé le numéro 1 mondial Daniil Medvedev (7-6, 3-6, 6-3, 6-2) et s’affirme comme un prétendant au titre.

Garcia, ce rêve bleu

Caroline Garcia sautant de joie après sa qualification en quarts de finale à l’US Open aux dépens de l’Américaine Alison Riske-Amritraj. Matthew Stockman/AFP

Et si elle allait au bout ? Sereine, sûre de sa force mais en toute humilité, Caroline Garcia continue d’imprimer sa marque à l’US Open. À 28 ans, la numéro 1 française se hisse pour la première fois de sa carrière en quarts de finale du Majeur new-yorkais où elle s’affirme chaque jour un peu plus comme une sérieuse prétendante au titre. Un avis partagé par la légende du tennis, John McEnroe, qui voit en elle du « Stan Wawrinka » en référence à ses coups surpuissants et à son éclosion tardive au sommet (le joueur suisse avait remporté son premier Grand Chelem, l’Open d’Australie, en 2014 à 29 ans).

Garcia sera la seule représentante française en quarts de finale, puisque peu avant sa qualification Corentin Moutet (112e et repêché des qualifications) avait chuté face au Norvégien Ruud 6-1, 6-2, 6-7 (4/7), 6-2. La Lyonnaise n’avait encore jamais battu Alison Riske (29e) en trois confrontations. Mais depuis quelques semaines, elle a retrouvé le tennis qui lui a permis de se hisser jusqu’au 4e rang mondial en 2018 et elle n’a fait qu’une bouchée de l’Américaine, avalée 6-4, 6-1 en 1h22. « Alison est une joueuse très dure, une combattante, elle bouge beaucoup. J’ai dû être très agressive. Le premier set était serré, ce n’était pas du grand tennis, j’ai dû gérer mes émotions. La seconde manche était très bonne  », a-t-elle analysé après avoir effectué son habituelle célébration victorieuse, bras écartés comme un avion qui vole sur le court Louis-Armstrong.

« Je me sens en confiance »

L’actuelle 17e joueuse mondiale, qui n’avait jamais dépassé le troisième tour du Majeur new-yorkais, égale ainsi son meilleur résultat dans un tournoi du Grand Chelem, ayant déjà joué les quarts de finale à Roland-Garros en 2017. Elle tentera de faire encore mieux ce mardi face à l’Américaine Coco Gauff (12e), finaliste du dernier Roland-Garros.

« Je suis tellement excitée d’être en quarts, j’ai accumulé beaucoup de confiance depuis Cincinnati », a souligné la Française en référence à son titre au WTA 1000 juste avant le début de l’US Open. Contre Riske, Garcia a mis un set à se libérer. Mais sur un retour gagnant, elle a bouclé la première manche en réussissant l’unique break du set. Le verrou avait sauté et la Lyonnaise a ensuite nettement dominé la seconde manche, même s’il lui a fallu cinq balles de match pour conclure, après avoir sauvé également trois balles de break pour l’Américaine. Peu importe l’issue de ce quart de finale, qui se jouera dans la nuit de mardi à mercredi, Garcia passera de la 17e à la 12e place du classement WTA. Mais pas sûr que celle qui se sent dans « l’une des meilleures formes de sa carrière », ne s’en contente.

La route sera encore longue. En cas de victoire face à la jeune Américaine, la tricolore pourrait retrouver sur sa route la redoutable tunisienne Ons Jabeur (5e), récente finaliste de Wimbledon, si celle-ci venait à bout de l’Australienne Tomljaovic (46e), la tombeuse de Serena Williams. Mais le but n’a jamais semblé aussi proche. Si Garcia venait à être sacrée à Flushing Meadows, elle deviendrait la première française à glaner un titre du Grand Chelem (hommes et femmes confondus), depuis Marion Bartoli en 2013 à Wimbledon.

Kyrgios, bis repetita ?

