Le ministre russe des Affaires étrangères, ,Sergueï Lavrov (g), et son homologue arménien, Ararat Mirzoïan. le 9 juin 2022 à Erevan. Photo AFP
Le ministre russe des Affaires étrangères,Sergueï Lavrov, a affirmé jeudi que Moscou était prêt à aider l'Arménie et l'Azerbaïdjan à négocier un traité de paix pour tourner la page d'une guerre pour le contrôle du Nagorny Karabakh en 2020.
"Nous sommes prêts à aider à la signature d'un accord de paix entre Erevan et Bakou", a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence de presse dans la capitale arménienne, où il s'est entretenu avec son homologue, Ararat Mirzoïan. "Le processus est en cours et nous sommes déjà prêts à y participer comme médiateurs, comme conseillers", a-t-il ajouté.
Cette proposition intervient alors que l'Union européenne a pris la tête des efforts visant à normaliser les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Pour Moscou, l'initiative diplomatique de Bruxelles représente une intrusion dans son pré carré du Caucase, qui menace de faire de l'ombre à ses propres efforts pour ramener la paix entre ces deux anciennes républiques soviétiques.
Ces derniers mois, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev ,se sont réunis à deux reprises à Bruxelles pour discuter d'un accord de paix, sous la médiation du président du Conseil européen, Charles Michel. Une autre rencontre est prévue en juillet, selon M. Michel.
Après une première guerre dans les années 1990, l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont affrontés à l'automne 2020 pour le contrôle du Nagorny Karabakh, une région montagneuse qui, soutenue par Erevan, avait fait sécession de l'Azerbaïdjan.
Dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu négocié par Moscou, l'Arménie a cédé des pans entiers de territoires qu'elle contrôlait. Cet accord est considéré en Arménie comme une humiliation nationale et plusieurs partis d'opposition organisent depuis mi-avril des manifestations contre M. Pachinian, qu'ils accusent de vouloir céder davantage de territoires à Bakou.
"Le Karabakh, c'est l'Arménie !", "Il n'y aura pas d'autre capitulation !", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants réunis jeudi devant le ministère des Affaires étrangères où M. Lavrov a rencontré son homologue arménien.


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