Rappelée de sa retraite sportive par les entraîneurs au dernier moment pour participer aux séries du relais 4 x 400 m femmes (photo), Allyson Felix a remporté dimanche une 20e médaille mondiale (en or) record par procuration, ayant laissé ses coéquipières courir la finale. Jewel Samad/AFP
Record du monde du 100 m haies pour la Nigériane Tobi Amusan et du saut à la perche pour Armand Duplantis, 20e médaille mondiale record pour Allyson Felix tirée de sa retraite, record de podiums pour les États-Unis… Les Mondiaux d’athlétisme à Eugene, dans l’Oregon (États-Unis), se sont achevés en apothéose dimanche en soirée – hier au petit matin au Liban.
En franchissant une barre à 6,21 m, Armand Duplantis a battu pour la cinquième fois le record du monde du saut à la perche en deux ans et demi, pour la troisième fois en 2022 après ses 6,19 m, puis 6,20 m réussis en salle à Belgrade en mars. Encore plus fort, c’est la première fois depuis 1994 et Sergueï Bubka (6,14 m) que le record est battu en plein air. À 22 ans, Duplantis a ainsi décroché le dernier titre qui manquait à son palmarès. Christian Petersen/Getty Images/AFP
Amusan, quelle soirée !
En moins de deux heures, Tobi Amusan aura fait passer trois frissons dans les travées du Hayward Field. D’abord en battant le record du monde du 100 m haies dès les demi-finales en 12 sec 12, puis en dominant la finale en 12 sec 06, un temps finalement non homologué en raison du vent de dos qui soufflait trop fort (2,5 m/s, limite à 2 m/s).
« Pour être honnête, j’ai confiance en moi, mais je ne m’attendais pas à un record du monde lors de ces championnats. Vous savez, le but reste toujours de s’appliquer pour faire une bonne course et gagner. Le record du monde, c’est un bonus », a déclaré la Nigériane en conférence de presse. « Avant la finale, j’ai juste essayé de rester calme, j’ai pris une grande inspiration, je savais qu’il me restait un objectif à remplir. J’ai beaucoup travaillé sur la vitesse, avec plusieurs 100 m en début de saison, ça a été un facteur important de la performance ce soir », a-t-elle expliqué.
Ancienne étudiante de l’Université du Texas à El Paso (UTEP), Amusan est devenue assistante coach pour continuer de s’entraîner là-bas avec sa coach jamaïcaine Lacena Golding-Clarke. « Sans aucun doute, la discipline que m’ont inculquée mes parents a façonné qui je suis aujourd’hui sur la piste, dit-elle. Je ne sors pas, je ne bois pas, et je suis sérieuse sur la piste. »
Duplantis : toujours plus haut
Le quasi imbattable Armand Duplantis a réussi un incroyable doublé titre mondial et record du monde. Après un raté sans conséquence à 5,87 m, Duplantis a déroulé en passant 5,94 m puis 6 m au premier essai pour s’assurer du titre, avant de franchir 6,06 m et enfin 6,21 m pour un nouveau record du monde à sa deuxième tentative.
À 22 ans, celui que l’on surnomme « Mondo » a décroché le dernier titre qui manquait à son palmarès, alors qu’il était déjà champion d’Europe en plein air (2018), en salle (2021), champion olympique (2021) et champion du monde en salle (2022). Il a battu pour la cinquième fois le record du monde en deux ans et demi, la troisième fois en 2022 après ses 6,19 m puis 6,20 m réussis en salle à Belgrade en mars. Encore plus fort, c’est la première fois depuis 1994 et Sergueï Bubka (6,14 m) que le record est battu en plein air.
« J’étais le tout dernier à concourir, j’aime sauter dans ce genre de situation, avec la pression du dernier, quand tout le monde te regarde. Mais, aujourd’hui, j’ai avant tout cherché à gagner, ce qui est venu après était un bonus, j’étais concentré sur l’or, a-t-il commenté. J’ai été surpris lors de mon dernier saut, je n’ai même pas touché la barre. Les graphiques disent que j’étais 8 cm au-dessus, c’était assez dingue ! »
En moins de deux heures, Tobi Amusan aura fait passer trois frissons dans les travées du Hayward Field : d’abord en battant le record du monde du 100 m haies dès les demi-finales en 12 sec 12, puis en dominant la finale en 12 sec 06, un temps finalement non homologué. Jim Watson/AFP
Retour de retraite gagnant pour Felix
Sans courir, la légende Allyson Felix a tout de même ajouté une 20e et dernière médaille mondiale (14 en or), un record, à son immense palmarès. La vétérane (36 ans) pensait avoir disputé sa dernière course internationale la semaine dernière en début de compétition sur le relais 4 x 400 m mixte, où elle avait contribué au bronze des États-Unis, mais elle a été rappelée par les entraîneurs au dernier moment pour participer aux séries du relais 4 x 400 m femmes. Elle a laissé ses coéquipières, 21 ans de moyenne d’âge, menées par Sydney McLaughlin, remporter avec la manière le titre, lui offrant un ultime podium par procuration.
Avec la victoire du relais 4 x 400 m hommes également, les États-Unis ont parachevé leur grande domination sur « leurs » Mondiaux disputés dans la bourgade de Eugene, surnommée « Tracktown ». Avec 33 médailles, dont 13 titres, ils ont égalé leur propre record de médailles d’or (13 en 1993 à Stuttgart, en Allemagne) et établi le meilleur total de médailles de l’histoire de la compétition, qui existe depuis 1983. Loin derrière eux, l’Éthiopie, la Jamaïque et le Kenya ont chacun récolté dix médailles à Eugene, tous métaux confondus.
Source : AFP


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