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Sport - Athlétisme / Mondiaux En Salle

Rojas continue de marquer l’histoire

Rojas continue de marquer l’histoire

À Belgrade, lors des Mondiaux en salle d’athlétisme, la Vénézuélienne Yulimar Rojas s’est montrée phénoménale hier dimanche : elle a de nouveau repoussé très loin les limites de sa discipline en améliorant son record du monde du triple saut (15,74 m contre 15,67 m auparavant), pour s’offrir ainsi un troisième titre planétaire. Et la barre symbolique des 16 m ne semble même plus inaccessible à la Vénézuélienne, qui n’a jamais caché son ambition de devenir la première femme à l’atteindre. Andrej Isakovic/AFP

Phénoménale Yulimar Rojas : la Vénézuélienne a de nouveau repoussé très loin les limites de sa discipline en améliorant son record du monde du triple saut (15,74 m) pour s’offrir, hier dimanche à Belgrade lors des Mondiaux en salle d’athlétisme, un 3e titre planétaire. Sans rivale à sa mesure, la longiligne athlète (1,92 m) a encore un peu plus écrit l’histoire avec cette performance exceptionnelle, qui efface la marque de 15,67 m établie aux Jeux olympiques de Tokyo l’été dernier. Alors qu’elle se dirigeait comme d’habitude vers un succès facile, elle a sorti un dernier triple saut prodigieux à son ultime essai, comme au Japon, confortant sa place dans la légende de son sport.

Ses deux poursuivantes immédiates, l’Ukrainienne Marina Bekh-Romanchuk (14,74 m) et la Jamaïcaine Kimberley Williams (14,62 m), sont reléguées à au moins un mètre, signe du gouffre abyssal qui la sépare des autres concurrentes. Sept mois après avoir dépassé l’Ukrainienne Inessa Kravets, qui détenait le record du monde depuis 1995 (15,50 m), Rojas a démontré avec une facilité déconcertante qu’elle pouvait aller largement au-delà. La barre symbolique des 16 m ne semble même plus inaccessible à la Vénézuélienne, qui n’a jamais caché son ambition de devenir la première femme à l’atteindre. À seulement 26 ans, les opportunités ne manqueront pas pour celle qui règne sans partage sur le triple saut depuis près de cinq saisons.

Double championne du monde en plein air (2017 et 2019), trois fois sacrée en salle (2016, 2018, 2022) et médaillée d’or olympique (2021), la sociétaire de la section athlétisme du FC Barcelone allie des capacités physiques exceptionnelles à une technique parfaite, qu’elle affirme avoir peaufinée depuis 2018, y ajoutant « une force mentale » hors du commun. Issue d’un milieu défavorisé d’Altavista, en banlieue de Puerto La Cruz, ville côtière du Venezuela à 300 km à l’est de Caracas, Rojas a baigné dans le sport dès son plus jeune âge, s’essayant au volley-ball, au sprint et au saut en hauteur avant d’opter définitivement pour le triple saut. Entraînée par le Cubain Ivan Pedroso, champion olympique du saut en longueur (2000), la Vénézuélienne a suivi parfaitement les conseils de son mentor pour s’envoler à son 6e essai après avoir mordu deux de ses cinq tentatives précédentes. Difficile de dire ce qui pourrait venir la contrarier dans les prochaines années. Elle souhaite même, si possible, pouvoir doubler à l’avenir triple saut et longueur. Avec Rojas, tous les rêves sont permis.

Jacobs, le récidiviste

Samedi, à Belgrade également, Marcell Jacobs, champion olympique du 100 m à la surprise générale à Tokyo, a de nouveau frappé fort en dominant le favori Christian Coleman pour s’emparer du titre mondial du 60 m sprint. Jacobs aime décidément déjouer tous les pronostics. Comme aux JO où personne ne l’attendait, l’Italien s’est offert le scalp de Coleman, qui pensait retrouver les sommets du sprint après avoir purgé 18 mois de suspension pour des manquements à ses obligations de localisation antidopage.

