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Sport - Tennis / Roland-Garros

Les sessions nocturnes créent la polémique

Nadal bat Djokovic de haute lutte au bout de la nuit, Zverev écarte Alcaraz à l’expérience.

Les sessions nocturnes créent la polémique

Vainqueur de Novak Djokovic au bout d’un énième duel mémorable et 4h12 de combat, à 1h16 du matin à Paris (2h16 à Beyrouth), Rafael Nadal a regretté que les sessions nocturnes de Roland-Garros commencent si tard la nuit. Rejoint en cela par son adversaire et créant la polémique concernant les matches de nuit imposés par les diffuseurs TV. Christophe Archambault/AFP

Un match commencé en mai et terminé en juin : le quart de finale du tournoi de tennis de Roland-Garros entre Novak Djokovic et Rafael Nadal, qui a débuté mardi en milieu de soirée, s’est terminé hier mercredi à 1h16 du matin à Paris (2h16 à Beyrouth), relançant les critiques, y compris des joueurs, sur les sessions nocturnes de cette seconde levée du Grand Chelem.

Ainsi, les deux joueurs ont regretté cette heure tardive liée, ont-ils souligné, à la volonté des diffuseurs qui « versent beaucoup d’argent ». « C’est trop tard, sans aucun doute », a lâché le vainqueur, Nadal, qui a dû se plier ensuite à l’exercice de la conférence de presse. « Je ne peux pas me plaindre parce que j’ai deux jours de repos (avant la demi-finale demain vendredi), mais si je n’en avais qu’un, ou si l’on prend le cas de Zverev à Madrid (qui a terminé sa demi-finale à 1h passée, s’est couché à 5h20 et dû jouer la finale 13 heures plus tard), alors, c’est un gros problème », a souligné Nadal. « Je comprends évidemment l’autre côté du business, que les télévisions versent beaucoup d’argent pour avoir des matchs aussi tard, et du coup, le tournoi reçoit de l’argent et les joueurs aussi », a-t-il reconnu, estimant cependant qu’il y avait un « équilibre » à trouver. « Commencer les matchs à 21h sur terre battue, au meilleur des cinq sets, ça peut durer très longtemps », a-t-il rappelé. « Les sessions nocturnes débutent trop tard », a également déploré Djokovic. « Mais ce sont les TV qui décident. C’est le monde dans lequel nous vivons. Les diffuseurs décident que ce match se jouera de nuit, celui-là de jour. Ils donnent de l’argent, ils décident », a-t-il ajouté.

La directrice du tournoi de Roland-Garros, l’ancienne joueuse Amélie Mauresmo, a reconnu hier que l’horaire des sessions de nuit du Grand Chelem parisien pouvait « poser question » en matière de confort des joueurs, après les critiques émises par Rafael Nadal et Novak Djokovic. « L’horaire des matches du soir peut poser question de ce point de vue-là (celui du confort des joueurs). Ce sont des questions que je me pose aussi. Le bilan, on le fera à la fin », a jugé en conférence de presse

l’ex-n° 1 mondiale. Si Mauresmo comprend les réticences des joueurs – « certains détestent, d’autres le ressentent comme un privilège » –, la directrice du tournoi y voit un intérêt pour les spectateurs. Même si, en plus de la partition des lots de droits TV, la billetterie du court central est elle aussi partagée entre session de journée et match du soir. « Le match a fini à 1h15-1h30, le stade était plein. Quelques personnes seulement sont parties », a-t-elle rappelé à propos du choc entre les deux géants. « Les sessions de soirée, quand vous êtes dans le stade, pour moi, l’intérêt est évident. C’était plein tous les soirs », a-t-elle ajouté. Se pose néanmoins la question du transport, a reconnu Mauresmo, un « point-clé dans le futur ». L’horaire de fin du match entre Nadal et Djokovic a empêché les spectateurs en tribunes d’utiliser le métro, fermé, pour regagner leur domicile. « On n’a pas les moyens aujourd’hui d’organiser quelque chose pour 15 000 personnes qui sortent », a-t-elle constaté, ouvrant la piste d’un dialogue « avec la ville de Paris pour peut-être pousser plus loin le système de métro ou de bus ».

Les sessions nocturnes, apparues à Roland-Garros en 2021, sont le résultat d’un appel d’offres pour les droits de diffusion TV du tournoi lancé en 2019. Celui-ci prévoit un lot comprenant dix sessions de nuit, actuellement diffusées en France par Amazon sur la plateforme payante Prime Video. La dernière de l’édition 2022 opposait hier Casper Ruud à Holger Rune, le dernier quart de finale masculin de la quinzaine. En outre, France Télévisions, diffuseur public historique de Roland-Garros, détient les droits de diffusion des matches joués en journée – à l’exception de ceux sur le court Simonne-Mathieu.

Un miracle permanent

Sur l’ocre, le 59e épisode de la rivalité Nadal-Djokovic a donc tenu le public en haleine jusqu’à 1h passée : au bout d’un énième duel mémorable et 4h12 de combat, Rafael Nadal

(n° 5 mondial) a défié la logique face à Novak Djokovic (n° 1) en quarts de finale (6-2, 4-6, 6-2, 7-6 (7/4)) pour gagner de haute lutte sa place en demi-finales. Pour une place en finale, Nadal affrontera Alexander Zverev (n° 3), tombeur du phénomène Carlos Alcaraz (n° 6).