Cette septième journée du tournoi new-yorkais a aussi et surtout été marquée par l’élimination dans le tableau masculin de Daniil Medvedev par un flamboyant Nick Kyrgios, vainqueur 7-6 (13/11), 3-6, 6-3, 6-2. Toujours aussi fantasque que provocateur, mais sans perdre le contrôle, le 25e joueur mondial confirme également son statut de nouveau prétendant au sacre en Majeur. En éjectant des 8es de finale le tenant du titre, qui perdra en prime son siège de numéro 1 mondial, l’Australien se qualifie pour les premiers quarts de finale de l’US Open de sa carrière.Sa performance majuscule, sur le Arthur Ashe suintant de moiteur, a été l’éclatante confirmation d’une véritable mue observée ces derniers mois, après deux années noires plombées par une dépression et des pensées suicidaires.

Son tennis a été inspiré, percutant et fin, sans fausse note ni peur ni frein, à l’image du tie-break de haute volée, remporté au forceps, en ayant effacé au passage trois balles de premier set. « Je suis heureux d’être enfin capable de montrer à New York à quel point je peux bien jouer. Je travaille chaque jour, vraiment dur », a-t-il réagi à chaud, après avoir demandé à Patrick McEnroe venu l’interroger s’il avait « apprécié » le show.

L’Australien a bien décompensé au début de la deuxième manche, avec trois doubles fautes sur son premier jeu, qui ont permis à Medvedev de s’échapper puis d’égaliser. Et il a balancé sa raquette au sol, sans oublier d’éructer sa frustration. Tout Kyrgios résumé en quelques minutes... Mais son tennis lumineux a éclipsé son côté sombre. Quitte à faire une bêtise, animé d’une joyeuse folie, lorsqu’il a contourné le filet, au début du troisième set, pour reprendre en smash une volée de Medvedev qui était en train de sortir du couloir. « Je croyais avoir le droit. Ça va être partout sur les réseaux sociaux et je vais passer pour un idiot », a-t-il plaisanté.

Sa démonstration de force n’en a pas moins été éclatante jusqu’au bout. Quand Medvedev parvenait à l’inquiéter, Kyrgios a su chercher les points, notamment à la volée et avec 21 aces, dont deux enchaînés, suivis d’un service gagnant au 4e set, pour repousser une ultime velléité de son adversaire. « C’était un match de haut niveau. J’ai affronté Novak (Djokovic), Rafa (Nadal), qui jouent tous très bien. Nick aujourd’hui a joué un peu à ce niveau-là. S’il continue comme ça jusqu’à la fin du tournoi, il a toutes les chances de le gagner », lui a rendu hommage Medvedev, beau joueur, après avoir été malmené comme rarement à Flushing Meadows, où il avait atteint le dernier carré des trois précédentes éditions.

Dans l’euphorie d’une finale à Wimbledon, perdue au détriment de Novak Djokovic (absent du tournoi américain en raison de son refus de se faire vacciner), et de sa récente victoire du tournoi de Washington, qui a mis un terme à trois ans de disette, le volcanique Australien s’est largement assagi et semble plus déterminé que jamais à accomplir ce que son immense talent lui permet d’espérer. « Je vais me coucher, assure-t-il avant de quitter le court. Avant, je serais sorti. » Ses futurs adversaires sont prévenus.

Gabriel BLONDEL et AFP

Et si elle allait au bout ? Sereine, sûre de sa force mais en toute humilité, Caroline Garcia continue d’imprimer sa marque à l’US Open. À 28 ans, la numéro 1 française se hisse pour la première fois de sa carrière en quarts de finale du Majeur new-yorkais où elle s’affirme chaque jour un peu plus comme une sérieuse prétendante au titre. Un avis partagé par la légende du tennis, John McEnroe, qui voit en elle du « Stan Wawrinka » en référence à ses coups surpuissants et à son éclosion tardive au sommet (le joueur suisse avait remporté son premier Grand Chelem, l’Open d’Australie, en 2014 à 29 ans).Garcia sera la seule représentante française en quarts de finale, puisque peu avant sa qualification Corentin Moutet (112e et repêché des qualifications) avait chuté face au Norvégien Ruud 6-1,...
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