Bonjour Hubert,
Je me suis réveillé hier en pensant à toi, comme tous les matins.
Le ciel était turquoise, c’était ta couleur préférée. Je me suis dit : il est désormais là-haut avec Bernard et Jean, je pense qu’il est heureux de les avoir retrouvés. C’est ma seule consolation.
Malgré tout, je n’ai pas envie d’être triste aujourd’hui devant vous, parce qu’il aurait détesté ça.
Tu détestais le pathos mon Huby. Tu disais ironiquement : « Boys don’t cry. » Tu adorais la culture pop, que tu citais tout le temps dans tes œuvres artistiques.
Je ne pense donc qu’aux jours heureux, aux bons moments ; ceux-là sont toujours bien vivants dans mon cœur et mon esprit.
Ton appétit, par exemple, m’impressionnait. Je te disais : mais où mets-tu toute cette bouffe ? Ça te faisait sourire. J’imagine que les cigarettes digéraient pour toi, toi qui adorais fumer... sans complexe.
Tu avalais la vie à grosses bouchées. Il faut dire que tu vivais vite, très vite... trop vite peut-être.
J’ai adoré l’artiste que tu étais, le regard si poétique que tu posais sur le monde, sur une bouture, sur un insecte. Au fond, tout te réjouissait. Tu me disais : « Je pourrais regarder le tambour de la machine à laver tourner pendant des heures, ça me passionne. » « Je pourrais coller des étiquettes dans une usine, ça me passionnerait tout autant et elles seraient parfaitement droites ! »
Tu étais un perfectionniste.
Je crois que tes principales qualités, Hubert, étaient ta modestie, ta simplicité, ton élégance. Et je sais qu’à la compagnie, tout le monde l’avait compris. Tu avais charmé le cœur de tous chez Fattal.
Dernièrement, tu te passionnais pour l’art digital, et tous les matins je découvrais ces œuvres intenses où tu livrais ton cœur et tes secrets, toujours avec infiniment de transparence pour qui sait bien lire.
De toute façon, tu ne savais pas mentir mon Hubert, ni dans ta vie ni dans ton travail.
Tu aurais eu, je le sais, une pensée forte pour Cricoune que tu adorais par-dessus tout, et pour Bertrand ton frère que tu aimais et respectais tellement.
Mon ami, mon âme sœur, je te dis au revoir. Mais tous les matins je te redirai : bonjour Hubert, sur quel tableau merveilleux es-tu en train de travailler aujourd’hui ? Quelle est la palette de couleurs que tu as choisie ? Et surtout : à quelle heure on mange ?


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