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Lifestyle - Insolite

L’étonnant musée des cheveux de la Cappadoce

La Turquie, ses îles de rêve, son Bosphore spectaculaire, ses palais, son riche paysage à mille facettes... Un opulent paradis d’évasion d’où percent aussi de petites oasis de charme qui valent le détour. Ce musée en est un.

L’étonnant musée des cheveux de la Cappadoce

Une vue de l’exposition des cheveux de toutes les provenances. Photo tirée du compte Instagram de Galip Hair Museum

La Cappadoce, cette région de la Turquie, est un spectacle en lui-même avec ses formations rocheuses, ses habitations millénaires creusées dans la pierre et une imprenable vue du ciel à bord de ces ballons multicolores. En redescendant sur terre, toujours, les amateurs de lieux extraordinaires peuvent se diriger vers la ville d’Avanos, connue depuis des millénaires pour sa faïence de haute qualité fabriquée à partir de la boue riche en minéraux du fleuve Kızılırmak, ou rivière Rouge. Cependant, durant ces dernières décennies, la ville a surtout été associée à un site unique dans son genre, le musée des cheveux, le « Hair Museum of Avanos ». Il a été créé par un potier turc chevronné nommé Galip. Cet artiste s’est doté d’une double enseigne, celle de ses créations ayant pignon sur rue et celle qu’il a baptisée Chez Galip. Ici on ne sert pas, comme on pourrait le croire, une cuisine locale. Il suffit de lire, un peu plus loin : musée des cheveux, situé au sous-sol du magasin, pour comprendre et s’interroger.

L’entrée du musée. Photo tirée du compte Instagram de Galip Hair Museum

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Plus de 16 000 mèches de femmes

Explications : ce musée particulier est monté dans une grotte naturelle pleine d’échantillons de cheveux de plus de 16 000 femmes, indique le site en ligne qui lui est consacré. Les murs, le plafond et toutes les autres surfaces, à l’exception du sol, sont recouverts de cheveux ayant appartenu à différentes femmes qui, après avoir visité cet endroit, ont voulu laisser une trace personnelle de leur passage. Elles ont ainsi épinglé à ces mèches des morceaux de papier révélant leurs identités respectives et leurs impressions. Quant à la raison pour laquelle elles ont effectué ce geste habituellement symbolique, c’est parce qu’elles ont voulu perpétuer une histoire romantique et vraie qui s’est passée là. En effet, il y a plus de 35 ans, une touriste française venue à la découverte de la région de la Cappadoce se rend à l’atelier de poterie Rock Carving, propriété de Galip Belukçü. Son séjour en Turquie durera trois mois, car une relation amoureuse s’était tissée entre elle et le potier. Puis, vint le jour où il lui a fallu retourner dans son pays. Avant le départ, elle coupe une mèche de ses cheveux et l’accroche au mur de l’atelier. Au fil du temps, les femmes qui ont visité le potier ont toutes eu vent de cette jolie histoire et en ont été fortement impressionnées. Au point qu’elles aussi coupaient une mèche de leurs cheveux et l’accrochaient au mur. Et c’est ainsi que le musée des chevelures a spontanément pris forme au cours des ans. Le cœur de milliers de femmes ayant battu pour cette idylle franco-turque a valu à ce musée d’entrer dans le livre Guinness des records en 1998. La touriste française ayant laissé les premières mèches était revenue quelques temps plus tard et avait été étonnée par ce qu’elle avait vu.

Une vue de l’exposition des cheveux de toutes les provenances. Photo tirée du compte Instagram de Galip Hair Museum

Déclaration d’amour en millions de mèches

Voulant sans doute garder vivant le souvenir de cet épisode amoureux de sa vie, devenu également une success-story, Galip, le propriétaire et fondateur du musée, organise chaque année une loterie de son cru qui se déroule en deux temps, en décembre et en juin. À La première cliente qui entre dans sa boutique durant ces deux mois, il sera demandé de jouer à la roue de la loterie, à savoir de choisir parmi le lot des différentes chevelures dix, dont leurs donatrices seront les heureuses gagnantes de ce jeu. Ces dernières auront droit à une semaine de vacances tous frais payés en Cappadoce. Elle pourront aussi, au cours de leur séjour, participer gratuitement à des cours de poterie. Une façon pour cet artiste de montrer sa gratitude envers les femmes qui l’ont aidé à créer ce musée unique qui attire chaque jour de nouveaux clients. Le musée des cheveux n’exige aucun tarif d’entrée et les femmes n’ont pas à faire don de leurs cheveux. Néanmoins, si elles le souhaitent, des ciseaux, du ruban adhésif, des stylos, du papier et des punaises leur seront fournis. C’est un peu l’époque romantique revisitée. Et peut-être une réminiscence de l’un des contes de fées des frères Grimm intitulé Raiponce. L’héroïne portant ce nom et qui était emprisonnée dans une tour inaccessible avait défait un jour ses longues nattes, les avait déroulées à travers la fenêtre et les avait laissé tomber le long du mur pour que son bien-aimé s’en serve comme corde pour grimper vers elle. Garder une mèche de cheveux, c’est tenter de prolonger la vie de l’être aimé. Et aussi, dit-on, une façon de mettre son âme entre les mains de l’autre. Le potier turc ne s’est pas contenté d’une mèche pour dire en public son amour, il l’a multipliée par des milliers d’autres.


La Cappadoce, cette région de la Turquie, est un spectacle en lui-même avec ses formations rocheuses, ses habitations millénaires creusées dans la pierre et une imprenable vue du ciel à bord de ces ballons multicolores. En redescendant sur terre, toujours, les amateurs de lieux extraordinaires peuvent se diriger vers la ville d’Avanos, connue depuis des millénaires pour sa faïence de...

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