Même avec une préparation loin d’être idéale, Nadal, chez lui sur la terre battue parisienne où il a triomphé treize fois, avait promis « d’essayer de toutes ses forces ». Et il s’est agrippé à sa profession de foi pour faire mordre la poussière au tenant du titre, non sans avoir écarté deux balles de 5e set. « C’est une nuit inoubliable. Je doutais du fait d’être capable de jouer au niveau dont j’avais besoin pour avoir vraiment une chance », a avoué Nadal, lui-même « surpris » par son niveau de jeu retrouvé comme par enchantement. Une fracture de fatigue à une côte à deux mois de Roland-Garros ? Une saison sur ocre lancée plus tard que jamais début mai ?

Un nouveau coup dur à une dizaine de jours du Grand Chelem parisien quand son pied gauche, rongé depuis qu’il a 18 ans par un mal « chronique et incurable » (nécrose de l’os scaphoïde), l’a trahi une fois de plus ?

Un combat de près de quatre heures et demie en cinq manches 48 heures avant de s’attaquer à Djokovic ? Rien, jamais, n’est impossible pour le champion aux mille blessures et aux mille et une renaissances qui fêtera ses 36 ans demain vendredi. « Ce n’est pas la première fois qu’il parvient à revenir à 100 % physiquement quelques jours seulement après avoir eu mal et être tout juste parvenu à quitter le court sur ses pieds », a commenté Djokovic, « pas étonné ».

Plus tôt en soirée, c’est le rêve d’Alcaraz de conquérir un premier sacre majeur, seulement deux mois après avoir fêté ses 19 ans, qui s’est évanoui. Présenté comme un sérieux prétendant au trophée après son printemps ébouriffant, Alcaraz a été stoppé net par Zverev, vainqueur à l’expérience en quatre manches (6-4, 6-4, 4-6, 7-6 (9/7)), après avoir échoué à convertir une balle de 5e set dans le tie-break (à 6-5). De Barcelone à Paris, en passant par Madrid, Alcaraz restait sur une série de quatorze matches gagnés consécutivement. Mais Zverev, impuissant début mai en finale dans la capitale espagnole (6-3, 6-1) face à la furia d’Alcaraz, a pris sa revanche à la porte d’Auteuil.

Deux bizuts en demi-finales

Dans le tableau féminin, Cori Gauff, promise depuis l’adolescence à un grand avenir, s’est invitée pour la première fois en demi-finales d’un tournoi majeur à 18 ans, aux dépens de Sloane Stephens (7-5, 6-2). Tout comme Martina Trevisan, à 28 ans, tombeuse (6-2, 6-7 (7/3), 6-3) de Leylah Fernandez. Deux premières demi-finalistes novices, donc. Avant 2022, chacune avait déjà atteint les quarts à Paris, mais c’est bien le seul point commun des deux adversaires aujourd’hui. Gauff, qui pointe au 18e rang mondial, est un phénomène de précocité, quand Trevisan a atteint cette semaine le meilleur classement de sa carrière, une 59e place.

Un an après avoir été stoppée au même stade (7-6 (8/6), 6-3) par la future lauréate Barbora Krejcikova, Gauff a ainsi franchi un nouveau cap. Victorieuse de son premier tournoi WTA à Linz en 2019, à 15 ans et 214 jours, elle peut devenir la plus jeune finaliste depuis Kim Clijsters en 2001. Jusqu’ici, le meilleur parcours de Trevisan dans un tournoi du Grand Chelem était un quart, déjà à Roland-Garros en 2020. Issue des qualifications, elle avait été balayée par la future lauréate et actuelle

n° 1 mondiale Iga Swiatek (6-3, 6-1). Prénommée Martina par sa mère en référence à Navratilova, Trevisan ne ressent « aucune pression » à cause de ce nom. Elle a même l’ascendant sur Gauff : lors de leur seule rencontre, justement sur la terre battue parisienne en 2020, elle avait renversé Gauff en trois sets.

Source : AFP

Un match commencé en mai et terminé en juin : le quart de finale du tournoi de tennis de Roland-Garros entre Novak Djokovic et Rafael Nadal, qui a débuté mardi en milieu de soirée, s’est terminé hier mercredi à 1h16 du matin à Paris (2h16 à Beyrouth), relançant les critiques, y compris des joueurs, sur les sessions nocturnes de cette seconde levée du Grand Chelem.Ainsi, les deux joueurs ont regretté cette heure tardive liée, ont-ils souligné, à la volonté des diffuseurs qui « versent beaucoup d’argent ». « C’est trop tard, sans aucun doute », a lâché le vainqueur, Nadal, qui a dû se plier ensuite à l’exercice de la conférence de presse. « Je ne peux pas me plaindre parce que j’ai deux jours de repos (avant la demi-finale demain vendredi), mais si je n’en avais qu’un,...
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