Après un nouvel accord de dix ans annoncé hier jeudi par le promoteur du championnat du monde, Formula One, Melbourne continuera d’accueillir jusqu’en 2035 le Grand Prix de F1 d’Australie. Sydney, l’autre grande métropole australienne, avait voulu récupérer le Grand Prix, mais c’est bien l’offre de Melbourne qui a eu les faveurs de la F1. Con Chronis/AFP
Max Verstappen (Red Bull), solidement installé en tête du championnat du monde de F1, a l’occasion au Canada de creuser l’écart sur son rival Charles Leclerc (Ferrari), rétrogradé à la 3e place après son abandon en Azerbaïdjan et en quête de rebond. La F1 est de retour ce week-end à Montréal après deux ans d’absence sur fond de crise sanitaire due à la pandémie de coronavirus, et c’est à peine si l’on évoquera le dernier vainqueur sur le circuit Gilles Villeneuve, Lewis Hamilton. En 2019, le pilote Mercedes surclassait encore la concurrence et s’offrait sa 7e victoire au Québec. Mais en cette saison 2022, le septuple champion du monde n’est plus en mesure de gagner, à la régulière, au volant d’une Flèche d’argent réduite à jouer le troisième rôle derrière Red Bull et Ferrari.
À un tiers de la saison, avant la 9e course sur 22 ce dimanche, l’heure d’un premier bilan a sonné et le maître horloger n’est autre que le tenant du titre : Verstappen, 21 points devant son équipier Sergio Pérez et 34 devant Leclerc. Le rubis néerlandais a tout pour continuer à briller. D’une part, une confiance décuplée par son premier titre mondial. D’autre part, une Red Bull née pour gagner et dont les problèmes de fiabilité du début de saison (double abandon à Bahreïn et abandon en Australie pour Verstappen) semblent oubliés. Avec le fidèle lieutenant Pérez, prêt à sacrifier sa place pour le leader « Max », Red Bull tient un duo au sommet. Une première pour le taureau ailé depuis 2011, alors avec Sebastian Vettel et Mark Webber.
Ainsi, pour empêcher le retour de l’hégémonie Red Bull (2010-2013), Ferrari doit mettre au placard ses démons. Après avoir dominé le début de saison grâce aux victoires de Charles Leclerc à Bahreïn et à Melbourne, Ferrari accumule les erreurs. En Espagne et la semaine dernière à Bakou, Leclerc a abandonné sur problèmes mécaniques alors qu’il menait. À Monaco, c’est une mauvaise stratégie qui lui a coûté la victoire. Pourtant, Leclerc est en grande forme. Si le pilote monégasque est parti à la faute en Italie en avril, finissant 6e alors qu’une 3e place était acquise, il est depuis irréprochable et vient de signer les quatre dernières pole positions. Le plus rapide sur un tour, c’est lui. Reste à Ferrari de lui donner une machine et une tactique capables de s’inscrire dans la durée. Avec déjà 80 unités de moins que Red Bull au classement des constructeurs, le temps commence à presser pour Ferrari si la Scuderia veut offrir à ses tifosi un premier titre depuis 2008 ou depuis 2007 chez les pilotes.
À l’affût, Mercedes est 3e à 38 points de Ferrari. Portée par sa recrue George Russell (4e à 17 points de Leclerc), l’écurie allemande devra encore gérer ses problèmes de « marsouinage ». Des rebonds fâcheux qui valent à Hamilton et ses 37 bougies des douleurs au dos, comme il s’en est plaint dimanche dernier lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan dans les rues de Bakou. Russell, Carlos Sainz Jr. (Ferrari), Pierre Gasly (AlphaTauri), Valtteri Bottas (Alfa Romeo) ou encore Daniel Ricciardo (McLaren)... les pilotes sont nombreux à regretter l’absence de solution face aux rebonds dans les lignes droites. Ce week-end, ils vont encore devoir faire avec sur le circuit fluvial de l’île Notre-Dame. Avant que les ingénieurs ne corrigent le tir sans perdre en performance, de l’eau aura coulé sous les ponts du Saint-Laurent.
