Le ministre de l’Économie et du Commerce, Amine Salam. Photo D.R.
Réunie au Grand Sérail jeudi, la commission de la sécurité alimentaire présidée par le Premier ministre Nagib Mikati a fait le point sur ce dossier au cœur de l’actualité depuis l’invasion russe de l’Ukraine fin février. Le conflit armé a suspendu les importations de blé de ces deux pays, mettant notamment en péril l’approvisionnement de cette denrée essentielle dans un Liban déjà en crise.
À l’issue de cette réunion, à laquelle ont assisté de nombreux syndicats et professionnels du secteur, le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam a déclaré que toutes les denrées essentielles sont disponibles au Liban, mais que les cas du blé, du sucre et de l’huile végétale doivent être étudiés pour éviter toute pénurie de ces produits. Pour cela, le ministre a annoncé qu’un « plan de rationalisation et de développement du secteur agricole » sera à l'ordre du jour de la réunion du gouvernement prévue mercredi prochain, au cours de laquelle sera notamment présentée la possibilité d’accroître la culture du blé tendre au Liban.
Le Premier ministre Nagib Mikati avait à ce propos déclaré mercredi, lors d’une réunion principalement consacrée aux secteurs de la santé et de l’industrie pharmaceutique, que « des discussions avec le ministre de l’Agriculture, Abbas Hajj Hassan, et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont montré que le Liban peut atteindre en un an l’autosuffisance en blé par la culture de 8 000 dounoms dans différentes régions ». Un dounom équivalant au Liban à 1 000 mètres carré, cela reviendrait à cultiver 800 hectares.
Interrogé mardi par L’Orient-Le Jour, Amine Salam avait lui confirmé l’approbation du gouvernement pour l’achat par le ministère de l’Économie d’une réserve supplémentaire de 50 000 tonnes de blé aux quantités actuelles importées par les minotiers et professionnels du secteur. Le ministre avait également affirmé travailler avec la Banque mondiale sur un projet sur la sécurité alimentaire. Des informations qu’il a réitérées par la suite, ajoutant que ce projet peut être monté « en un mois », tout en soulignant la nécessaire collaboration de la Banque du Liban.
Supermarchés et jeûne du ramadan
La question du paiement aux caisses des supermarchés, actuellement divisé entre 50 % en carte bancaire et 50 % en espèces, a également été au cœur des discussions au cours de cette réunion, a poursuivi le ministre. Il a ainsi précisé que des contacts avec la Banque du Liban seront pris pour trouver un mécanisme permettant de réduire la charge sur les supermarchés tout en aidant le consommateur. Mi-mars, le syndicat des propriétaires de supermarchés avait en effet imposé cette règle de paiement en raison des restrictions mises en place par le secteur bancaire qui ne leur permet pas d’accéder librement aux fonds perçus par carte bancaire.
Enfin, en pleine période de jeûne, le carême ayant commencé chez les chrétiens et le mois de ramadan approchant pour les musulmans, « un panier alimentaire composé de 15 à 20 produits alimentaires essentiels à prix réduits » est en cours de préparation avec les professionnels du secteur, a également annoncé le ministre. Cette liste de denrées, accompagnée de leur grille tarifaire, sera affichée sur la plateforme du ministère de l’Économie afin que les prix dans les supermarchés soient tous similaires, voire uniformes. « Nous espérons pouvoir fournir cette liste dès après la réunion du Conseil des ministres mercredi prochain », a-t-il annoncé, avant de rappeler que tout monopole de produits est illégal et susceptible de poursuites judiciaires.

