Rechercher
Rechercher

Économie - Aviation

Porté par l’envolée du trafic, Ryanair renoue avec les bénéfices

Porté par l’envolée du trafic, Ryanair renoue avec les bénéfices

La compagnie aérienne compte aussi recruter 6 000 personnes à travers l’Europe ces prochaines années. P. Huegen/AFP

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a renoué avec les bénéfices pour son premier trimestre décalé grâce à l’envolée du trafic, et s’estime mieux armée que ses concurrentes pour faire face à la reprise de la demande, en ayant moins licencié pendant la pandémie. La compagnie

« low cost » a affiché hier pour les trois mois achevés fin juin un bénéfice après impôts de 170 millions d’euros contre une perte nette de 273 millions un an plus tôt. Elle a vu le trafic multiplié par plus de cinq sur la période, avec 45,5 millions de passagers transportés.

Mais le résultat reste encore nettement inférieur aux 243 millions d’euros de bénéfice net publiés pour son premier trimestre 2019/2020, soit avant la pandémie, à cause notamment de prix des billets plus faibles, selon un communiqué. « Alors que le trafic s’est fortement redressé », rebondissant même au-delà de ses niveaux prépandémie, « l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février a pesé sur les réservations et les tarifs » lors des vacances de Pâques, a déploré le patron de la compagnie, Michael O’Leary, cité dans le communiqué. La compagnie précise être « protégée contre la montée en flèche du coût du carburant », tiré notamment par la guerre en Ukraine, car elle a couvert 80 % de ses achats de kérosène pour l’exercice en cours.

Mais la reprise du transport aérien « reste fragile » et si le taux de vaccination contre le Covid, élevé en Europe, est source d’espoir, « nous ne pouvons ignorer le risque de nouveaux variants » à l’automne prochain, prévient la compagnie, encore échaudée par l’apparition d’Omicron en novembre dernier. En raison d’une accumulation d’incertitudes tant sanitaires que géopolitiques, Ryanair estime qu’il est trop tôt pour faire des prévisions de résultats pour son exercice complet. L’action de la compagnie était en hausse de 1,82 % à 13,12 euros hier vers midi à la Bourse de Dublin.

« L’âge d’or du transport aérien bon marché est révolu avec les prix du pétrole et l’inflation qui ont atteint des sommets », mais la politique de couverture du carburant de Ryanair « signifie qu’ils sont mieux placés pour maintenir la compétitivité des prix » face à la concurrence, estime Allegra Dawes, analyste chez Third Bridge.

Chaos

« La reprise des voyages internationaux reste fragile en raison d’une pénurie mondiale de pilotes et des grèves » qui touchent de nombreuses compagnies aériennes, mais « Ryanair réussit mieux que d’autres (...) car elle n’a pas réduit de manière significative ses effectifs pendant la pandémie », a ajouté l’analyste. Ryanair avait négocié des réductions de salaires avec les syndicats pour limiter les licenciements pendant la crise sanitaire, qui a cloué au sol le trafic aérien pendant des mois de confinement, avant une reprise très progressive. La demande reprend fortement cet été et Ryanair assure disposer du personnel nécessaire, là où concurrents et sociétés aéroportuaires, qui avaient massivement licencié, peinent à recruter pour absorber la reprise du trafic, à l’origine du chaos de ces derniers mois dans de nombreux aéroports en Europe et de milliers d’annulations de vols. Ryanair dit avoir trouvé des accords pour remonter les salaires avec une majorité de syndicats, ce qui n’a pas empêché ces dernières semaines quelques grèves de son personnel, notamment en Belgique et en Espagne – à l’origine de perturbations mineures, assure le transporteur.

La compagnie aérienne compte aussi recruter 6 000 personnes à travers l’Europe ces prochaines années, espérant voir d’ici à 2026 le trafic sur ses lignes monter à plus de 225 millions de passagers annuels, soit 50 % de plus qu’avant la pandémie. Michael O’Leary avait par ailleurs enjoint vendredi au gouvernement britannique de faire preuve de « plus de bon sens » sur la politique migratoire post-Brexit, jugeant que davantage de visas pour des travailleurs européens aiderait à apaiser les perturbations du secteur.

Olivier DEVOS/AFP

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a renoué avec les bénéfices pour son premier trimestre décalé grâce à l’envolée du trafic, et s’estime mieux armée que ses concurrentes pour faire face à la reprise de la demande, en ayant moins licencié pendant la pandémie. La compagnie « low cost » a affiché hier pour les trois mois achevés fin juin un bénéfice après impôts de 170 millions d’euros contre une perte nette de 273 millions un an plus tôt. Elle a vu le trafic multiplié par plus de cinq sur la période, avec 45,5 millions de passagers transportés.Mais le résultat reste encore nettement inférieur aux 243 millions d’euros de bénéfice net publiés pour son premier trimestre 2019/2020, soit avant la pandémie, à cause notamment de prix des billets plus faibles, selon un communiqué....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut