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Monde - Invasion De L’Ukraine

Poutine déterminé à poursuivre son offensive

De nouveaux pourparlers entre les deux parties ont abouti à un accord sur des « couloirs humanitaires » pour l’évacuation des civils.

Poutine déterminé à poursuivre son offensive

Des véhicules militaires russes détruits dans une rue de Borodyanka, dans la région de Kiev, le 3 mars 2022. Maksim Levin/Reuters

Le président russe Vladimir Poutine s’est déclaré hier déterminé à poursuivre l’offensive contre l’Ukraine « sans compromis », et les forces russes pilonnaient plusieurs villes stratégiques, malgré de nouveaux pourparlers entre Kiev et Moscou qui ont abouti à un accord sur des « couloirs humanitaires » pour l’évacuation des civils.

Les négociateurs russes et ukrainiens s’étaient retrouvés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie pour cette seconde tentative, lors de laquelle Kiev espérait obtenir une trêve. « Malheureusement, il n’y a pas encore les résultats escomptés pour l’Ukraine. Il n’y a qu’une solution pour organiser des couloirs humanitaires », a écrit sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un membre de la délégation ukrainienne. Au même moment, dans des déclarations retransmises à la télévision russe, Vladimir Poutine n’avait donné aucun espoir.

Néonazis et mercenaires étrangers

« L’opération militaire spéciale se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan », a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats russes et à leur « précieux combat contre des néonazis » et des « mercenaires étrangers » qui utilisent selon lui les civils comme « boucliers humains » en Ukraine.

C’est bien une zone résidentielle que la partie ukrainienne accuse l’armée russe d’avoir visée hier à Tchernihiv, sur la route de Kiev, faisant 33 morts selon un dernier bilan. Outre des habitations, « l’aviation russe a attaqué deux écoles du quartier de Stara Podsoudovka », a écrit le gouverneur local, Viatcheslav Tchaous, sur son compte Telegram, publiant des images de bâtiments éventrés.

Quelques heures auparavant, M. Poutine avait douché les espoirs de médiation du président français Emmanuel Macron, lui déclarant au téléphone que la Russie avait « l’intention de poursuivre sans compromis son combat contre les membres des groupes nationalistes qui commettent des crimes de guerre », et répétant son exigence d’une démilitarisation et d’un statut neutre pour l’Ukraine, selon le Kremlin. « Le pire est à venir », M. Poutine veut « prendre le contrôle » de toute l’Ukraine, avait jugé le président français après cet appel, selon l’Élysée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, devenu un héros dans son pays, a de son côté mis le maître du Kremlin au défi de le rencontrer. « Je dois parler à Poutine (...) car c’est le seul moyen d’arrêter cette guerre », a-t-il lancé à Kiev.

Jusqu’au mur de Berlin

Il a de nouveau exhorté les Occidentaux à accroître leur soutien, à « fermer le ciel » ukrainien aux avions russes, et les a mis en garde : « Si nous disparaissons, que Dieu nous protège, ensuite ce sera la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie etc. jusqu’au mur de Berlin, croyez-moi. »

Sur le terrain, l’armée russe semble avoir encore renforcé sa puissance de feu pour accélérer la prise de villes stratégiques. Après que l’armée russe a pris le contrôle de Kherson, métropole de 290 000 habitants proche de la péninsule de Crimée, après de violents bombardements, le chef de l’administration régionale, Guennadi Lagouta, a appelé sur Telegram les habitants à rester chez eux : « Les occupants sont dans tous les quartiers de la ville et très dangereux », a-t-il mis en garde.

« Blocus » de Marioupol

Plus à l’est, à Marioupol, le maire a accusé la Russie de vouloir assiéger la ville. « Ils ont détruit les ponts, détruit les trains pour nous empêcher de sortir nos femmes, enfants et vieillards (...) Ils cherchent à imposer un blocus, comme à Leningrad », l’actuelle Saint-Pétersbourg, victime d’un siège dramatique de l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, a déclaré Vadym Boïtchenko sur Telegram. Ce grand port ukrainien de la mer d’Azov, site clé pour la progression des forces russes, « résiste » pour l’instant, selon l’armée ukrainienne.

À l’autre bout du pays, dans le Nord-Est près de la frontière russe, la grande ville de Kharkiv, frappée par des bombardements meurtriers mardi et mercredi, a été pilonnée toute la nuit, selon les autorités régionales. À 200 km au sud, le centre industriel de Dnipro, fort d’un million d’habitants, se préparait à son tour à un assaut russe, des habitants y entassant des sacs de sable et préparant des cocktails Molotov. Des troupes russes se trouvaient aussi près de Zaporijjia, à 200 km au sud de Dnipro, où se trouve la plus grande centrale nucléaire ukrainienne.

