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Monde - Focus

Olaf Scholz sous pression sur les ventes d’armes

L’Allemagne promet son soutien militaire à l’Ukraine « aussi longtemps » que nécessaire.

Olaf Scholz sous pression sur les ventes d’armes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky saluant, hier, le chancelier allemand, Olaf Scholz, à Kiev. Ludovic Marin/Pool via Reuters

Le chancelier allemand a promis depuis le début de la guerre en Ukraine une multitude de livraisons d’armes mais elles peinent depuis à se concrétiser, une valse-hésitation qui lui vaut des critiques à Kiev comme dans son pays.

Arrivé jeudi matin en Ukraine, avec notamment le chef de l’État français, Olaf Scholz effectue un déplacement d’autant plus délicat qu’il est accusé par ses détracteurs de trop de complaisance envers Moscou, à l’image d’Emmanuel Macron.

« Tous les dirigeants de nos pays partenaires, et bien entendu le chancelier aussi, savent parfaitement ce dont l’Ukraine a besoin, le problème est juste que les livraisons (d’armes) de la part de l’Allemagne ne sont pas au niveau où elles pourraient être », a tancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit, à la veille de cette visite. Et dans un autre entretien à la chaîne allemande ZDF, le dirigeant a exhorté à « ne pas essayer de trouver un équilibre entre l’Ukraine et la relation avec la Russie ».

Confusion

Olaf Scholz ne cesse d’assurer l’Ukraine de son soutien, affirmant que l’Allemagne est l’un des principaux contributeurs à l’aide financière au pays. Dans une interview à des médias allemands en chemin vers Kiev, il s’est engagé à aider l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra », notamment en fournissant des armes. Hier encore, depuis Kiev, le chancelier allemand a réitéré sa promesse d’aider militairement l’Ukraine « aussi longtemps » que le pays en aura besoin. « (...) Nous aidons l’Ukraine avec des livraisons d’armes, nous continuerons à le faire aussi longtemps que l’Ukraine en aura besoin », a assuré M. Scholz lors d’une conférence de presse commune avec les dirigeants ukrainien, français, italien et roumain.

Les responsables ukrainiens attendaient, eux, que le chancelier « n’arrive pas les mains vides » et garantisse une livraison rapide d’équipements militaires indispensables pour combattre l’invasion russe.

Pour Marina Henke, directrice du Center of International Security, le vrai problème est l’état de « confusion » de la politique de la chancellerie allemande sur la ligne à suivre face à Moscou, après des décennies de partenariat étroit.

« Il n’y a pas d’impression de cap clair », explique-t-elle, contrairement aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à de nombreux pays d’Europe de l’Est, qui ont identifié la Russie comme adversaire et sont en pointe dans les livraisons d’armements. « Ici, en Allemagne, règne l’idée que la Russie est un pays gigantesque à notre porte et qu’à chaque décision il faut songer à comment nous allons faire pour vivre avec elle à long terme », analyse-t-elle.

Marcel Dirsus, de l’Institut pour la sécurité politique de Kiel, parle lui de « tentative presque délibérée d’en faire aussi peu que possible » pour l’Ukraine « et de se sortir de cette manière » du dilemme.

Sondages en baisse

Cette prudence semble, d’après les sondages, soutenue par une majorité de l’opinion allemande. Mais les atermoiements apparents de la politique suivie contribuent à la baisse du parti social-démocrate d’Olaf Scholz, distancé désormais par l’opposition conservatrice dans les intentions de vote et même dépassé par les écologistes, nettement plus favorables à un soutien militaire affirmé à Kiev.

Parmi les armes récemment promises par Berlin, figure le système de défense antiaérienne Iris-T, censé protéger une grande ville d’Ukraine contre les frappes aériennes. Problème : juste après l’annonce du chancelier début juin, sa ministre des Affaires étrangères a prévenu que la livraison pourrait prendre des mois.

Des lance-roquettes Mars II, pouvant atteindre des cibles jusqu’à 40 km de distance, doivent en principe parvenir à l’Ukraine en août ou septembre, mais seulement si les soldats ukrainiens sont formés d’ici là. Le problème est identique pour des obusiers annoncés en mai.

Quant aux chars antiaériens de type Guepard, promis en avril, ils ne seront livrés au plus tôt qu’en juillet en raison d’un manque de munitions.

Pendant ce temps, la Pologne reproche à Berlin de ne pas encore lui avoir livré des chars Leopard pour remplacer des équipements déjà livrés à l’Ukraine.

Conclusion pour Die Zeit : « La politique allemande à l’égard de l’Ukraine est entourée depuis des semaines d’un brouillard fait de grandes annonces, de problèmes logistiques, de retraits tactiques et d’absence de clarté dans les discours. »

Berlin parle à ce sujet d’« ambiguïté stratégique ». Mais pour l’hebdomadaire allemand, « les Ukrainiens en paient le prix quotidiennement », ajoutant : « Clarté et honnêteté sont le minimum que Scholz doit amener en Ukraine. »

Hui Min NEO/AFP

Le chancelier allemand a promis depuis le début de la guerre en Ukraine une multitude de livraisons d’armes mais elles peinent depuis à se concrétiser, une valse-hésitation qui lui vaut des critiques à Kiev comme dans son pays.Arrivé jeudi matin en Ukraine, avec notamment le chef de l’État français, Olaf Scholz effectue un déplacement d’autant plus délicat qu’il est accusé par ses détracteurs de trop de complaisance envers Moscou, à l’image d’Emmanuel Macron.« Tous les dirigeants de nos pays partenaires, et bien entendu le chancelier aussi, savent parfaitement ce dont l’Ukraine a besoin, le problème est juste que les livraisons (d’armes) de la part de l’Allemagne ne sont pas au niveau où elles pourraient être », a tancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans l’hebdomadaire...
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