Le British Open de golf (tournoi du grand chelem) célèbre sa 150e édition sur le plus historique des parcours, l’Old Course de Saint Andrews, où le jeu est né et dont le tracé remonte au milieu du… XVIIIe siècle. Glyn Kirk/AFP
Le British Open célèbre sa 150e édition à partir d’aujourd’hui jeudi sur le plus historique des parcours, l’Old Course de Saint Andrews, où le golf est né, avec un champ de joueurs éblouissant... peut-être pour la dernière fois.
– Les circonstances : le British Open, sobrement connu comme The Open, célèbre sa 150e édition sur le père de tous les parcours, l’Old Course de Saint Andrews, un links balayé par les vents et parsemé de 112 profonds bunkers, comme s’il avait été bombardé. Mais cet événement est terni par le conflit opposant le circuit traditionnel au circuit dissident LIV qui débauche des têtes d’affiche avec ses barils de pétrodollars. Le système de qualification pour les Majeurs (tournois du grand chelem) est basé sur le classement mondial. Or les joueurs ayant rejoint le LIV devraient être privés de points de classement. Des noms comme Dustin Johnson, Lee Westwood, Bryson DeChambeau, Ian Poulter, Brooks Koepka ou Patrick Reed vont jouer cette année The Open, mais peut-être pour la dernière fois. « Il vaudrait mieux que le vainqueur ne soit pas impliqué dans le LIV », estime l’ex-n° 1 mondial nord-irlandais Rory McIlroy.
– Le parcours : on jouait déjà au golf à Saint Andrews… au XVe siècle !
Aussi, l’Old Course, dont le tracé remonte au milieu du XVIIIe siècle, est-il devenu un court pour les joueurs et le matériel modernes. « On peut se rapprocher des greens avec le driver, mais ça ne veut pas dire qu’on enchaînera avec des birdies », prévient McIlroy. Il s’attend néanmoins à ce que les scores soient bas, mais, prévient-il, le parcours va devenir « très piégeux en fin de semaine ». Et notamment parce qu’il est défendu par une nuée de petits bunkers très profonds et très bien placés. De quoi saluer l’exploit de Tiger Woods qui les avait tous évités durant quatre tours lorsqu’il s’était imposé en 2000, remportant le premier de ses trois Opens et le quatrième de ses 15 Majeurs.
– Les principaux prétendants : qui pour succéder à l’Américain Collin Morikawa ? McIlroy, vainqueur de The Open en 2014 sur le parcours du Royal Liverpool, n’a plus remporté de Majeur depuis le PGA Championship la même année. Mais il vient de finir dans le top 8 des trois premiers Majeurs de l’année, il est remonté au 2e rang du classement mondial et vise donc la victoire ce dimanche. Le Britannique Tyrrell Hatton, membre de l’équipe d’Europe en Ryder Cup, visera son premier Majeur sur le parcours où il a remporté deux fois l’Alfred Dunhill Links Championship. Son compatriote Matt Fitzpatrick tentera d’enchaîner après son triomphe à l’US Open le mois dernier. L’Américain Scottie Scheffler (n° 1 mondial) a remporté quatre des plus gros tournois de la saison, dont le Masters. Il est forcément candidat au titre à Saint Andrews, sans oublier son compatriote Justin Thomas, vainqueur du PGA Championship en mai. Le jeune Américain Will Zalatoris (25 ans) est, désormais, parmi les vainqueurs possibles après avoir terminé 6e du Masters puis 2e du PGA Championship (battu en play-off par Thomas) et de l’US Open.
– Le cas Woods : reste le cas Tiger Woods, qui ne cache pas sa joie de pouvoir rejouer à Saint Andrews après le terrible accident de voiture dans lequel il a failli laisser sa jambe droite en février 2021. « Être là, pour mon sixième Open à Saint Andrews, capable de jouer sur ce parcours où est né le golf, c’est fantastique », reconnaît l’Américain de 46 ans, qui en était simplement à espérer il y a quelques mois « être capable de remarcher ». Tiger avait fait un retour remarqué en avril au Masters d’Augusta, échouant à la 47e place après deux premiers tours réussis. Il avait ensuite abandonné au 3e tour du PGA Championship, avant de renoncer à l’US Open. « Je marche bien plus facilement que lors des deux précédents Majeurs que j’ai joués (cette année) », assure-t-il, soulignant avoir renforcé musculairement sa jambe. Comme son swing n’est pas remis en question, McIlroy est convaincu que Woods a une carte à jouer pour la victoire : « Ce sera une partie d’échecs et, ces vingt dernières années, personne n’a été aussi fort dans ce genre de jeu d’échecs sur un parcours de golf que Tiger. »
Igor GEDILAGHINE/AFP

