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Sport - Athlétisme / Championnats Du Monde

Warholm-Ingebrigtsen, la double désillusion norvégienne

Ceh s’impose au disque, Patterson crée la surprise à la hauteur.

Warholm-Ingebrigtsen, la double désillusion norvégienne

Le hurdler norvégien Karsten Warholm (à droite sur la photo) s’est effondré sur le 400 m haies, dont il était pourtant le favori. À gauche, le médaillé d’or brésilien Alison dos Santos. Andrej Isakovic/AFP

L’athlétisme norvégien ambitionnait de faire main basse sur deux médailles d’or coup sur coup aux Mondiaux de Eugene (États-Unis) avec ses deux champions olympiques, mais Jakob Ingebrigtsen n’a obtenu que l’argent sur le 1 500 m et Karsten Warholm s’est effondré sur le 400 m haies.

Même pour celui qui a pulvérisé le record du monde du 400 m haies en finale olympique, il y a un an au bout d’une course d’anthologie, en 45 sec 94, la marche était trop haute dans le Hayward Field. Car la préparation du double champion du monde sortant a été complètement chamboulée par une blessure musculaire à une cuisse survenue lors de sa course de rentrée début juin à Rabat (Maroc), dès la première haie. Si bien que le Norvégien de 26 ans est arrivé dans l’État de l’Oregon (Nord-Ouest américain) sans le moindre 400 m haies bouclé en compétition depuis dix mois. « J’ai le sentiment que j’ai assez d’entraînement (derrière moi) pour réussir quelque chose. Je ne serais pas là si je ne m’en pensais pas capable », rassurait-il après sa qualification pour la finale. La réalité du très haut niveau a fini par le rattraper, et Warholm s’est complètement effondré dans la dernière ligne droite, jusqu’à terminer 7e en 48 sec 42. « Ça a été une course très difficile. J’ai travaillé très dur pour revenir pour ces Mondiaux, mais ça n’a pas suffi », a constaté le hurdler scandinave. « Les mecs font la même chose que moi : ils s’entraînent dur chaque jour et se battent », a-t-il dit des médaillés du jour, notamment le Brésilien Alison dos Santos, sacré champion du monde avec le troisième meilleur chrono de l’histoire (46 sec 29), et l’Américain Rai Benjamin, en argent. Précisément les deux athlètes qui l’avaient accompagné sur le podium olympique l’été dernier à Tokyo (Benjamin en argent et dos Santos en bronze). « J’ai été blessé, mais pour moi, il faut toujours tout donner sur la piste. C’est ce que j’ai fait. J’espère qu’avec le recul, j’en serai fier », a ajouté Warholm. Il ne s’était plus incliné sur 400 m haies depuis près de quatre ans (septembre 2018 à Ostrava, en République tchèque).

Le podium du 1 500 m, de gauche à droite : Jakob Ingebrigtsen (Norvège, argent), Jake Wightman (Grande-Bretagne, or) et Mohammad Katir (Espagne, bronze). Christian Petersen/Getty Images/AFP

En quête d’une première couronne mondiale, un an après son sacre olympique sur 1 500 m dans la capitale japonaise, Ingebrigtsen (21 ans) a, lui, été surpris à environ 200 m de la ligne d’arrivée par le Britannique Jake Wightman, vainqueur en 3 min 29 sec 23 (contre 3 min 29 sec 47 pour Ingebrigsten). Et il n’a pas masqué son amertume. La médaille d’argent ? « Ça ne signifie rien. Pour beaucoup d’athlètes, ça représente beaucoup, mais je n’y accorde pas beaucoup d’importance », a lâché le demi-fondeur norvégien. « Je travaille très dur pour atteindre mes objectifs. Et ce n’était pas mon objectif », a-t-il asséné, évoquant à la télévision norvégienne « une année d’entraînement gâchée » et un vainqueur « moins bon » que lui. « Je me sentais bien, mais j’ai fait quelques erreurs, je contrôlais la course et je n’ai pas tenu le rythme dans les 200 derniers mètres », a-t-il regretté. Toutefois, Ingebrigtsen n’en a pas fini avec les Mondiaux : il est désormais attendu au départ des séries du 5 000 m aujourd’hui.

Dans les autres finales de la journée, le Slovène Kristjan Ceh (23 ans) est devenu champion du monde du disque pour la première fois. Avec un lancer à 71,13 m – record des championnats du monde –, il a devancé les Lituaniens Mykolas Alekna (69,27 m) et Andrius Gudzius (67,55 m). Le champion olympique suédois Daniel Stahl a dû se contenter de la 4e place (67,10 m). Et au saut en hauteur, l’Australienne Eleanor Patterson (26 ans) a créé la surprise en devenant championne du monde devant la favorite ukrainienne Yaroslava Mahuchikh. Les deux sauteuses ont franchi 2,02 m et ont été départagées aux essais. L’Italienne Elena Vallortigara a pris la médaille de bronze (2 m). C’est la première médaille internationale pour Patterson, 5e des Jeux olympiques l’été dernier à Tokyo, où Mahuchikh avait fini 2e.

