Un vue aérienne prise le 3 mai 2022 d’un hôtel détruit par une frappe aérienne russe sur la ville de Chernigiv, au nord de l’Ukraine. Genya Savilov/AFP
La Commission européenne a proposé mercredi un embargo progressif de l’UE sur le pétrole et les produits pétroliers russes, dans le cadre d’un nouveau paquet de sanctions contre Moscou, tandis que les combats faisaient rage sur le site d’Azovstal dans le port dévasté de Marioupol, selon son maire.
L’Union européenne a aussi annoncé qu’elle allait « considérablement accroître » son soutien militaire à la Moldavie face aux craintes de voir le conflit s’étendre à cette petite ex-république soviétique de 2,5 millions d’habitants, coincée entre l’Ukraine et la Roumanie.
« Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d’ici à la fin de l’année », a déclaré hier à Strasbourg la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Cet embargo doit être mis en place de manière à permettre d’autres voies d’approvisionnement, a-t-elle précisé, le pétrole russe représentant environ un quart des importations d’« or noir » de l’UE.
D’après des responsables européens, le projet de la Commission prévoit une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie, deux pays enclavés et totalement dépendants des livraisons par l’oléoduc « Droujba », qui pourront continuer leurs achats à la Russie en 2023. La Hongrie a cependant rejeté la proposition « dans sa forme actuelle » faite aux États membres, jugeant qu’une telle mesure « détruirait complètement » sa sécurité énergétique. Un rejet immédiatement fustigé par le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, pour qui les pays de l’UE qui refusent l’embargo sur le pétrole se rendent « complices » des « crimes » commis par les Russes en Ukraine.
Pour ce sixième paquet de sanctions contre la Russie, Bruxelles propose également d’exclure trois banques russes supplémentaires – dont Sberbank, de loin le plus gros établissement russe – du système financier international Swift.
Le Royaume-Uni a lui aussi annoncé hier une nouvelle salve de sanctions, dont l’interdiction de fournir à la Russie des services tels que la comptabilité et le conseil, mais aussi des gels d’avoirs et interdictions d’entrée sur son territoire, visant en particulier des correspondants de guerre russes embarqués avec les forces du Kremlin.
Le président américain Joe Biden a quant à lui déclaré qu’il discuterait cette semaine avec les autres pays du G7 de possibles sanctions « supplémentaires » contre la Russie.
Manœuvres militaires biélorusses
La Commission européenne préconise par ailleurs de sanctionner le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, qui a multiplié les sermons soutenant l’intervention militaire en Ukraine.
De Chisinau, la capitale moldave, le président du Conseil européen Charles Michel a aussi annoncé que les Européens prévoyaient « cette année de considérablement accroître (leur) soutien à la Moldavie en livrant des équipements militaires supplémentaires à ses forces armées ». Une annonce qui intervient quelques jours après des attaques dans le territoire séparatiste moldave prorusse de Transnistrie et après des propos fin avril d’un général russe, Roustam Minnekaïev, selon qui la prise du sud de l’Ukraine permettrait aux Russes d’avoir un accès direct à cette région.
Sur le terrain en Ukraine, les forces russes continuaient leur offensive dans l’Est et tiraient aussi des missiles sur de nombreuses cibles à travers ce pays, jusqu’à Lviv près de la frontière polonaise, dans l’Ouest, et la région montagneuse de Transcarpatie proche de la Hongrie, jusque-là préservée de la guerre.
Dans la partie orientale, les Russes cherchent à « s’assurer le contrôle total des régions de Donetsk et Lougansk et à maintenir un couloir terrestre vers la Crimée occupée », a déclaré
l’état-major de l’armée ukrainienne hier matin. « Afin de détruire les infrastructures de transport de l’Ukraine, l’ennemi a tiré des missiles sur des installations dans les régions de Dnipropetrovsk, Kirovograd, Lviv, Vinnytsia, Kiev, de la Transcarpatie, d’Odessa et de Donetsk », a-t-il ajouté.
Aux frontières nord de l’Ukraine, la Biélorussie, un allié de Moscou, a entamé de son côté hier des manœuvres militaires « surprises », censées tester les capacités de réaction de son armée, selon son ministère de la Défense.
Défilé militaire à Marioupol ?
Dans le Sud-Est, de « violents combats » étaient en cours sur le site d’Azovstal à Marioupol, a affirmé hier son maire Vadim Boïtchenko, bien que Moscou ait assuré ne pas donner l’assaut à cette immense usine où sont retranchés des combattants ukrainiens. « Nous avons perdu le contact avec les gars. Nous ne pouvons pas savoir ce qui s’y passe, s’ils sont en sécurité ou non », a ajouté M. Boïtchenko. Un commandant ukrainien du régiment Azov qui défend l’aciérie avait annoncé mardi que les Russes avaient déclenché « un puissant assaut » sur ce site, mais le Kremlin a démenti cette information mercredi. « L’ordre a été publiquement donné (le 21 avril) par le commandant en chef (Vladimir Poutine) d’annuler tout assaut. Il n’y a pas d’assaut, » a martelé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ajoutant que les forces russes n’intervenaient que pour « enrayer très rapidement les tentatives » de combattants ukrainiens de rejoindre des « positions de tir ».
Selon les renseignements ukrainiens, la Russie prépare un défilé militaire à Marioupol pour le 9 mai, jour où Moscou célèbre en grande pompe la victoire de 1945 sur l’Allemagne nazie. « Les principales avenues de la ville sont nettoyées d’urgence, les débris et les corps des morts enlevés, tout comme les munitions qui n’ont pas explosé », ont-ils dit.
L’ONU a, de son côté, annoncé mardi avoir réussi à évacuer plus de cent civils du site d’Azovstal, où des dizaines d’autres sont toujours retranchés avec des combattants ukrainiens dans des galeries souterraines datant de la Seconde Guerre mondiale, sans nourriture ni médicaments. Ceux qui ont enfin pu être évacués ont commencé à raconter l’enfer qu’ils ont vécu des semaines durant.
Mercenaires israéliens
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a plaidé mardi pour « davantage de pauses humanitaires » négociées entre Kiev et Moscou, comme celle ayant permis l’évacuation des civils d’Azovstal.
Sur le front diplomatique, la Russie a décidé de boycotter une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU avec le Comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE mercredi, illustrant une nouvelle dégradation des relations entre Moscou et ses partenaires aux Nations unies, selon des diplomates.
La Russie a par ailleurs interdit hier l’accès à son territoire à plus de 60 responsables japonais, dont le Premier ministre Fumio Kishida, en représailles aux sanctions prises par la Japon.
Moscou a en outre affirmé que des « mercenaires israéliens » combattaient en Ukraine aux côtés du régiment Azov, que Moscou qualifie de « nazi ». De quoi alimenter la polémique suscitée par une sortie du chef de sa diplomatie Sergueï Lavrov sur le prétendu « sang juif » d’Hitler.
Source : AFP


sur qu'il est difficile de se prononcer sur les cotes negatifs toujours possibles -a revoir donc- de l'Union Européenne. mais je me demande quand meme comment avait elle decide que l'unanimite etait necessaire lors d'un vote sur un sujet quelconque ? Yaani attendre que 27 pays soient d'accord sur un meme sujet ? PS. etant donne que cela reste extremement difficile uniquement pour un sujet vraiment tres serieux....
15 h 11, le 05 mai 2022