L’officier des FSI Michel Moutran a été arrêté vendredi dernier. Photo DR
Depuis son arrestation vendredi dernier, Michel Moutran, un officier des Forces de sécurité intérieure (FSI) et spécialiste de la sécurité routière, fait parler de lui. L’officier va être mis aux arrêts pendant dix jours, en guise de sanction disciplinaire pour avoir critiqué le Centre de gestion du trafic routier (TMC), qui selon lui n’a plus d’autre vocation que de rapporter les décès dus aux nombreux accidents de la route. Le dernier en date, survenu samedi à Ersal (Békaa), a fait au moins huit morts, dont une famille entière. Une campagne de soutien à cet officier a été lancée sur les réseaux sociaux par des personnalités politiques et médiatiques qui dénoncent une « atteinte à la liberté d’expression », dans un pays où les accidents de la circulation ont déjà fait 155 victimes depuis le début de l’année.
« Aujourd’hui, le compte du TMC s’est transformé en une page énumérant les blessés et décès au quotidien! Il est devenu, comme on le dit à la libanaise, un avis de décès », a déploré Michel Moutran dans une publication sur Facebook et Twitter, sachant qu’il a été lui-même en charge des pages du TMC sur les réseaux sociaux il y a quelques années. « L’histoire de ce compte ressemble à la réalité du pays. La mort de 5 personnes au quotidien dans un pays de 6 millions d’habitants veut dire que nous perdons 30 personnes par 100 000 habitants. Nous sommes parmi les pays qui enregistrent le plus grand nombre de décès sur les routes », a-t-il regretté. « En décembre 2013, j’ai écrit le premier tweet depuis mon portable. Le but n’était pas de créer un compte mais de lancer un momentum qui permettrait de faire progresser le secteur de la sécurité routière, jusqu’à ce qu’aucun mort ni blessé ne soit à signaler », écrivait l’officier.
Le Liban enregistre un grand nombre d’accidents routiers en raison d’un faible contrôle de l’application du code de la route. L’absence de maintenance et de suivi des infrastructures routières ne fait qu’empirer la situation. Entre octobre 2019 et mai 2022, le pays a connu une moyenne de 237 accidents par mois, selon l’Autorité de gestion du trafic routier, citée par L’Orient Today dans un article récent.
Campagne de solidarité en ligne
Depuis ces déclarations qui remettent en cause le fonctionnement du TMC, Michel Moutran a été condamné « à une sanction disciplinaire pour s’être exprimé sur les réseaux sociaux sans autorisation du directeur général » des FSI, le général Imad Osman, selon les révélations d’une source proche des services de sécurité à L’Orient-Le Jour. Le règlement interne des FSI interdit en effet à ses agents toute déclaration publique sans autorisation préalable. Ce responsable qui a requis l’anonymat assure par ailleurs « qu’il n’y a aucun problème d’ordre personnel entre le général Osman et l’officier, contrairement à certaines rumeurs ». « Il faut respecter les directives émises par le commandement des FSI, tout simplement », poursuit-il. « Michel Moutran n’en est pas à sa première sanction disciplinaire. Il a déjà reçu plusieurs avertissements par le passé », ajoute ce responsable, sans plus de détails.
Perçue par de nombreuses personnes, dont des journalistes et des figures politiques, comme une atteinte à la liberté d’expression, la sanction infligée à l’officier a donné lieu à une campagne de solidarité en ligne intitulée « Liberté pour Michel Moutran ». « Le dossier de la sécurité routière est son cheval de bataille. Il voulait juste sensibiliser les gens à travers ses publications », assure un proche qui a requis l’anonymat. Ziad Akl, fondateur de la YASA, une ONG spécialisée dans la sécurité routière, salue l’engagement de Michel Moutran et appelle les FSI à autoriser leurs officiers à sensibiliser la population à la sécurité routière. « Je comprends que les FSI interdisent à leurs agents d’aborder des sujets politiques. Mais je pense qu’il faut les encourager à parler de sécurité routière, surtout que nombre d’entre eux ont suivi des formations sur le sujet, dont Michel Moutran qui est expert dans le domaine », indique M. Akl à L’Orient-Le Jour. Sur le plan politique, plusieurs députés de Zahlé, ville dont Michel Moutran est originaire, sont montés au créneau pour le défendre. « Les FSI disent qu’il n’a pas le droit de s’exprimer sans autorisation, mais il n’a pas critiqué les autorités. Il n’a fait que dire la vérité et tirer la sonnette d’alarme par rapport à la sécurité routière. Nous pensons que son arrestation est arbitraire », souligne Élias Estephan, député de Zahlé des Forces libanaises. « Quel est le message que l’on tente de nous faire parvenir à travers cette arrestation ? Sommes-nous dans un pays démocratique ou dans un État policier? » poursuit l’élu.
Salim Aoun, député de Zahlé du Courant patriotique libre, dénonce également les mesures prises à l’encontre de l’officier. « Liberté pour Michel Moutran. Ce n’est pas de cette façon que l’on traite un des officiers des FSI les plus actifs dans le domaine de la sécurité routière. C’est une honte », a-t-il écrit samedi sur son compte Twitter.


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Pauvre M Moutran qui a pris sa fonction au serieux. Il n'a rien compris. Les canailles placees a la tete des services securitaires ne sont pas a leurs postes pour proteger les Libanais. C'est le cadet de leurs soucis. Ils sont la pour servir de "faire valoir" a la canaille politichienne qui les a designes. Et aussi, un peu, pour profiter des privileges de leurs fonctions : grosses 4x4 noires aux vitres teintees, chauffeurs et ordonnances (pour servir madame et deposer les enfants a l'ecole), notes de frais et meme, pour certains, racket de toutes sortes. Fashikha.....
00 h 07, le 19 juillet 2022