Le cheikh Naïm Kassem prononçant son discours, hier. Photo al-Markaziya
L’approche de la date des concertations contraignantes avec les groupes parlementaires en vue de la nomination du prochain Premier ministre, fixée à jeudi par la présidence de la République, a intensifié les déclarations politiques à ce sujet, dont l’une des plus marquantes, durant le week-end écoulé, a été exprimée par le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem. Celui-ci s’est clairement prononcé contre « un gouvernement de règlements de comptes ». Fidèle à la ligne que s’est fixée le parti pro-iranien depuis le soulèvement populaire d’octobre 2019 et les perturbations qui l’ont suivi, le secrétaire général adjoint a plaidé pour « un gouvernement national qui rassemble les parties en désaccord et pas seulement celles qui sont alliées ». Un cabinet d’union nationale, en somme, une option critiquée par beaucoup du fait de l’hétérogénéité des équipes qui en découlent.
« Nous sommes les fils d’un seul pays, soit nous travaillons main dans la main pour le sauver, ou bien nous laissons libre cours à nos tiraillements au risque de provoquer un effondrement encore plus grave », a-t-il souligné hier dans un discours à Rayak (Békaa), plaidant pour que les tractations ne tournent pas autour de « partages de quotes-parts, gains personnels et règlements de comptes ». Il a insisté sur « l’urgence » de former un gouvernement au regard de la situation économique et estimé qu’il faut profiter des quatre derniers mois du mandat présidentiel pour mettre en place un plan de redressement économique, signer un accord avec le Fonds monétaire international, approuver un plan pour le secteur de l’électricité et finaliser plusieurs dossiers socio-économiques.
Concertations en cours entre le Hezbollah et ses alliés
Pour sa part, le député Hassan Fadlallah, du groupe parlementaire du Hezbollah, a fait état hier de « contacts et concertations » entre le parti chiite et ses alliés pour se mettre d’accord sur la nomination du futur Premier ministre, en amont des consultations parlementaires contraignantes de jeudi, soulignant que le parti ne divulguera pas le nom de la personnalité qu’il aura choisie avant cette échéance.
« Des contacts et concertations sont en cours avec nos alliés et des groupes parlementaires pour concrétiser une position concernant la nomination d’un Premier ministre désigné, afin de choisir une personne capable de former le cabinet », a déclaré M. Fadlallah au cours d’une rencontre populaire avec des électeurs de sa circonscription, dans la région de Bint Jbeil au Liban-Sud. « Lorsque nous aurons pris une décision finale, elle sera annoncée jeudi prochain », au moment des consultations, a-t-il ajouté. Il a exprimé l’espoir d’un « large accord entre les groupes parlementaires concernant le futur cabinet parce qu’il serait compliqué pour un gouvernement d’un seul bord ou de majorité » de parvenir à ses objectifs, et souhaité que le cabinet soit formé « avant la fin du mandat du président de la République » Michel Aoun, en octobre.
M. Fadlallah a dénoncé « certaines tournées d’ambassadeurs liées à la nomination du président du Conseil et à la formation du cabinet, afin d’imposer leurs contraintes », pointant notamment du doigt « l’ambassadrice américaine » Dorothy Shea, qu’il a accusée de « bloquer de nombreux projets, notamment celui de l’importation de courant et de gaz de Jordanie et d’Égypte, via la Syrie ».
Ces projets sont parrainés par Washington, et c’est Mme Shea qui les avait annoncés l’été dernier, en pleine pénurie d’électricité. Depuis, des discussions sont en cours entre tous les pays impliqués, et le Liban et l’Égypte devraient signer un accord « définitif » d’importation de gaz le 21 juin.



Le nom du futur inutile PM serait tenu secret? C’est un secret de polichinelles puisque tout le monde sait ce que veut HB. Quant au gouvernement national qu’il réclame, ce sera national de quelle nation sans indiscrétions aucune? Le jour où le HB serait nationaliste ou patriote libanais, les poules risquent d’avoir des dents.
13 h 22, le 20 juin 2022