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Lifestyle - La Mode

De 70 à 25 ans, le secret de la jeunesse de « l’atelier Ward »

Le 21 juillet, à 20h30, Tony Ward célébrait les 25 ans de ses créations et les 70 ans de l’atelier de son père, Élie Ward. Un double jalon que cette maison beyrouthine a marqué avec un événement donné dans son quartier général de Beyrouth. « Il y a de la joie, de la musique, des boissons pétillantes, des larmes d’émotion et rien d’autre qu’une foule souriante avec des cœurs chaleureux », témoignait l’équipe Tony Ward.

De 70 à 25 ans, le secret de la jeunesse de « l’atelier Ward »

Élie Ward (à gauche) et Tony Ward (à droite) un touchant dialogue entre père et fils. Photo DR

Depuis la grande salle du rez-de-chaussée, on observait des avatars volants, habillés de pièces emblématiques. Sur un autre niveau, une ligne de temps sculpturale, inspirée d’un bolduc ou d’une pellicule de film, indiquait les étapes importantes de la maison. La pièce centrale était réservée aux pièces intemporelles dessinées et cousues par Élie Ward. À l’étage suivant, un podium en miroir sans fin multipliait la foule des mannequins de défilé habillés de robes noires de différentes époques. Plus loin, sur le même niveau, une salle labyrinthe accueillait « L’univers des matières » avec des tissus Couture tombant du plafond. On l’aura compris, tous les étages du bâtiment se sont transformés en un espace d’exposition de mode, traduisant l’histoire des ateliers de Ward. Tandis que les invités évoluaient entre les grandes étapes de la maison Tony Ward, la musique s’est arrêtée. Comme au cinéma, on a tamisé les lumières pour le moment-clé de la soirée : la projection de Forever Forward, un documentaire qui retrace le parcours d’Élie Ward depuis 1952. « Ce jeune garçon talentueux de 9 ans qui travaillait pour un tailleur libanais... est devenu le couturier à succès qu’il est devenu ; ce jeune garçon est mon père et me voici 70 ans plus tard appliquant toujours son savoir-faire dans mes ateliers. Je lui dédie cette célébration et les pages que je suis prêt à remplir... À lui ! » s’exclame Tony Ward.

Tony Ward confectionnnant des draps de lit pour les hôpitaux lors du pic du Covid. Photo DR

Couturier de Zalfa Chamoun

Cette histoire de transmission et de fidélité, d’un atelier fondé il y a 70 ans à une maison créée il y a 25 ans dans le prolongement de la première, riche de son héritage et dotée de sa propre culture, présente sur tous les tapis rouges, ne peut qu’émouvoir. En ces années 1950 où Beyrouth était à son zénith, Élie Ward était un pionnier. Travaillant comme apprenti sous la houlette d’un couturier réputé, à seulement 9 ans il enregistre tous les gestes et mécaniques de la confection d’un vêtement. « Un jour, j’assistais une cliente, elle m’a regardé, a souri et a demandé à mon responsable : “Avez-vous quelqu’un de plus jeune que ce garçon pour m’assister ?” Mon directeur a ri et lui a répondu : “Vous voyez ce jeune garçon ? Il peut aider dans les essayages les plus difficiles !” »,

Tony Ward lors d’un essayage de robe de mariée. Photo DR

témoigne Élie Ward qui, en 1952, crée sa propre maison de couture à Beyrouth, à l’âge de 16 ans. « J’ai habillé la moitié de la grande bourgeoisie de Beyrouth », note-t-il. Tout en gardant les pieds sur terre, il se dédie jusqu’à aujourd’hui à sa passion de la couture.

Célèbre pour ses tailleurs sur mesure, Élie Ward a continué à gérer cette branche de la maison Tony Ward jusqu’à la pandémie. Mais il aimait aussi le flou : « Je créais des robes de soirée, des robes de mariée et tout ce qui pouvait être adapté. Une fois, j’ai préparé 180 tenues pour des religieuses », se souvient-il. Les créations d’Élie étaient incontournables pour les femmes de la haute société libanaise. Il a même habillé la Première dame Zalfa Chamoun, l’épouse de l’ancien président du Liban, Camille Chamoun, une icône de la mode que toutes les femmes voulaient imiter.

