Édito Édito

Bilan

« Oh ! je sais qu'ils feront des mensonges sans nombre

Pour s'évader des mains de la Vérité sombre,

Qu'ils nieront, qu'ils diront : ce n'est pas moi, c'est lui... »

Ces vers de Victor Hugo, tirés des Châtiments où le poète fustige avec virulence « Napoléon le Petit », me reviennent à l'esprit chaque fois que j'entends tel fanfaron essayer de se disculper en accusant les autres, et dénoncer la corruption alors qu'il en est lui-même l'un des porte-étendards. Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : le régime qui touche à sa fin aura réussi à tout rater et laisse aux Libanais un bilan des plus désastreux, marqué par l'explosion du port, le népotisme, la complaisance à l'égard de l'hégémonie, le désastre financier, la dépréciation de la livre, la déliquescence de l'administration, la faillite de tous les secteurs, les dérapages judiciaires, le scandale de l'électricité, l'imbroglio gazier et pétrolier, ou encore la rupture insensée avec l'environnement arabe... Notre seule planche de salut réside désormais dans l'élection d'un nouveau président de la République capable de rassurer les Libanais et la communauté internationale, et de relancer la machine. Toute velléité de prorogation doit être balayée par un refus catégorique car ni la Constitution ni l'âge du président sortant ni le bilan précité n'autorisent une telle (més)aventure. Bien qu'elles aient permis l'arrivée au Parlement d'un sang neuf et écarté quelques candidats indésirables, les élections législatives, boycottées par près de 60% des électeurs, auront été plutôt décevantes. En choisissant un président intègre et clairvoyant, capable de sauver le pays, les députés peuvent encore donner de l'espoir à notre peuple exsangue, lassé d'avaler des couleuvres. « L'habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même », écrivait Albert Camus. Il est temps de se désaccoutumer du désespoir.



« Oh ! je sais qu'ils feront des mensonges sans nombrePour s'évader des mains de la Vérité sombre,Qu'ils nieront, qu'ils diront : ce n'est pas moi, c'est lui... »Ces vers de Victor Hugo, tirés des Châtiments où le poète fustige avec virulence « Napoléon le Petit », me reviennent à l'esprit chaque fois que j'entends tel fanfaron essayer de se disculper...

commentaires (1)

En 1964 le Liban était l’un des quatre pays les plus riches au monde à côté des USA, l’Allemagne et la Norvège. Les anciens savent comment la chute avait commencé ; par l’agacement de Nasser de notre politique indépendantiste, suivi par l’Accord du Caire qui a été entériné par notre parlement de l’époque sans qu’il ne sache son contenu, et ainsi libéré partiellement Israël du respect de l’armatrice de 1949. Et puis la subvention massive des produits pétroliers et du blé qui sont venues à bout des finances étatiques, débouchant sur l’un des plus grands détournements et d’anéantissement de fonds de déposants dans l’histoire moderne. Le Liban ne s’en sortira pas que par une convention de neutralité sous l’égide de l’ONU, garantie par les grandes puissances, semblable à celle imposée à la Suisse en 1815 et à l’Autriche après la deuxième guerre mondiale.

L'impertinent

10 h 13, le 09 juillet 2022

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • En 1964 le Liban était l’un des quatre pays les plus riches au monde à côté des USA, l’Allemagne et la Norvège. Les anciens savent comment la chute avait commencé ; par l’agacement de Nasser de notre politique indépendantiste, suivi par l’Accord du Caire qui a été entériné par notre parlement de l’époque sans qu’il ne sache son contenu, et ainsi libéré partiellement Israël du respect de l’armatrice de 1949. Et puis la subvention massive des produits pétroliers et du blé qui sont venues à bout des finances étatiques, débouchant sur l’un des plus grands détournements et d’anéantissement de fonds de déposants dans l’histoire moderne. Le Liban ne s’en sortira pas que par une convention de neutralité sous l’égide de l’ONU, garantie par les grandes puissances, semblable à celle imposée à la Suisse en 1815 et à l’Autriche après la deuxième guerre mondiale.

    L'impertinent

    10 h 13, le 09 juillet 2022

Retour en haut