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Moyen-Orient - Iran

Le satellite lancé par la Russie ne vise pas à « espionner », se défend Téhéran

Le satellite lancé par la Russie ne vise pas à « espionner », se défend Téhéran

Lancement du satellite de télédétection Khayyam par une fusée Soyouz, du cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan, le 9 août 2022. Yuri Kadobnov/AFP

Téhéran a rejeté hier les allégations américaines selon lesquelles le satellite iranien lancé par la Russie serait destiné à des activités d’« espionnage ».

Le satellite de télédétection Khayyam a été lancé par une fusée Soyouz-2.1B, du cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan, contrôlé par Moscou, selon des images retransmises en direct par l’Agence spatiale russe Roscosmos.

Le patron de Roscosmos, Iouri Borissov, a salué une « étape importante de la coopération bilatérale russo-iranienne, qui ouvre la voie à la mise en place de nouveaux et plus grands projets », dans un communiqué publié après le lancement.

Pour sa part, le ministre iranien des Télécommunications, Issa Zarepour, a fait l’éloge d’un évènement « historique » et d’« un tournant pour le début d’une coopération nouvelle dans le domaine spatial entre les deux pays ».

« La brillante voie du progrès scientifique et technologique de la République islamique d’Iran se poursuit malgré les sanctions et la pression maximale des ennemis », s’est enthousiasmé de son côté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

Réagissant à ce lancement,

Washington a déclaré que la coopération croissante de la Russie avec l’Iran devait être considérée comme une « menace profonde ». « Nous avons connaissance d’informations selon lesquelles la Russie a lancé un satellite doté d’importantes capacités d’espionnage pour le compte de l’Iran », a déclaré un porte-parole du département d’État américain.

Aux yeux des États-Unis, le programme spatial iranien est destiné à des fins militaires plus que commerciales, tandis que Téhéran maintient que ses activités aérospatiales sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Parfois, certains commentaires sont faits pour attiser les tensions », a rétorqué le chef de l’Agence spatiale iranienne Hassan Salarieh. « Affirmer que nous voulons nous livrer à des opérations d’espionnage avec le satellite Khayyam (...) est réellement puéril », a-t-il dit à la presse. « Khayyam est entièrement conçu et construit pour répondre aux besoins du pays dans divers domaines de gestion des crises urbaines, des ressources naturelles, des mines, de l’agriculture, etc. », a-t-il ajouté.

Controverse

Le satellite a été lancé au milieu d’une controverse selon laquelle Moscou pourrait l’utiliser pour renforcer sa surveillance des cibles militaires en Ukraine. La semaine dernière, le Washington Post citait des responsables anonymes du renseignement occidental assurant que la Russie « prévoyait d’utiliser le satellite pendant plusieurs mois ou plus » dans sa guerre en Ukraine avant d’en céder le contrôle à l’Iran. L’agence spatiale iranienne avait déjà affirmé dimanche que la République islamique contrôlerait le satellite « dès le premier jour », notamment pour « surveiller (ses) frontières, améliorer la productivité agricole et surveiller les ressources en eau et les catastrophes naturelles ». « Aucun pays tiers ne peut accéder aux données » envoyées par le satellite via un « algorithme de cryptage », a-t-elle assuré, en dénonçant des affirmations « fausses » du journal américain.

Khayyam, nommé d’après le polymathe persan du XIe siècle Omar Khayyam (1048-1131), n’est pas le premier satellite iranien mis en orbite par la Russie. En 2005, Sina-1 avait été déployé depuis le cosmodrome russe de Plesetsk. L’Iran insiste sur le fait que son programme spatial est à des fins civiles et de défense uniquement, et ne viole pas l’accord nucléaire de 2015 ni aucun autre accord international. L’Iran a réussi à mettre en orbite son premier satellite militaire en avril 2020, s’attirant les foudres des États-Unis.

Les gouvernements occidentaux craignent que les systèmes de lancement de satellites intègrent des technologies interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques capables de livrer une ogive nucléaire, ce que l’Iran a toujours nié vouloir construire.

Le lancement de Khayyam a eu lieu trois semaines après une visite du président russe Vladimir Poutine en Iran où il a rencontré le 19 juillet son homologue Ebrahim Raïssi et le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier avait appelé à renforcer la « coopération sur le long terme » avec la Russie.

Source : AFP


Téhéran a rejeté hier les allégations américaines selon lesquelles le satellite iranien lancé par la Russie serait destiné à des activités d’« espionnage ».Le satellite de télédétection Khayyam a été lancé par une fusée Soyouz-2.1B, du cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan, contrôlé par Moscou, selon des images retransmises en direct par l’Agence spatiale...

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