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Lifestyle - Écologie

Lancement des travaux d’un musée de la biosphère au Chouf

Conçu par l’agence d’architecture Hashim Sarkis Studios (HSS), « The House of Biodiversity » a pour mandat la promotion des pratiques durables d’utilisation des terres.

Lancement des travaux d’un musée de la biosphère au Chouf

Perspective du projet du musée de la biosphère du Chouf. Photo DR

De passage au Liban, le doyen de l’école d’architecture et de planification du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) n’est pas en vacances pour autant. Entre l’université, ses agences d’architecture (HSS) à Boston et Beyrouth, le travail est constamment à distance, et il faut s’organiser pour rattraper le temps avalé par les fuseaux horaires. Le voilà donc qui reprend ses projets, ralentis durant quelques mois par la pandémie et par l’organisation de la 17e Biennale d’architecture de Venise, qui aurait dû se tenir en mai 2020 et avait été repoussée d’un an, à deux reprises. Pour le curateur de cette grande manifestation, la première de l’ère Covid, cela a été une satisfaction et une excellente expérience. « Roberto Cicutto, producteur et ancien président de Cinecitta, actuellement à la tête des biennales de la cité des Doges, m’a rapporté que plus de 300 000 personnes ont visité l’exposition d’architecture en 2021. C’était en effet des journées non stop », raconte Hashim Sarkis lors d’une entrevue avec L’Orient-Le Jour. Aujourd’hui, il vient de lancer le chantier du musée de la biosphère du Chouf. Créée en 1996, reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère en 2005, la réserve naturelle des cèdres du Chouf aura son musée de la biodiversité. « Il sera situé au point de départ des sentiers de randonnée, à la lisière de la forêt de chênes », indique Hashim Sarkis. Le bois mort des arbres est le matériau utilisé pour construire le bâtiment. « Celui-ci aura la forme d’une maison libanaise, modeste dans son style, mais ambitieuse et prometteuse dans ses objectifs, à l’instar de l’esprit d’al-Shouf Cedar Society », dit-il. Les visiteurs y pénètrent par une sorte de rampe qui les mène, d’une salle à l’autre, puis d’un étage à l’autre, jusqu’au toit où se niche une cafétéria dominant le paysage.

Hashim Sarkis, doyen de l’école d’architecture et de planification du prestigieux Massachusetts. Marco Bertorello/AFP

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Plus verte la terre, par la volonté des hommes

« J’ai conçu le cadre, précise l’architecte, mais c’est al-Shouf Cedar Society et le directeur Nizar Hani qui vont définir le concept muséal et organiser l’animation et la gestion du musée. Ici, les visiteurs pourront mieux comprendre les grands enjeux environnementaux contemporains et explorer les solutions pour y faire face. Car, les responsables vont multiplier leurs efforts sur l’environnement grâce à des expositions, des installations artistiques et des activités afin de rapprocher l’humain de la nature, et donner de l’élan à l’écocitoyen », souligne Hashim Sarkis, très enthousiaste à l’idée de cette perspective. D’autant plus qu’il est originaire du Chouf (Moukhtara) et que dans sa carrière d’architecte urbaniste, il s’est engagé à répondre aux besoins de la société sans dépasser les frontières écologiques de la planète. Le concepteur du musée enchaîne en expliquant que « la Maison de la biodiversité (House of Biodiversity) est la principale structure de communication et de mise à l’échelle, qui donnera au travail de conservation et de développement une dimension durable, régionale et internationale. Ce sera un lieu d’exposition qui mettra en scène les réalisations de la réserve. Il offrira également un espace pour des ateliers axés sur les pratiques culturelles, diffusant ainsi les connaissances sur la biodiversité, les méthodes écoculturelles et la commercialisation des produits issus de l’application de ces pratiques ».