May Musk aux Fashion Awards 2021 au Royal Albert Hall en 2021 dans une robe Tony Ward. Photo DR

D’un petit atelier beyrouthin au calendrier des semaines parisiennes

En grandissant, et à force d’observer le travail de son père et de s’imprégner de la passion de ce dernier, son fils, Tony, se disait qu’il allait lui aussi, un jour, concevoir des vêtements. « Il venait me regarder pendant que je travaillais, se souvient Élie. Je lui ai appris tout ce qui concerne ce métier. » Tony a grandi dans un monde de textiles élaborés, de dessins de robes et du bruit des machines à coudre. En 1997, il crée sa première collection sous le label Tony Ward après sept ans d’apprentissage et de perfectionnement à Paris. Il reprend le label de son père et l’inscrit au calendrier de la Fashion Week parisienne. Sous la griffe Tony Ward, ce sont désormais six collections par an qui défilent pour la couture, le prêt-à-porter et le mariage.

Whitney Houston en Tony Ward en 2010. Photo DR

Une armée de talents

Dans la famille Ward, cependant, le créateur est loin d’œuvrer en solo. Son épouse Anna, une Italienne qu’il a rencontrée à Paris alors qu’ils étaient tous les deux étudiants, témoigne : « Chacun contribue en fonction de ses talents. Yara, l’aînée de nos enfants, est l’un des principaux mannequins de la marque, elle aide aux essayages et pendant les shootings et les défilés. Marco, notre fils, qui a étudié la haute couture à Paris, aide dans les coulisses à réparer les robes, à habiller les mannequins et à s’occuper de leur entrée lors des défilés. Élisa, qui étudie le cinéma, filme le tournage et les coulisses des séances de photos et des défilés de mode. Alex, qui est encore à l’école, a contribué en tant que DJ dans les coulisses et compose maintenant de la musique pour les défilés de mode. » La famille de Tony a toujours été d’un grand soutien : mis à part son père et sa mère qui travaillent encore avec lui, ses trois sœurs jouent également un rôle essentiel depuis le début. Zoya, productrice exécutive et réalisatrice, crée les concepts des vidéos de Tony et des défilés de mode en ligne. Carole, quant à elle, s’occupe des relations internationales. Soula et son mari Pierre sont tous deux coachs pour des entreprises internationales, ils contribuent aux formations des employés et aux activités de team building. Cette « mélodie du bonheur » est donc avant tout une histoire de solidarité familiale, de travail sérieux et de mise en commun de talents d’exception.

Depuis la grande salle du rez-de-chaussée, on observait des avatars volants, habillés de pièces emblématiques. Sur un autre niveau, une ligne de temps sculpturale, inspirée d’un bolduc ou d’une pellicule de film, indiquait les étapes importantes de la maison. La pièce centrale était réservée aux pièces intemporelles dessinées et cousues par Élie Ward. À l’étage suivant, un podium en miroir sans fin multipliait la foule des mannequins de défilé habillés de robes noires de différentes époques. Plus loin, sur le même niveau, une salle labyrinthe accueillait « L’univers des matières » avec des tissus Couture tombant du plafond. On l’aura compris, tous les étages du bâtiment se sont transformés en un espace d’exposition de mode, traduisant l’histoire des ateliers de Ward. Tandis que les...
commentaires (3)

Proud of my family !!

sarraf antoine

13 h 18, le 25 août 2022

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Commentaires (3)

  • Proud of my family !!

    sarraf antoine

    13 h 18, le 25 août 2022

  • Bravo pour la Famille unie!

    Marie Claude

    11 h 03, le 24 août 2022

  • Un grand talent . Congratulations a chaque membre de la famille qui a fait que la griffe Tony Ward est ce qu'elle est aujourdhui : Un grand nom.

    Saliba Marie Claude

    10 h 29, le 24 août 2022

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