Habib était un monument.
Un bon vivant, un jouisseur de la vie.
Il aimait sa famille plus que tout.
Il avait construit un royaume, une bulle hors de tout où nous avons grandi dans un amour inconditionnel.
Cinéphile hors pair, mélomane, tu aimais la mer, le soleil pour bronzer comme du charbon, les cachemires 5 fils, ta Mercedes au volant de laquelle tu filais dans les rues de Paris, fenêtres ouvertes et musique à fond.
Tout le monde t’aimait, toutes classes sociales confondues, du voiturier au ministre. Personne ne restait indifférent à ton charme.
Tu ne faisais jamais les choses dans les règles. Avec brio et malice, tu traçais ta propre route et elle était unique. Ta vie a été exceptionnelle.
D’une grande sensibilité, timide malgré les apparences et tellement généreux.
Habib, tu étais un mari aimant, un père attentionné, un ami fidèle, un frère protecteur, un oncle si tendre, un grand-père distributeur de billets et de chocolat. C’était une légende profondément humaine.
Tu avais le cœur sur la main et tu ne laissais personne indifférent. On se souvient de ta grosse voix qui faisait trembler les murs.
Habib n’a jamais eu peur de rien ni de personne, il osait tout faisant fi des protocoles et des bienséances d’un revers de la main. On se souvient tous du long monologue du Cid de Corneille que tu aimais déclamer devant une foule hilare, l’œil vif et le doigt pointé sur ton assemblée conquise.
Habib bey, tu as vécu avec panache, tu aurais dû être acteur de cinéma et ta vie tu l’as vécue comme dans un film.
Tu es notre roc, notre phare, tu laisses un grand vide.
Tu répétais inlassablement que la vieillesse est un naufrage. Mais tu es parti comme un roi : bravement, dans un geste audacieux et élégant, dénué de la moindre faiblesse et petitesse.
On terminera par ses mots à lui : Je vous quitte à grand regret et espère vous revoir très prochainement.
Chi Vediamo domani.
Tes filles, Nathalie et Christine