À Kiev, où de fortes explosions ont été entendues dans la nuit de mercredi à jeudi, les habitants qui n’ont pas fui se préparent depuis des jours à un assaut. Des milliers de femmes et d’enfants dorment dans le métro pour échapper aux bombes.

Candidature de la Géorgie et la Moldavie à l’UE

Les États-Unis « soutiendront les efforts diplomatiques » pour obtenir un cessez-le-feu avec Moscou, même si « c’est beaucoup plus difficile d’y parvenir quand les tirs résonnent et les chars avancent », avait déclaré avant le nouveau round de négociations le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. « Des centaines voire des milliers de civils ont été tués et blessés », a-t-il déploré. Personne n’a avancé jusqu’ici d’estimation pour le bilan global du conflit. M. Blinken entamait hier une tournée incluant Pologne, pays baltes et Moldavie. Cette dernière, qui craint d’être la prochaine cible de Moscou, a annoncé hier avoir déposé officiellement sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne, tout comme la Géorgie.

Un million de réfugiés

Le pilonnage meurtrier des villes ukrainiennes suscite une vive émotion dans le monde, où s’enchaînent manifestations et élans de solidarité avec les Ukrainiens. Le chef humanitaire de l’ONU, Martin Griffiths, a indiqué hier avoir récolté 1,5 milliard de dollars d’aide d’urgence, et les cloches des cathédrales à Paris, Berlin, Madrid ou Vienne ont sonné à 11h00 GMT pour l’Ukraine. Plus d’un million de personnes ont fui le pays, selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, surtout vers la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Moldavie. Les ministres européens de l’Intérieur se sont mis d’accord à Bruxelles pour accorder à ces réfugiés une « protection temporaire » dans l’UE.

L’isolement de la Russie est apparu clairement mercredi à l’Assemblée générale des Nations unies, qui a voté à une écrasante majorité une résolution exigeant la fin de l’offensive russe. Cinq pays sur 193 s’y sont opposés, 35 s’abstenant, dont la Chine. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé l’« ouverture immédiate » d’une enquête pour crimes de guerre contre la Russie, et l’OSCE va mettre en place une mission d’experts indépendants pour enquêter sur les violations du droit international perpétrées par Moscou.

Effondrement du rouble

Les sanctions économiques infligées par le camp occidental à Moscou et aux proches de Poutine sont de plus en plus dures. L’UE a confirmé que sept banques russes seraient, à compter du 12 mars, exclues du système de messagerie Swift, un rouage-clé de la finance internationale. La Banque mondiale a coupé tous ses programmes d’aide en Russie et en Biélorussie. Les agences de notation financière Fitch et Moody’s ont rétrogradé la Russie dans la catégorie des pays risquant de ne pas pouvoir rembourser leur dette. Après avoir perdu plus du tiers de sa valeur en devises étrangères, le rouble a plongé à nouveau jeudi.

Le numéro deux du pétrole russe, Loukoïl a déclaré hier prôner « un arrêt rapide du conflit armé » et une issue diplomatique, alors que ses titres en bourse, comme ceux d’autres groupes, se sont effondrés ces derniers jours.

Une source à Washington a cependant indiqué que les États-Unis s’apprêtaient à imposer de nouvelles sanctions contre les oligarques russes. Un yacht de 86 mètres identifié comme appartenant via une société au patron d’Igor Setchine, un proche de Vladimir Poutine placé à la tête du géant pétrolier Rosneft, a été saisi hier dans le sud de la France.

Moscou multiplie les mesures pour défendre son économie, mais aussi pour étouffer toute voix opposée à la guerre : la radio indépendante Ekho Moskvy, a dû acter sa fermeture hier après avoir été interdite d’antenne, et la chaîne de télévision internet d’opposition Dojd, également interdite, a annoncé suspendre son travail.

Source : AFP

Le président russe Vladimir Poutine s’est déclaré hier déterminé à poursuivre l’offensive contre l’Ukraine « sans compromis », et les forces russes pilonnaient plusieurs villes stratégiques, malgré de nouveaux pourparlers entre Kiev et Moscou qui ont abouti à un accord sur des « couloirs humanitaires » pour l’évacuation des civils.Les négociateurs russes et ukrainiens s’étaient retrouvés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie pour cette seconde tentative, lors de laquelle Kiev espérait obtenir une trêve. « Malheureusement, il n’y a pas encore les résultats escomptés pour l’Ukraine. Il n’y a qu’une solution pour organiser des couloirs humanitaires », a écrit sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un membre de la délégation ukrainienne. Au même moment, dans...
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