L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban, Walid Boukhari. Photo d’archives Ani
L'ambassadeur saoudien à Beyrouth a commenté jeudi les menaces lancées contre la représentation diplomatique de son pays à Beyrouth, dénonçant, sans y faire directement référence, leur "stupidité".
Dans un tweet, Walid Boukhari a évoqué un acte "stupide", citant un vers du poète de l'ère pré-islamique Maymoun al-Aacha, qui parle d'un animal tentant de casser une pierre et ne parvient qu'à se briser les cornes.
Mercredi, le ministère libanais de l'Intérieur avait affirmé avoir demandé une enquête après la diffusion sur Internet d'un enregistrement audio menaçant de mener des attaques "terroristes" contre l'ambassade saoudienne à Beyrouth. Un Saoudien recherché par Riyad pour "crimes terroristes", Ali ben Hachem ben Salmane Al-Hajji, est soupçonné d'être l'auteur de cet enregistrement. M. Hajji réside au Liban depuis plusieurs années, mais se trouve actuellement en Syrie, a affirmé à l'AFP une source de sécurité sous couvert de l'anonymat. Il a participé à plusieurs événements organisés par des groupes d'opposition saoudiens soutenus par le Hezbollah, considéré comme une organisation "terroriste" par l'Arabie saoudite.
Un utilisateur de Twitter au nom du suspect a, de son côté, publié plusieurs messages dans lesquels il explique les raisons de la publication de sa violente mise en garde contre l'ambassade. Selon lui, elle serait une réponse à des menaces qu'auraient faites les autorités saoudiennes envers ses enfants, qui vivent toujours en Arabie. Le compte Twitter de cet homme critique copieusement le pouvoir saoudien.
Les relations entre Beyrouth et les pays arabes du Golfe - l'Arabie saoudite en tête - se sont tendues ces dernières années en raison de l'influence croissante du Hezbollah pro-iranien, accusé de soutenir les rebelles houthis que la coalition militaire dirigée par l'Arabie combat au Yémen depuis 2015.
Les menaces visant l'ambassade saoudienne à Beyrouth interviennent près de quatre mois après le retour au Liban de l'ambassadeur Boukhari, qui avait été rappelé par Riyad fin octobre à la suite d'une crise diplomatique opposant le pays du Cèdre à plusieurs monarchies du Golfe. Riyad avait annoncé, en avril 2021, la suspension des importations de fruits et légumes en provenance du Liban, affirmant que des cargaisons étaient utilisées pour faire de "la contrebande de drogue".
Le 11 juillet, un dissident saoudien résidant au Liban a été tué et deux de ses frères suspectés du meurtre ont été arrêtés, selon la police libanaise. Une source de sécurité a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait du dissident Maneh Al-Yami.


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