200 m : Kerley recalé, Jackson impressionne

Par ailleurs, l’Américain Fred Kerley, titré sur 100 m, a été éliminé dès les demi-finales du 200 m où ses compatriotes Noah Lyles et Erriyon Knighton ont fait forte impression. Apparu emprunté, Kerley n’a pris que la 6e place de sa course en 20 sec 68 (les deux premiers passent en finale), perdant également toute chance d’être repêché au chrono pour le tour suivant. Champion du monde en titre, Lyles a réussi le meilleur temps des demi-finales en 19 sec 62 (vent à 1,1 m/s), faisant le show comme à son habitude, cette fois avec un doigt sur la bouche. Dans la course suivante, le jeune Knighton a couru en 19 sec 77 (vent à 0,3 m/s). Après leur triplé sur 100 m, les sprinteurs américains peuvent encore espérer un nouveau « sweep » en finale aujourd’hui, avec la qualification du vice-champion olympique Kenny Bednarek (19 sec 84). Le champion olympique canadien Andre de Grasse, à l’état de forme précaire, avait renoncé dès les séries, préférant se préserver pour le relais 4 x 100 m.

Sur la même distance, féminine cette fois, la Jamaïcaine Shericka Jackson, médaillée d’argent du 100 m, a foncé en demi-finales du 200 m en courant en 21 sec 68 (vent à 2 m/s), le 12e meilleur chrono de l’histoire. Meilleur temps des demi-

finales, Jackson retrouvera en finale la championne du monde du 100 m, sa compatriote Shelly-Ann Fraser-Pryce (21 sec 82), et la médaillée de bronze de la ligne droite Elaine Thompson-Herah (21 sec 97), encore une Jamaïcaine. La Britannique Dina Asher-Smith, solide (21 sec 96), défendra aujourd’hui – demain au petit matin au Liban – son titre acquis en 2019. L’Américaine Abby Steiner, prodige universitaire passée professionnelle depuis quelques jours, s’est qualifiée avec le moins bon temps (22 sec 15). La Brésilienne Vitoria Cristina Rosa, non qualifiée, a profité des demi-finales pour battre le record d’Amérique du Sud de la distance en 22 sec 47 (vent à 1,4 m/s).

Le « droit » d’y être

Hors de la piste, Sebastian Coe, président de World Athletics (la Fédération internationale d’athlétisme, ex-IAAF), a indiqué que la Sud-Africaine Caster Semenya, présente aux Mondiaux de Eugene sur le 5 000 m, une distance non concernée par le règlement sur les athlètes hyperandrogènes, « a le droit d’être ici ». « Si elle décide de concourir sur une distance sur laquelle ne s’appliquent pas les restrictions (du règlement), c’est son choix, et elle sera traitée de la même façon que n’importe quelle autre athlète ici », a déclaré Coe.

Triple championne du monde (2009, 2011 et 2017) et double championne olympique du 800 m (2012 et 2016), Semenya est concernée par le règlement sur les athlètes DSD (qui présentent un excès naturel d’hormones sexuelles mâles). Depuis 2018, ces athlètes doivent faire baisser leur taux de testostérone par un traitement hormonal afin de s’aligner sur les épreuves allant du 400 m au mile, ce qu’elle refuse. Semenya, qui conteste la règle qu’elle juge « discriminatoire » mais a perdu ses recours en justice, a renoncé à sa distance favorite pour se lancer sur 5 000 m. Elle a réussi à se qualifier de justesse pour les Mondiaux.

Source : AFP

L’athlétisme norvégien ambitionnait de faire main basse sur deux médailles d’or coup sur coup aux Mondiaux de Eugene (États-Unis) avec ses deux champions olympiques, mais Jakob Ingebrigtsen n’a obtenu que l’argent sur le 1 500 m et Karsten Warholm s’est effondré sur le 400 m haies.Même pour celui qui a pulvérisé le record du monde du 400 m haies en finale olympique, il y a un an au bout d’une course d’anthologie, en 45 sec 94, la marche était trop haute dans le Hayward Field. Car la préparation du double champion du monde sortant a été complètement chamboulée par une blessure musculaire à une cuisse survenue lors de sa course de rentrée début juin à Rabat (Maroc), dès la première haie. Si bien que le Norvégien de 26 ans est arrivé dans l’État de l’Oregon (Nord-Ouest américain) sans le...
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