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Dernières Infos - Explosions du 4 août

Des proches de victimes accusent le ministre des Finances de "protéger des criminels"


Des proches de victimes accusent le ministre des Finances de

Vue sur le port de Beyrouth et les silos détruits, le 14 avril 2022. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Des proches de victimes de la double explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth ont accusé mercredi le ministre des Finances, Youssef Khalil, de bloquer sciemment l'enquête sur le drame en ne signant pas un projet de nomination judiciaire. L'instruction est bloquée puis plus de quatre mois.

Ce projet que M. Khalil s'abstient depuis plusieurs jours de signer, arguant d'une "faute fondamentale" liée à la répartition confessionnelle, doit permettre de nommer six des dix présidents de chambres de la Cour de cassation qui forment l’assemblée plénière de cette instance. Or cette assemblée est la juridiction compétente pour débloquer le processus d'enquête, car c’est elle qui statue sur les recours en responsabilité de l’État contre les "fautes lourdes" du juge Tarek Bitar, chargé de l'instruction, ainsi que du juge Naji Eid, lui-même chargé d’examiner un recours en dessaisissement intenté contre M. Bitar par Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, députés et anciens ministres appartenant au camp du président de la Chambre, Nabih Berry, et poursuivis dans le cadre de l'enquête. Établies en mars par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et aussitôt signées par le ministre de la Justice, Henri Khoury, ces nominations sont nécessaires afin que puisse siéger l’assemblée plénière, qui a perdu depuis janvier le quorum requis (5) pour ses réunions : le nombre de ses membres était alors passé à quatre, en raison des départs à la retraite des six autres. Sauf que ce projet de décret portant sur les nominations qui, en raison de tiraillements politiques, a pris deux mois pour aboutir, s’est arrêté à la porte du ministre des Finances, alors que, dans la foulée de la signature de Youssef Khalil, il devrait être transmis au chef du gouvernement et au président de la République en vue d’être approuvé et rendu public.

Lors d'une conférence de presse, les familles des victimes et des dix pompiers tués dans la déflagration ont accusé le ministre des Finances de "porter atteinte à l'indépendance de la justice et d'enfreindre le principe de séparation des pouvoirs" afin de "protéger des criminels et des tueurs". M. Khalil est considéré comme proche du camp berryste. 

En retardant la reprise de l'instruction, M. Khalil est responsable, selon les proches de victimes, "d'empêcher l'enquête avec le Portugais Jorge Moreira", arrêté mercredi dernier à Madrid. Il était recherché par Interpol en lien avec la double explosion et par le Liban "pour un délit de terrorisme et usage d'explosifs entraînant la mort". 

Reprochant à Youssef Khalil d'avoir refusé de les recevoir, les proches de victimes ont mis en garde contre une future mobilisation devant son domicile s'il ne signe pas le décret. 

L'explosion, le 4 août 2020, de plusieurs centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis des années dans le port de Beyrouth "sans mesure de précaution" de l'aveu même des autorités, avait fait plus de 220 morts, dévastant des quartiers entiers de la capitale.


Des proches de victimes de la double explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth ont accusé mercredi le ministre des Finances, Youssef Khalil, de bloquer sciemment l'enquête sur le drame en ne signant pas un projet de nomination judiciaire. L'instruction est bloquée puis plus de quatre mois.Ce projet que M. Khalil s'abstient depuis plusieurs jours de signer, arguant d'une "faute...