Arrivé en Serbie avec le meilleur chrono de l’année (6 sec 45/100es), Coleman, recordman du monde de la distance (6 sec 34/100es), croyait posséder toutes les clés pour se succéder à lui-même au palmarès, quatre ans après l’or ramené de Birmingham. Mais l’Américain s’est fait coiffer sur la ligne par Jacobs. Les deux coureurs ont terminé dans le même temps (6 sec 41/100es) en étant seulement séparés par la photo-finish. L’exploit de Jacobs au Japon n’était donc pas un simple accident de l’histoire. Le natif d’El Paso au Texas (27 ans), qui s’était imposé en l’absence de Coleman, est bel et bien le véritable patron du sprint. Réputé pour ne pas être un spécialiste de la salle malgré l’or européen décroché à Torun (Pologne) en 2021, il a démontré qu’il pouvait s’imposer sur tous les terrains et qu’il fallait désormais le prendre au sérieux. Jacobs sera ainsi l’homme à battre aux Mondiaux en plein air d’Eugene (dans l’Oregon aux États-Unis), qui se dérouleront du 14 au 25 juillet, et peut même espérer un fabuleux doublé avec l’Euro prévu du 11 au 21 août à Munich (Allemagne). C’est en revanche la douche froide pour Coleman, champion du monde du 100 m en 2019 à Doha (Qatar). Celui qui était considéré comme le successeur de la légende jamaïcaine Usain Bolt, avant d’être rattrapé par la patrouille de l’antidopage, risque toutefois d’avoir les crocs dans quatre mois aux Mondiaux organisés devant son public.

Parallèlement, le Brésilien Darlan Romani a créé une immense surprise en dominant le roi du lancer de poids Ryan Crouser pour s’emparer de la couronne mondiale en salle. Pour le premier grand titre de sa carrière à 30 ans, Romani a réussi un jet à 22,53 m pour battre Crouser, resté bloqué à 22,44 m. Il s’agit de la première défaite depuis deux ans pour Crouser, double champion olympique (2016 et 2021) qui détient les records du monde en extérieur (23,37 m) et en intérieur (22,82 m). Sur le 400 m, la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo est sortie victorieuse de son duel avec la Néerlandaise Femke Bol pour s’emparer du titre. Quant à l’Ukrainienne Yaroslava Mahuchikh (20 ans), elle a été sacrée championne du monde du saut en hauteur (2,02 m) pour la première fois de sa carrière.

La sensation Kambundji

Vendredi, la Suissesse Mujinga Kambundji a créé la sensation en étant sacrée sur le 60 m sprint, obtenant ainsi le premier grand titre de sa carrière, dans un chrono exceptionnel de 6 sec 96/100es. La Suissesse devient ainsi à 29 ans la quatrième performeuse de tous les temps, à égalité avec la Jamaïcaine Merlene Ottey et la Grecque Ekaterini Thanou. L’exploit est immense de la part de Kambundji, jusque-là abonnée aux accessits (3e sur la distance aux Mondiaux en salle en 2018 et médaillée de bronze sur 200 m aux Mondiaux de Doha en 2019) : personne n’avait couru aussi vite depuis mars 1999.

Enfin, à la longueur, la logique a été respectée, l’épreuve étant largement dominée par le vainqueur des Jeux olympiques à Tokyo, Miltiadis Tentoglu. Le Grec s’est imposé en réussissant le meilleur saut de l’année (8,55 m).

Source : AFP

Phénoménale Yulimar Rojas : la Vénézuélienne a de nouveau repoussé très loin les limites de sa discipline en améliorant son record du monde du triple saut (15,74 m) pour s’offrir, hier dimanche à Belgrade lors des Mondiaux en salle d’athlétisme, un 3e titre planétaire. Sans rivale à sa mesure, la longiligne athlète (1,92 m) a encore un peu plus écrit l’histoire avec cette performance exceptionnelle, qui efface la marque de 15,67 m établie aux Jeux olympiques de Tokyo l’été dernier. Alors qu’elle se dirigeait comme d’habitude vers un succès facile, elle a sorti un dernier triple saut prodigieux à son ultime essai, comme au Japon, confortant sa place dans la légende de son sport.Ses deux poursuivantes immédiates, l’Ukrainienne Marina Bekh-Romanchuk (14,74 m) et la Jamaïcaine Kimberley Williams...
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