L’Albert Park va être rénové
Par ailleurs, le Grand Prix d’Australie continuera de se tenir à Melbourne jusqu’en 2035, suite à un nouvel accord de dix ans annoncé hier jeudi par le promoteur du championnat du monde, Formula One. « La course a toujours été considérée comme l’une des préférées des fans, des pilotes et des équipes. Melbourne est une ville internationale incroyable et dynamique qui correspond parfaitement à notre sport », a expliqué Stefano Domenicali, PDG de la F1, dans un communiqué.
La course, lancée en 1928, s’est tenue de 1985 à 1995 à Adélaïde avant de déménager l’année suivante à Melbourne où elle s’est tenue sans discontinuer depuis, à l’exception de 2020 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19. Depuis son arrivée au calendrier, Melbourne avait l’habitude de lancer la saison de F1 – sauf en 2006, 2010 et 2022, quand le championnat a commencé à Bahreïn.
En 2023, dans un calendrier qui reste à parfaire et pourrait contenir un record de 23 ou 24 dates, il est peu probable que l’Australie soit le premier Grand Prix de l’année, a précisé une source proche des négociations entre la F1 et le promoteur local. Et pour la première fois, en 2023, la F2 et la F3, séries d’éclosion des jeunes talents, se produiront également à Melbourne le même week-end que la F1. « C’est une annonce sensationnelle qui est tout simplement formidable pour Melbourne et l’État de Victoria », a déclaré le directeur du Grand Prix d’Australie Andrew Westacott.
Dans le cadre de ce partenariat renouvelé, le circuit de l’Albert Park va être rénové avec une modernisation du paddock et de la voie des stands. Sydney, l’autre grande métropole australienne, avait voulu récupérer le Grand Prix, mais c’est bien l’offre de Melbourne qui a eu les faveurs de la F1. « Le Grand Prix d’Australie n’a jamais été aussi important, avec plus de 419 000 personnes se rendant à l’Albert Park pour la course de cette année » – remportée par Charles Leclerc avec Ferrari –, a souligné Martin Pakula, ministre du Tourisme de l’État de Victoria, dans le communiqué de la F1. « Nous savons combien cet événement est important pour notre économie, et c’est pourquoi nous avons assuré la plus longue prolongation de la course depuis qu’elle se déroule à Melbourne », a-t-il ajouté.
La popularité de la F1 a atteint de nouveaux sommets, en partie grâce à la série Netflix Drive to Survive qui a attiré un public plus jeune et a propulsé les pilotes au rang de superstars.
Une absence de 30 ans
En outre, l’Afrique du Sud, absente du calendrier depuis près de 30 ans, pourrait y revenir dès la saison prochaine, ont indiqué des sources du milieu de la F1. L’Italien Stefano Domenicali, PDG de Formula One, est depuis lundi dernier en visite dans le pays pour rencontrer des responsables du circuit de Kyalami, au nord de Johannesburg, où se tiendrait la course. Pour l’heure, rien n’est signé.
Le circuit a accueilli des Grands Prix de F1 de 1967 à 1985, avant de disparaître du championnat du monde pour cause de boycott contre le régime raciste de l’apartheid. Deux courses y ont été organisées en 1992 et 1993 dans la foulée de la libération de Nelson Mandela, mais une faillite du promoteur local a mis un terme à l’aventure sud-africaine de la F1. L’Autrichien Niki Lauda a gagné trois fois à Kyalami et le Français Alain Prost deux fois, dont la dernière course en 1993. Depuis, plus aucun Grand Prix de F1 n’a été disputé sur le continent africain.
Plus tôt cette saison, Formula One avait annoncé l’arrivée d’un nouveau Grand Prix en 2023, à Las Vegas, dans le Nevada (États-Unis). À l’inverse, plusieurs des courses programmées cette saison ne sont pas encore assurées de figurer au calendrier l’année prochaine, notamment le Grand Prix de France ou celui de Belgique. Pour l’heure, Formula One envisage un nombre record de 24 courses la saison prochaine, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire liée au Covid-19 en Chine, où une course est prévue. Les « Accords Concorde », qui régissent la gouvernance et la répartition des revenus de la F1, limitent à 24 le nombre de Grands Prix sur une saison.
Source : AFP