Perspective du projet du musée de la biosphère du Chouf. Photo DR

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Des terrasses comme au bon vieux temps

Le musée est financé par la fondation MAVA Leaders for Nature Academy, organisation pour la préservation de la biodiversité et de la nature en général, dont le projet vise à « promouvoir les méthodes durables d’utilisation des terres » dans le bassin méditerranéen, sachant que certaines pratiques traditionnelles, comme la transhumance, l’agriculture en terrasse et la production de sel, contribuent à une diversité de paysages méritant une protection et un entretien. Hashim Sarkis fait observer que de telles pratiques ont lieu en général dans l’agriculture, l’élevage de bétail, la foresterie et la pêche, et impliquent un savoir et des techniques devenus partie intégrante des paysages ruraux. Il rappelle que « la réserve du Chouf fait partie de ce projet depuis 2017. Aujourd’hui, avec la fermeture de MAVA, elle a rejoint 13 organisations de l’Alliance Méditerranée nature et culture (AMNC), poursuivant ainsi ce travail à long terme et consolidant sa reconnaissance internationale ». Al-Shouf Cedar Society, qui prévoit de rebâtir les terrasses des collines environnantes en recyclant les pierres existantes, travaille avec des consultants internationaux, « mais les ingénieurs et la main-d’œuvre sont locaux », affirme encore l’architecte.

Un groupe de chèvres indispensables au travail de désherbage ratissent les végétaux indésirables, les espèces envahissantes et les broussailles qui alimentent les feux de forêts. Photo d'illustration Bigstock

La chèvre à l’œuvre

La réserve est un patrimoine naturel qui conjugue une grande beauté et une remarquable biodiversité. Elle comprend les forêts de cèdres du Barouk, de Maasser el-Chouf et de Aïn Zhalta, et inclut la zone de Ammik, un des derniers îlots humides du Liban, lieu de rassemblement des oiseaux migrateurs en route vers l’Europe et l’Afrique. Un monde riche, complexe, qui couvre 500 kilomètres carrés (soit 5 % environ de la superficie du Liban) et concentre à lui seul 25 % des cèdres du Liban, dont le cedrus libani, arbre emblématique du pays. Cette réserve constitue l’habitat de quelque 32 espèces de mammifères (loup, hyène, chat sauvage, sanglier, écureuil... ), de 29 espèces de reptiles et d’amphibiens, et abrite plus de 520 espèces végétales et plantes médicinales, et pas moins de 250 espèces d’oiseaux. Le site est d’ailleurs reconnu comme zone importante pour la conservation des oiseaux par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), organisation mondiale consacrée à la conservation de la nature et organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial pour l’étude de l’inscription des sites naturels à la liste du patrimoine mondial. Mais cet été, les chèvres y sont les stars. Les responsables de la biosphère ont fait appel à leur service pour contrer les incendies qui ravagent chaque année des centaines d’hectares de forêts libanaises. Ces brouteuses, qui raffolent de l’herbe à la puce, mènent au sein du site un travail de désherbage, ratissent les végétaux indésirables, les espèces envahissantes et les broussailles qui alimentent les feux de forêts.


De passage au Liban, le doyen de l’école d’architecture et de planification du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) n’est pas en vacances pour autant. Entre l’université, ses agences d’architecture (HSS) à Boston et Beyrouth, le travail est constamment à distance, et il faut s’organiser pour rattraper le temps avalé par les fuseaux horaires. Le voilà donc qui...

commentaires (3)

Excusez moi mais je trouve le batiment sur la photo simplement laid. Du point de vue d'architecture je trouve que ca ne va pas avec le paysage. C'est un peu comme le modernisme de Tripoli de Oscar Niemeyer que d'aillieurs je trouve du point de vue architectural pas grand reussite non plus.

Stes David

20 h 48, le 14 août 2022

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Commentaires (3)

  • Excusez moi mais je trouve le batiment sur la photo simplement laid. Du point de vue d'architecture je trouve que ca ne va pas avec le paysage. C'est un peu comme le modernisme de Tripoli de Oscar Niemeyer que d'aillieurs je trouve du point de vue architectural pas grand reussite non plus.

    Stes David

    20 h 48, le 14 août 2022

  • Ça redonne Espoir et fait tellement Plaisir !

    Wlek Sanferlou

    14 h 24, le 11 août 2022

  • Cela fait si chaud au coeur

    Monique Haddad

    08 h 19, le 11 août 2022

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